Volume 31 Numéro 13 Le 7 mars 2014

L’U de Guelph divorce de ses campus d’Alfred et Kemptville


Photo prise à l'époque où le Collège d'Alfred n'était pas encore sous l'égide de l'Université de Guelph.

Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
redaction@journalagricom.ca


L’Université de Guelph a annoncé ce midi qu’elle fermera ses campus d’Alfred et de Kemptville, mais la communauté franco-ontarienne se mobilise déjà pour éviter de perdre son seul établissement agricole francophone. Agricom a appris que les cours de l’établissement d’enseignement de l’Est ontarien seront repris en charge par le Collège Boréal de Sudbury et La Cité collégiale d’Ottawa.

Il s’agit de la quatrième fois que le Campus d’Alfred est menacé de fermeture. Le Campus d’Alfred est à la communauté agricole de l’Ontario ce que l’hôpital Monfort a été pour la francophonie ontarienne.

Des rumeurs planaient hier quant à l’avenir incertain de deux des campus de l’Université de Guelph, ceux d’Alfred et de Kemptville. L’université sud-ontarienne tentera de redresser sa situation financière précaire en se départissant de ses deux campus satellites qui lui coûtaient annuellement près de 7 millions $.

Le Campus d’Alfred, le seul institut unilingue francophone de l’université, pourrait passer sous le giron d’un ou de plusieurs autres collèges de la province. La Cité collégiale et le Collège Boréal sont en pourparlers avec plusieurs ministères et l’Université de Guelph pour permettre à la communauté agricole franco-ontarienne de conserver son précieux campus qui est le seul à offrir un programme agricole en français en Ontario.

Les professeurs et étudiants rencontrés
L’Université de Guelph a rencontré le corps professoral à 11 h et les étudiants à midi aujourd’hui pour leur annoncer la suite des choses et pour les « rassurer ». C’est un psychologue de l’établissement de Guelph, Serge Démarrais, qui a eu la lourde tâche d’annoncer la suppression des 37 postes et la fin des cours offerts par l’université à compter de 2015. La directrice aurait insisté auprès de l’université afin que ce soit un francophone qui soit dépêché à Alfred.

Les inscriptions aux programmes d’études des deux campus sont suspendues pour le semestre d’automne, mais les étudiants qui sont actuellement inscrits pourront terminer leurs études jusqu’à l’obtention de leur diplôme, et ce, dans l’établissement actuel.

C’est un tweet du député conservateur de Leeds-Grenville, Steve Clark, qui avait déclenché le tollé.

« J’ai un appel téléphonique demain avec le président de l’Université de Guelph au sujet des rumeurs concernant les campus de Kemptville et d’Alfred. Très préoccupant », avait-il écrit. « J’espère que la ministre de l’Agriculture, Kathleen Wynne, supportera les deux campus est-ontarien de l’Université de Guelph », a-t-il ajouté dans un second message.

Le président de l’Union des cultivateurs franco-ontariens, Marc Laflèche, souhaite ardemment que les trois programmes offerts en français, soit Technologie agricole, de Techniques de soins vétérinaires et de Nutrition, diététique et sciences des aliments, soient préservés.

Le Collège Boréal offrait depuis 2000 le cours de Techniques de soins vétérinaires en partenariat avec le Campus d’Alfred.

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