Volume 27 Numéro 06 Le 4 novembre 2009

Mot du président ? Récolte morose aux États-Unis et victoire pour le fromage canadien

Par Denis F. Bourdeau, président, L'Union des cultivateurs franco-ontariens


Une atmosphère plutôt pessimiste règne parmi les agriculteurs aux États-Unis. Le prix du lait est à son plus bas depuis des décennies; le prix du porc est en dépression comme ici; heureusement, la récolte de soya est moyennement bonne malgré les grands ronds vides dans les champs dus aux inondations de l’été.

N’étant pas habitués à récolter leur maïs tardivement, plusieurs producteurs contractent à forfait leur récolte à des entreprises comme Douson, qui se présentent à la ferme avec ses 10 batteuses et 40 camions-remorques à une date prédéterminée. Et le soya et le maïs est battu au rythme de 1000 acres par jour, sec ou humide.

Présentement, la plupart du maïs est à 30% d’humidité. Il en coûte le tiers de la récolte juste en frais de séchage, alors les spécialistes suggèrent de vendre le soya et de garder le maïs pour plus tard puisque le prix devrait monter.

Et voilà que même la politique s’en mêle: on veut imposer des règles de production sévères par le « Climate Change Act » (loi sur les changements climatiques). Elle restreindrait l’usage des pesticides, des engrais et des méthodes de travail des sols.

Je sympathise beaucoup avec ces agriculteurs. Je comprends que ce n’est pas juste et équitable d’imposer seulement aux agriculteurs de l’Amérique du Nord de pareilles lois restrictives à la production afin de sauver la planète, et prévenir les changements climatiques nuisibles à la vie.

Ces changements devraient être universels et imposés à la grandeur du globe puisque la planète au complet est à sauver, pas seulement l’Amérique du Nord.

Et à bien y penser, ce qui ne sera pas produit en Amérique devra l’être ailleurs, tout probablement en Asie, et ces produits devront être transportés en Amérique, parcourant ce faisant 10 000 km’

Pas trop beau pour la planète et les émissions de CO2!
On sait aussi que ce qui arrive aux É.U. se produit chez nous tôt ou tard’

Victoire pour le vrai fromage
Victoire écrasante pour les consommateurs et les producteurs laitiers. La Cour suprême a laissé tomber le marteau en faveur de ceux-ci, ce qui veut dire en clair que nous allons manger du fromage fabriqué avec du lait et non de l’huile de soya et de l’amidon.

Merci à tous ceux qui ont rendu possible cette reconnaissance. Et un merci tout spécial à la Fromagerie St-Albert et à sa direction qui produit toujours un excellent fromage fait à 100% avec du lait. Merci à tous ceux qui ont déployé tous les efforts possibles afin que la Cour reconnaisse que du fromage, afin d’être digne de porter ce nom, se doit d’être produit avec du bon lait canadien seulement.

Rappelez-vous l’an passé, des inspecteurs ont détruit une quantité énorme de fromage et de petits transformateurs fromagers, en même temps que le dilemme de la composition du fromage était en Cour fédérale, essayant de prouver que les petits transformateurs produisant des fromages de lait entier ne pouvaient pas être à la hauteur. Le tout s’est avéré une mise en scène orchestrée, sans fondement et frauduleux.

Par ailleurs, on craint une implication de la mafia à la F.T.Q. et dans l’industrie de la construction au Québec, et on réclame une enquête là-dessus. Mais ce n’est peut-être pas leur seul terrain de jeu !

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