Volume 34 Numéro 02, le 09 septembre 2016

L’UCFO décerne des bourses depuis belle lurette


M. Maurice Tessier lors de la remise de diplôme de l’Institut agricole d’Oka au début des années 50'.

Par Nicole Tessier


NDLR:Le 16 septembre dernier, le Fonds de la relève agricole créé par l’UCFO a décerné ses bourses pour la deuxième année consécutive. Mais, comme en témoigne l’article suivant, cet esprit d’entraide au sein de l’organisme ne date pas d’hier.

 

Dans l’esprit de la remise de bourses pour la relève agricole, permettez-moi de vous témoigner de l’importance et de l’impact que peut générer une bourse dans la vie d’une personne. Maurice Tessier, qui vient tout juste de célébrer ses 89 ans, a eu l’heureuse chance d’être l’un des premiers bénéficiaires d’une bourse offerte par l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO), et cela en 1948.

La ferme Tessier de Sarsfield, qui ne comptait que douze vaches, ne générait pas assez de revenus pour permettre à Maurice de continuer ses études universitaires en droit, comme il l’aurait tant voulu.  Les prêts et bourses n’étant pas chose courante à l’époque, il a dû, après une seule année à l’université d’Ottawa, revenir à la réalité et travailler comme ouvrier agricole chez Les Lafleur, la ferme voisine.

Monsieur Jean-Noël Dessaint, membre de l’UCFO, est passé un jour chez les Tessier. Il demanda alors au jeune Maurice comment ça se passait à l’université. Ce dernier avait dû avouer à contrecœur que faute d’argent il avait abandonné ses études.  À peine deux semaines plus tard, Monsieur Dessaint est revenu chez les Tessier, mais, cette fois, il était accompagné du président de l’UCFO, M. Émile Laplante. Ils sont arrivés avec une offre pour lui.

L’UCFO s’engageait à lui prêter l’argent pour financer ses études, ce qui comprenait les frais d’inscription et la résidence. Une seule condition était rattachée à l’offre : celle d’étudier en agronomie.  Il n’y a eu qu’une bonne poignée de main pour sceller cette entente.

Le jeune Tessier prenait, dès l’automne suivant, la route pour l’Institut agricole d’Oka où après quatre ans, il recevait son diplôme en agronomie.

Maurice Tessier a œuvré en agriculture toute sa vie et en grande partie pour le ministère de l’Agriculture de l’Ontario. Tout d’abord dans le nord de l’Ontario à la ferme expérimentale de Kapuskasing pendant trois ans en tant que chercheur, ensuite, il passe un court laps de temps à Val Gagné, pour aboutir au bureau de Rockland où il y consacrera de nombreuses années. Il termine sa carrière d’agronome de comté dans le Nippissing à North Bay.

Il se dit privilégié d’avoir été encouragé à poursuivre des études en agronomie.  Il a développé de grandes amitiés avec les cultivateurs et il estime avoir visité 90 % des fermes du comté de Russell.  Il les connaît les routes, du bout des doigts, croyez-moi, car voyez-vous, il m’a guidée tout au cours de l’été alors que nous avons sillonné les rangs afin qu’il puisse évaluer l’état des grandes cultures !  La bourse que l’UCFO lui avait accordée en 1948 a fait un grand, grand bout de chemin.

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