Volume 34 Numéro 20 Le 23 juin 2017

L’IFRA sous le signe de l’innovation avec le chanvre


Les étudiants du programme de Gestion de la nutrition et des services alimentaires de l’IFRA de La Cité ont mis le chanvre à l'honneur.

Par Chantal Quirion


Le chanvre? Qu’est-ce que c’est au juste? Que peut-on en tirer? C’est le défi qu’a donné l’enseignante Chantal Bercier à ses étudiants du programme de Gestion de la nutrition et des services alimentaires de l’IFRA dans le cadre du cours Étude d’un service alimentaire.

La session dernière, le campus d’Alfred où est logé l’Institut de formation et de recherche agroalimentaire (IFRA) de La Cité est devenu le lieu de mille et une expérimentations. Un peu à l’image d’un concours qui existait autrefois avec le soya pour stimuler l’innovation, l’enseignante a remis la formule de l’avant avec le chanvre comme vedette. Les étudiants ont été très stimulés par cette formule, a-t-elle constaté. Les équipes se sont investies pleinement dans leur projet, personne ne comptant ses heures pour arriver à la fin avec un produit original et respectant l’ensemble des normes du marché.

Produit alimentaire, d’hygiène corporelle, ou autres les étudiants ont d’abord eu à se creuser les idées pour trouver celle qui se démarquerait le plus. Il fallait ensuite être capable de la réaliser et selon les standards de l’industrie.

« Il y a eu beaucoup d’essais et d’erreurs, mais je suis fascinée par les résultats », indique Mme Bercier. Force est de constater que peu connaissait les propriétés du chanvre qui s’est avéré pour plusieurs une véritable révélation.

« Wow! C’est tellement diversifié comme utilisation. Ça peut servir pour l’isolation, le textile, le béton ou comme supplément alimentaire. Chantal nous a vraiment fait connaître les belles couleurs du chanvre », s’exclame Valérie Mainville. Celle-ci a développé une tartinade chocolatée dont la teneur en chanvre lui confère les attraits d’un aliment santé et nutritif, tout en ayant la texture et la saveur qui relève de la gâterie.

Valérie dit qu’elle donne maintenant du chanvre à ses poules l’hiver et en période de carence à cause de la haute teneur en protéines. « Depuis les œufs sont beaucoup plus gros. Je vois que ça leur donne un regain d’énergie et j’observe qu’elles se picochent beaucoup moins entre elles. »

Pour l’humain, c’est un supplément extraordinaire ajoute-elle en mentionnant que le chanvre contient les neuf acides aminés dont le corps a besoin et qu’il ne contient pas.

Deux autres étudiantes, Vicky Bertrand et Audrée Bergeron se sont lancées pour leur part dans une ligne de produits de soins pour bébé. Elles aussi ont procédé à plusieurs tests avant d’arriver à une huile et une poudre aux notes florales qui satisfaisaient à leurs attentes.

« C’est le premier produit pour bébé avec du chanvre », disent-elles en indiquant que des effets néfastes du talc seraient répertoriés dans des études européennes. Leur produit serait donc une alternative de choix.

Les participants ont dû user d’originalité et de rigueur pour obtenir des produits conformes aux normes du marché. Ils ont eu à concevoir leurs emballages, incluant le respect des règles d’étiquetage,  conçu leur campagne de marketing et fait le démarchage pour trouver des acheteurs potentiels. Ils avaient aussi à établir leurs coûts de production.

« Ils ont tout fait de A jusqu’à Z », indique Mme Bercier en montrant la longue liste des critères à respecter.

Ce projet pratique les a littéralement emballés et c’est avec beaucoup de fierté que les étudiants ont exposé leurs créations à la fin de leur cours.

« Partir de rien comme cela a été très stimulant. »

Quant au chanvre, la découverte a été totale.

« Les gens confondent souvent avec la marijuana, mais ce n’est pas du tout ça. Le chanvre ne contient pas de THC (tétrahydrocannabinol, soit la principale substance responsable des effets pharmacologiques du cannabis )», mentionnent les trois jeunes filles.

Le projet a été facilité par les connaissances sur le sujet du mari de l’enseignante, soit Marc Bercier qui en est producteur qui a partagé avec eux son savoir et son enthousiasme en plus de leur donner accès à ces précieuses graines.

« Chantal et son mari nous ont vraiment transmis la passion. »

Bien que ces étudiantes auraient bien aimé avoir des semences pour en cultiver à leur tour, seuls les producteurs avec licences y sont autorisés. Néanmoins, cela ne freinera pas leur envie de faire connaître leurs produits.

Plusieurs créations ont vu le jour dans le cadre de ce cours, dont plusieurs produits agroalimentaires.

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