Volume 32 Numéro 12 Le 20 février 2015

L’industrie laitière perd un précurseur de l’insémination artificielle


Marcel Lemery a élevé du boeuf Galloway à sa retraite. -Photo courtoisie

Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
redaction@journalagricom.ca


L’industrie laitière de l’Est ontarien est en deuil après que l’un des premiers promoteurs de l’insémination artificielle, Marcel Lemery, se soit éteint à l’âge de 72 ans. Collègues, famille et amis ont rendu un dernier hommage au début février à celui qu’ils ont connu comme étant un travailleur passionné et un inséminateur hors pair.

M. Lemery, qui est décédé le 29 janvier, avait consacré de nombreuses années de sa vie professionnelle à Eastern Breeders où il successivement été gérant de district et inséminateur. Il a été au service de l’entreprise pendant près de quarante ans avant de prendre sa retraite en août 2002.

« Il a eu un gros impact dans la communauté agricole. Il était bien connu et très aimé », a confié Joel St-Denis, un ancien collègue de travail qui l’a côtoyé pendant une douzaine d’années et qui a gardé un lien d’amitié avec M. Lemery.

Marcel a fait ses débuts dans le métier dans les années 60 alors que la plupart des granges ontariennes abritaient encore des taureaux. Tous les producteurs laitiers ne faisaient pas appel à un inséminateur pour « mettre en veau » leurs vaches, mais l’inséminateur a su en convertir plusieurs.

Quand il y pense aujourd’hui, Joel St-Denis réalise que son ancien collègue était un précurseur de l’insémination artificielle. « Il était l’un des développeurs. Ce n’était pas le seul, mais il en a convaincu plusieurs », admet-il.

Marcel Lemery avait dépassé le cap des 75 000 inséminations.

Joel reconnaît que son ami Marcel avait une bonne approche à l’époque et que sa motivation se voyait au travers ses yeux. Il se rappelle que ce dernier était dédié à son travail et qu’il prenait le temps de conseiller ses clients.

Les producteurs laitiers qu’il visitait plusieurs fois par semaine n’avaient d’ailleurs eux aussi que de bons mots à dire sur cet homme envers qui ils avaient pleinement confiance.

« C’était un gars qui connaissait beaucoup son affaire, se remémore André Chabot, un producteur laitier à la retraite. Tu pouvais lui demander conseil pour les taureaux et il prenait le temps de jaser. Il n’entrait pas chez vous juste sur un spin et repartir aussi vite. Si tu voulais jaser avec lui, il prenait le temps de le faire. »

Son autre client de Limoges, Réjean Pommainvile, se souvient pour sa part de sa bonne humeur et de son entrain qui faisait de Marcel Lemery un homme facile et agréable à côtoyer. Ce sont d’ailleurs des qualités dont se souvient.

« C’est le type de personne que tu pourrais croire qu’il n’avait jamais de méchante journée », admet l’agriculteur. Mais ce qui l’a le plus marqué c’est son attachement envers ses clients.

« Il prenait toujours le temps de jaser. C’était plaisant de travailler avec lui », conclut-il.

Après sa retraite, l’inséminateur avait conservé son attachement envers l’agriculture. Sa femme Jacqueline et lui ont élevé des chevaux et du bœuf Galloway ceinturé.

Marcel Lemery laisse dans le deuil sa femme ses deux enfants et quatre petits-enfants.

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