Volume 26 Numéro 07 Le 19 novembre 2008

Mot du président: Supportons nos coopératives!

Par Denis Bourdeau, président, L'Union des cultivateurs franco-ontariens


Les 1er et 2 octobre derniers, au Parlement européen à Bruxelles, j’ai eu la chance d’assister à la 49e réunion annuelle de la Confédération générale des coopératives agricoles de l’Union européenne (COGECA).

Cet organisme représente les quelque 40 000 coopératives agricoles distribuées à travers le territoire européen, comptant maintenant 27 pays.

La mission de la COGECA est d’apporter la sécurité alimentaire, à des justes prix et à apporter la stabilité pour les producteurs et consommateurs au cours des années à venir.

Ces coopératives fournissent les intrants essentiels afin de cultiver la terre, mais dans plusieurs cas, transforment, emballent et transportent les produits de la ferme en nourriture.
COGECA compte aussi plusieurs institutions financières coopératives.

Chaque année, à sa rencontre annuelle, COGECA invite des coopératives américaines comme observateurs à la réunion générale. Le lendemain, a lieu une rencontre d’échange et de discussion entre les deux parties.

C’est par le biais de ces coopératives qu’a lieu le développement rural et agricole en Europe. Dans l’Union européenne (EU), les réformes politiques destinées à respecter les exigences de l’OMC ont entraîné de nettes réductions des subventions agricoles liées à la production, au démantèlement de la gestion de l’offre et à l’ouverture des marchés.

Résultat : la catastrophe!

Les producteurs et les consommateurs sont beaucoup plus exposés à l’instabilité des marchés; en même temps les exigences plus strictes de l’UE en matière de sûreté des aliments, d’environnement et de bien-être des animaux, ont mené à la hausse vertigineuse des coûts de production et réduit la compétitivité des agriculteurs.

En conséquence, les surplus de production alimentaires du passé ont été remplacés par une production en déclin dans de nombreux secteurs comme les viandes rouges, les produits laitiers et les céréales.
Les prix de certaines denrées alimentaires ont augmenté mais les agriculteurs en ont tiré aucun bénéfice. Les prix des intrants comme la nourriture des animaux, l’énergie, les engrais ont énormément augmenté mais les prix reçus par les producteurs n’ont pas suivi la même tendance.

La très forte concentration (monopole) au niveau mondial des entreprises fournissant les intrants de même que les transformateurs de denrées alimentaires, ont placé les agriculteurs dans une situation de faiblesse sur le marché.

En somme, les producteurs sont dans l’impossibilité d’aller chercher les augmentations de leurs coûts ce qui résulte en une baisse de revenus menaçant l’avenir de plusieurs entreprises agricoles.

Dans les pays en développement les plus pauvres, la situation des paysans est encore pire. Si plus de la moitié des 860 millions de personnes qui souffrent de la faim dans le monde se trouvent être des paysans, c’est que quelque chose cloche! Au niveau mondial sept pauvres sur dix viennent de régions rurales et travaillent en agriculture.

Le problème, c’est qu’on néglige d’investir en agriculture depuis plus de 20 ans et seulement 3 pour cent de l’aide au développement sont consacrés à l’agriculture. Selon COGECA, la récente flambée des prix agricoles est le résultat d’un simple fait : la production agricole ne parvient plus à suivre le rythme de la demande causée par plusieurs années de prix mondiaux trop bas et de sous-investissements en agriculture.

Qu’on appelle comme on voudra, moi je crois tout simplement que la perte de la gestion de l’offre en Europe a appauvri les agriculteurs et les coopératives à un point d’incapacité de produire assez pour combler la demande.

Les propositions mises de l’avant sont :

  • Des prix justes payés aux producteurs;
  • Encourager les agriculteurs européens à produire plus, afin de combler les besoins de l’Europe;
  • Investir dans l’agriculture tel que recommandé par la Banque mondiale;
  • Réagir plus rapidement aux crises humanitaires;
  • Renforcer la position des agriculteurs dans la chaîne alimentaire.

Dire que la gestion de l’offre apportait la solution à tous ces problèmes!

Conclusions :

  • Les coopératives sont des institutions absolument essentielles à la qualité de vie des agriculteurs;
  • Le succès des coopératives et des agriculteurs est assuré du moment que les organismes agricoles les entourent et les appuient. L’exemple de COPA, qui a fondé COGECA. Et dans le Midwest américain, le Farm Bureau a fondé plusieurs coops incluant Growmark et un membre du Farm Bureau siège à la direction de Growmark.

Le succès des coopératives et des agriculteurs est assuré du moment que les organismes agricoles les entourent et les appuient. L’exemple de COPA, qui a fondé COGECA. Et dans le Midwest américain, le Farm Bureau a fondé plusieurs coops incluant Growmark et un membre du Farm Bureau siège à la direction de Growmark.

Selon des témoignages, le Montana et le Dakota ont vu leurs coopératives disparaître parce que ces dernières n’étaient pas supportées par les organismes agricoles locaux. Le Québec est un exemple flagrant de chez nous où l’UPA défend rigoureusement les intérêts des coopératives reconnaissant le besoin de celles-ci.

En Ontario, les coopératives agricoles ne sont pas supportées par les organismes agricoles et plusieurs d’entres-elles vont mal; ou ont dû être re-financées. L’Union des cultivateurs a fondé plusieurs de ces coopératives agricoles et caisses populaires et a toujours su les supporter et les encourager à la limite.

Renouvelons notre appartenance aux coopératives pour le mieux-être de l’agriculture et des générations à venir.

En passant, la prochaine rencontre de COGECA et de l’Amérique aura lieu au Canada en 2009.

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