Volume 23 Numéro 18 Le 15 mai 2006

Les tendances et les enjeux des biocarburants au Canada

Par Nancy Paulin, collaboration spéciale


Je ne vous apprendrai rien en vous disant que le baril de pétrole est en hausse. Son prix fluctue à la moindre variation économique, politique ou météorologique. Notre dépendance à ce produit devient un lord fardeau à porter. Les biocarburants arriveraient ils à point dans l’engouement pour les énergies alternatives’

À l’occasion de leur rencontre annuelle, Les Perspectives 2006, le conférencier François Dupont, directeur général du secteur des pétroles de La Coop fédérée, est venu nous entretenir des tendances et des enjeux des biocarburants.

Tout d’abord, monsieur Dupont nous a parlé des différents avantages qu’offraient les biocarburants. Les deux biocarburants présentés, soit l’éthanol et le biodiesel, réduisent la dépendance envers le pétrole, sont compatibles avec les différents véhicules sur le marché et sont sains pour l’environnement et pour la santé.

Mais certainement, le plus grand avantage des biocarburants est qu’ils offrent une opportunité d’affaires intéressante pour les régions en valorisant les produits et les sous-produits agricoles.
La production des biocarburants en forte croissance
La production d’éthanol connaît une forte croissance depuis les dernières années. Le Brésil est le meneur avec une production annuelle de 16,660 millions de litres en 2005. Le Canada est loin derrière avec un mince 590 millions de litres. Cependant, les experts s’attendent à une prodigieuse augmentation de notre production, de quelque 237% d’ici 2010.

La situation est similaire pour le biodiesel. L’Allemagne arrive premier avec sa capacité de production de 2500 millions de litres. Le Canada arrive encore très loin derrière avec seulement 110 millions de litres produit en 2005. Toutefois, on s’attend ici aussi à une croissance fulgurante de la production au pays, de 455% d’ici 2010.

Comme vous pouvez le constater, le Canada a été lent avant de s’engager dans cette production. Pourquoi? Mystère. Mais la situation semble vouloir s’améliorer. Le gouvernement encourage la recherche et le développement dans le secteur et exempte les biocarburants d’une taxe fédérale et provinciale.

Les défis
L’éthanol devra faire face à deux défis de taille: la disponibilité du produit et des prix compétitifs. Le principal problème est que l’offre domestique ne répondra pas à la demande. À partir du premier janvier 2007, l’essence ontarienne devra contenir 5% d’éthanol. En 2010, ce pourcentage augmentera à 10%. Un peu partout au pays, on s’attend à retrouver des exigences similaires. Face à la demande croissance, le Canada devra compter sur l’importation pour combler ces carences.

Deuxièmement, l’éthanol doit être offert à un prix compétitif. Les spécialistes ont remarqué qu’à un prix identique à l’essence, les consommateurs préféraient l’éthanol. Toutefois, une variation d’un ½ cent vient faire varier les choix. Pour favoriser son essor, les gouvernements l’ont exempté de taxes afin d’encourager la production et la consommation.

Pour ce qui est du biodiesel, les défis sont surtout au niveau de la disponibilité du produit et de la manipulation. Peu de raffineur offre de faire le mélange, cela diminuerait la demande de leur diesel. Mais de l’autre côté, on retrouve sur le marché de plus en plus d’importateurs qui ont l’équipement pour faire le mélange de biodiesel.

Pour ce qui est de la manipulation, le biodiesel connaît encore quelques ratés par temps froid. Il se fige comme une livre de beurre. Pour remédier à ce problème, les chimistes tentent d’y ajouter un additif pour l’empêcher de geler. Les entreprises privées et le gouvernement doivent investir dans la recherche pour éliminer cette lacune.

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