Volume 35 Numéro 14 Le 30 mars 2018

Lydie Blanchard, profession : productrice laitière


Lydie, Reynald et Hélène Blanchard dans leur nouvelle étable.

Par Chantal Quirion


Une étable neuve à stabulation libre puis éventuellement un premier salon de traite pour l’entreprise et la possibilité de faire passer le troupeau laitier de 125 à 200 vaches d’ici sept ans à dix ans, voilà en gros l’ambition de Lydie Blanchard qui prend forme.

À 37 ans, elle veut prendre la relève de la ferme familiale, la Ferme R & H Blanchard Ltée et vient de décider de lui offrir un petit coup de jeunesse pour célébrer la passation à la deuxième génération. À Embrun, dans l’Est ontarien, ses parents, Reynald et Hélène Blanchard songent à une retraite bien méritée et appuient leur fille dans ce projet d’expansion, un projet qui a tout de même été mûri longuement.

« Ça faisait déjà deux ans qu’on mijotait le projet. Le prix du lait n’était pas fameux et depuis 10 ans, le quota augmentait goutte par goutte.  Là on va pouvoir tirer une trentaine de vaches de plus. Il faut augmenter les revenus pour ce ça devienne accessible», indique Lydie qui s’y connaît en finances. Elle détient un baccalauréat en agroéconomie et a été directrice des comptes agricoles pour la Banque Royale avant de travailler exclusivement à la ferme. C’est donc sur ce solide bagage et armée d’une grande sagesse qu’elle s’est appuyée pour décider de séparer le projet en deux parties. 

Comme c’est elle qui prendra les rênes, c’est elle également qui pilote ce projet dont la première phase vient de se terminer avec la construction d’une nouvelle étable.

Voilà une bonne chose de faite, dit-elle. « Pour le moment, ça nous permet de ramener les taures à la maison. Elles étaient en pension depuis deux ans », explique la productrice. Au fil des ans, le troupeau a grandi et l’étable construite par ses parents en 1 999 ne suffisait plus à abriter la relève laitière.

Les génisses et les taures qui étaient logées dans les environs ont maintenant réintégré le site principal sur le rang St-Albert et profite du confort de cette étable de 120 pi X 200 pi avec stabulation libre. Le bâtiment est très spacieux, beaucoup plus en fait que pour les besoins de ces premières occupantes. Mais, il est conçu pour recevoir aussi les vaches en lactation lorsque la deuxième étape sera complétée, d’ici 7 à 10 ans. Pour l’instant elles demeurent attachées dans l’ancien bâtiment qui peut accueillir jusqu’à 145 vaches. Cette deuxième phase consistera à aménager un salon de traite. Le troupeau laitier pourra alors transférer dans la nouvelle partie  ce qui se traduira également par une transition du système à stabulation entravée au système en stabulation libre.

 « On va pouvoir tirer une trentaine de vaches de plus. On vise 145 », précise Lydie. L’un des avantages de leur situation, dit-elle, c’est que les taures vont avoir été élevées en stabulation libre.

«Elles vont avoir pris l’habitude de se lever pour aller manger. La transition se fera mieux. »

Pour l’instant Lydie Blanchard est bien fière de cette nouvelle étable avec son plafond cathédrale, son système de ventilation naturelle, ses matelas recouverts de paille de soya, « il y en a partout », dit-elle, comme les brosses si appréciées des vaches. L’espace a été aménagé d’un côté en trois rangées et de l’autre en deux rangées avec une section pour les vaches taries et les vaches de vêlages.

« J’ai toujours travaillé sur l’efficacité et le bien-être animal. » Quand la seconde étape sera achevée le troupeau devrait être rendu à environ 200 vaches en lactation, grâce à la relève laitière. Lydie Blanchard tient à garder un troupeau fermé.

À mi-chemin dans ce gros projet, elle mentionne que si elle avait obtenu du financement du Programme d’investissement pour les fermes laitières le rythme des travaux chez elle aurait été tout autre et qu’un certain vent de légèreté aurait certainement soufflé sur elle et son entourage. Elle était aux premières lignes pour déposer sa demande, mais une heure à peine après l’ouverture de période de soumission, on lui indiquait que son formulaire ne serait pas considéré, les guichets étaient déjà clos. C’est décevant certes, mais sa décision avait été prise avant l’annonce du programme.

Pour l’heure, elle se considère heureuse de faire ce métier qu’elle aime, entourée de gens qui la supportent dont ses parents, Reynald et Hélène qui ont fondé la ferme en1987.

 « Quand ils ont vu que les enfants étaient intéressés ils ont toujours grossi (l’entreprise). On est quatre, mais j’ai toujours ma petite sœur Ann qui vient aider. Les deux autres, ma sœur aînée Isabel et mon frère Philip travaillent à l’extérieur », mentionne Lydie qui ne sait pas encore si sa jeune progéniture voudra marcher dans ses traces.  Elle et son époux Pierre-Paul Lacroix, ont eu quatre beaux enfants : Améliane, Léa, Rémi et Évan, assurément de la bonne graine d’agriculteur ou plutôt d’agricultrice à en juger par la passion de leur mère.

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