Volume 27 Numéro 08 Le 2 décembre 2009

Mot du président ? Notre planète fait une attaque de c’ur

Par Denis F. Bourdeau, président, L'Union des cultivateurs franco-ontariens


La question du jour est: Est-ce que le monde qui s’en vient va ressembler plus ou moins au monde d’aujourd’hui?

D’après moi, nous vivons une période de changements extraordinaires à tous les niveaux. Les changements dans le monde arrivent lentement comme des glaciers qui fondent, les changements climatiques sont irréversibles si l’on garde les mêmes habitudes de vie.

Deux forces en particulier vont déterminer l’avenir. Premièrement, on commence à manquer de pétrole qui a généré notre économie durant plus de 150 ans.

En novembre dernier, l’Agence internationale de l’énergie annonçait que le taux de production des puits majeurs déclinait de 7% par année. Sans compter l’Inde et la Chine qui veulent aussi conduire des autos et s’industrialiser à fond.

Deuxièmement, on commence à rentrer dans les limites des changements climatiques. Jusqu’à maintenant, on a augmenté la température de la planète par un degré. Ceci a été assez pour déclencher la fonte de l’arctique, l’expansion des déserts et la montée du niveau des océans.

On estime que la planète va se réchauffer de 9 degrés en ce siècle, à moins que l’on apporte des changements radicaux à notre style de vie.
On n’a jamais eu à se soucier de la nature et de la planète. On s’en sert et tout allait bien.

Mais, ça doit changer; on doit réduire les émissions de carbone? même si elles génèrent 50% de l’énergie électrique de l’Amérique du Nord et la Chine inaugure une nouvelle centrale au charbon toutes les deux semaines.

Je crois sincèrement que ces forces sont devenues une dette écologique beaucoup plus troublante que les dettes économiques et le tout va remodeler le monde de façon fondamentale. Par exemple, le pétrole pas cher et la mondialisation font de moins en moins de bon sens.

Dans l’Amérique du Nord-Est, chaque calorie de salade au supermarché coûte 70 calories de pétrole à produire et à transporter, et c’est sans compter la vinaigrette d’huile d’olive ! Ce n’est pas un ratio à se vanter et en conclusion, notre diète au complet marine dans le pétrole !

Mais avec de nouvelles économies viennent de nouvelles attitudes. Les marchés de fermiers (Farmers’ Markets) sont les fournisseurs en alimentation qui croissent le plus vite, c’est une bonne nouvelle pour l’environnement et tout autant pour la communauté et le voisinage.

Il est reconnu que le client moyen au marché de fermiers a dix fois plus de conversations qu’au supermarché. Face à cette nouvelle réalité, le super-individualisme de l’après-guerre de la culture nord-américaine va se désintégrer. Maintenant, notre économie orientée en s’assurant qu’on n’a jamais besoin de notre voisin va changer. En général, le monde va changer de « mondial » à « local ».

Les scientifiques les plus conservateurs proclament que pour garder le monde comme on le connaît, l’air que l’on respire ne doit contenir plus de 350 parties par million (ppm) de CO2, ce qui est la limite acceptable.À ce jour, nous sommes déjà à 387 ppm de CO2 et c’est pour cela que l’arctique fond.

La planète a une santé et elle est en train de faire une sérieuse attaque de c’ur, elle va vivre mais ne sera plus jamais la même.
Dans les prochains jours, à Copenhagen au Danemark, vont se rencontrer les leaders de la planète.

Parmi eux se retrouveront les plus grands pollueurs comme le Canada et aussi de grands penseurs conscients des changements climatiques.

Souhaitons qu’ils trouvent un terrain d’entente qui va redonner la santé à notre planète, car les agriculteurs qui gagnent durement leur vie en dépendent.

Joyeuses Fêtes !

Denis

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