Volume 32 Numéro 19 Le 5 juin 2015

L’Est ontarien enregistre son pire gel depuis 30 ans

Par Evelyn Levac


22 mai 2015, l’inquiétude est palpable au sein des communautés agricoles de l’Est-Ontarien à la suite d’un avertissement de gel émit par Environnement Canada pour la nuit du 22 au 23 mai. Pendant que les horticulteurs abriaient leurs jardins par précaution pour la nuit, les agriculteurs, impuissants face aux caprices de la nature, ne pouvaient qu’espérer pour le mieux.

Bien sûr, la température n’est pas le seul facteur influençant l’avènement du gel sur un champ en particulier. Après une saison de semences aux conditions propices et rêvées, plusieurs cultures étaient à leur stade de croissance le plus vulnérable pour ce genre de stress. « La sensibilité des plantes face au gel dépend de l’emplacement de leur point de croissance qui varie selon le stade de croissance et le type de plante », a expliqué Paul Hermans, agronome régional pour Dupont-Pioneer, « Pour la majorité des cas observés dans la région, le soya est présentement plus sensible au gel que le maïs, car son point de croissance est principalement hors terre, à partir du cotylédon, tandis que celui du maïs est encore concentré sous la terre, à l’abri du froid ». Le type de sol est un autre facteur venant influencer l’effet de la température de l’air sur la végétation. « Les terres sablonneuses ainsi que les terres noires retiennent moins de chaleur et donc, les chances que les cultures qui y sont plantées soient affectées par le gel augmentent », a renchéri Hermans.

Selon les températures enregistrées par les stations météorologiques Encirca de Dupont-Pioneer à 5 heures le matin du samedi 23 mai 2015, les températures oscillaient autour du -1⁰C à travers l’Est-Ontarien sauf dans la région entre Napanee et Kingston où la température est descendue jusqu’à -5⁰C. « C’était le pire gel de printemps enregistré à Ottawa depuis 30 ans! », a déclaré Hermans. Par contre, à part dans la région de Napanee et de Kingston où certains champs de soya et de maïs au complet doivent être ressemés, l’impact du gel est, en grande majorité, peu sévère et extrêmement variable selon les facteurs mentionnés précédemment. « La meilleure chose à faire avec un champ affecté par le gel est d’attendre entre 48 et 72 heures afin d’évaluer les dommages. Souvent, les plantes s’en remettront! », a indiqué Hermans dans un élan de positivisme.

Chez Étienne Séguin de la ferme St-Malo à St-Pascal-de-Baylon, 10 acres de maïs ont dû être ressemées sur une pièce de terre noire. « On ne voulait pas prendre de chance! », a affirmé Séguin. Ce dernier affirme aussi avoir subi quelques dommages dispersés dans ses champs de soya qui pourraient légèrement nuire à son rendement final, mais rien qui justifierait le coût d’un réensemencement.

De son côté, Gerry Rochon, un horticulteur des Jardins Rochon situé entre Metcalfe et Russel, dit s’en être bien tiré malgré la perte de 20 % de son maïs sucré. « J’étais bien préparé! », s’est exclamé Rochon. En effet, les Jardins Rochon jouissent d’un système d’arrosage dans leurs champs de fraises afin de contrer les effets du gel. De plus, plusieurs cultures ont été recouvertes de toiles afin qu’elles soient protégées du froid.

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