Élevage

L’hiver, une saison de repos tout relatif pour les agriculteurs


La saison hivernale est l'occasion de s'occuper de la paperasserie, des réparations et de l'amélioration du matériel agricole pour de nombreux exploitants. Photo gracieuseté de Charles Bélanger du Ranch Bison du Nord à Earlton.

Par Lucas Pilleri
redaction@journalagricom.ca


Édition du 21 décembre 2018 Volume 36 No 08

Si le temps des fêtes signifie pour beaucoup de monde le temps du repos, les agriculteurs restent quant à eux bien actifs. La saison blanche marque souvent le temps de faire le point sur l’année écoulée, de gérer les questions administratives et de préparer l’année à venir. Le répit des vacances est de courte durée.

« On travaille aussi fort, mais sur d’autres choses », résume Pierre Bélanger, propriétaire du ranch Bison du Nord à Earlton. Entretien de l’équipement dans les ateliers, réparations et améliorations du matériel agricole… « On fait tout ce qu’on n’a pas eu le temps de faire pendant l’été ! », explique-t-il.

La saison hivernale est l’occasion pour de nombreux exploitants de s’occuper de la paperasserie. « On gère les questions d’administration, la comptabilité avec les fournisseurs et les clients », détaille le cow-boy ontarien. De plus, l’autonomie de ses 200 bisons, habitués aux conditions extrêmes, lui laisse plus de temps pour rendre visite aux autres éleveurs et aux clients dans d’autres régions de l’Ontario.

L’hiver est aussi le bon moment pour s’éduquer. Pierre Bélanger et son fils Charles vont profiter du relatif ralentissement des activités pour suivre une formation aux États-Unis. « Les pratiques évoluent d’année en année, on en est conscients », confie l’exploitant.

Une saison basse, en hausse !

Pour certaines industries, les fêtes constituent le moment fort de l’année, lors duquel il n’est pas question de chômer. « On est débordés de travail, témoigne Ivan Garland, propriétaire de la sucrerie Garland Sugar Shack près de Limoges. Noël est notre gros temps de l’année. Il y a beaucoup de transformation à faire entre les bonbons et le vin d’érable. » L’équipe se déplace aussi sur les marchés et les divers événements festifs de la saison pour vendre ses produits.

Dans son érablière de 80 acres et de 5 200 entailles, la famille Garland s’active. Les aménagements et les réparations des lignes qui relient les érables pour récolter la précieuse sève font partie du quotidien des mois de décembre, janvier et février. « Nos ennemis numéro un sont les écureuils qui prennent les tuyaux pour des noix ! », rit l’exploitant. En dépit du rongeur, tout devra être prêt pour le printemps.

Certains maraîchers profiteront de la saison froide pour se perfectionner en assistant à la conférence Ontario Fruit and Vegetable Convention les 20 et 21 février prochains à Niagara. Ce sera l’occasion de se rencontrer entre producteurs, de découvrir les nouvelles tendances agricoles, les meilleurs équipements et les dernières technologies.

Paul Doran, propriétaire des Vergers des pins sera de la partie. Mais pour le moment, il s’affaire à enlever les branches mortes et les vieux arbres décrépis de son verger de 5 000 pommiers à Bourget. « C’est une période active, on est toujours en mouvement », commente-t-il. Avec un hiver neigeux en prévision, l’exploitant a dû commencer un peu plus tôt le travail en cette fin d’année.

Démarrer 2019 du bon pied

D’après Mathieu Blanchard, gérant du Marché frais de Cumberland, l’hiver est la saison des préparations pour les cultivateurs de fruits et légumes, pour qui la planification des semences est un moment crucial. « Chaque semence doit suivre un calendrier précis, chaque espace du jardin a une échéance. On voit ce qu’on veut planter, ce qui a été rentable, on essaie d’éviter les pertes d’espace et de prévoir les rotations », explique-t-il.

Le regain d’activité en hiver est pour Pierre Bélanger le signe que les temps ont changé pour les agriculteurs. « Dans l’ancien temps, on était plutôt à l’intérieur à tenir le poêle pendant l’hiver ! La complexité de nos entreprises a augmenté graduellement. Aujourd’hui, il faut avoir plusieurs cordes à son arc. On a besoin de s’améliorer constamment, d’explorer toujours de nouvelles possibilités. » La trêve des fêtes sera donc de courte durée.

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