Volume 26 Numéro 12 Le 18 février 2009

Nord-Est de l’Ontario: Incertitudes agricoles en 2009

Par Marc Dumont, collaborateur régional


Ces temps-ci, les questions les plus souvent posées à l’agronome du bureau du ministère de l’Agriculture de New Liskeard, Daniel Tassé, tournent autour de la recherche des cultures qui demandent moins d’intrants. Photo M.Dumont.

L’été dernier a été exécrable, mais les prix des productions se sont envolés. Cependant, les prix des intrants, les semences et les engrais, ont connu des hausses sans précédent. Plusieurs spéculateurs ont fait gonfler le coût des récoltes.

Il y a même eu des émeutes suite à des pénuries (Égypte). Mais depuis, c’est la crise financière, la récession et les prix chutent…

Les agriculteurs auront de quoi jongler d’ici la fin de l’hiver. Devant l’incertitude, dans le Nord-est de l’Ontario, les questions à l’agronome du bureau du ministère de l’Agriculture de New Liskeard, Daniel Tassé, tournent autour de la recherche des cultures qui demandent moins d’intrants.

À ce chapitre, il semblerait que la culture de la fève soya prendra plus d’importance. Le soya produit son propre azote, l’ingrédient le plus cher des trois dans l’engrais.

L’autre culture en expansion dans la région, c’est l’avoine. Cette céréale prend moins d’engrais et pousse bien dans des champs où il y a moins de drainage. L’an dernier, malgré les pluies abondantes, le rendement a été bon.

La compagnie Quaker s’apprête à signer des contrats et elle a déjà fait parvenir la liste des cultivars qu’elle recherche.

Selon Daniel Tassé, il devrait y avoir un peu moins de canola qu’en 2009 pour des raisons de rotation des sols. En effet, il n’est pas recommandé de semer le canola plus d’une année sur trois à cause de maladies (telles que la moisissure blanche) qui restent dans le sol.

La culture du canola dans le Nord-Est de l’Ontario est appelée à changer. Cette production est en demande et l’Association des producteurs de canola de l’Ontario vient de désigner le Nord en tant que région distincte. C’est devenu le « District n°4 ».

Et pour cause: En 2008, le Nord ontarien a produit 25% de la récolte de canola de 53 000 tonnes en Ontario. Ces chiffres ne représentent pas le potentiel du Nord puisque la région de Matheson-Val-Gagné pourrait bien devenir bientôt productrice, au moment où il y aura les infrastructures et le drainage.

Puis, il sera possible d’écouler la production: la demande est là. On vient d’annoncer la construction d’une troisième usine dans l’est du pays pour l’extraction de l’huile de canola à Bécancour au Québec (un projet de l’Américaine Twin River Technologies). Les deux autres sont à Hamilton et à Windsor.

Ce qui est intéressant, c’est que l’huile végétale produite sera utilisée pour sa valeur nutritive et non comme biocarburant.

Ainsi, l’Association des producteurs de canola de l’Ontario s’est fixé comme objectif d’augmenter la production à 100 000 tonnes d’ici 2015. L’atteinte de l’objectif dépendra du coût des intrants et du prix de revient du canola. En 2008, le canola se transigeait à 509$ la tonne et présentement, il est à 434$ la tonne.

L’intérêt local est réel puisque quelques cultivateurs se sont rendus dans le Sud visiter un concessionnaire de petite usine mobile pour l’extraction de l’huile de canola. L’appareil peut traiter une tonne par jour. Dans ce cas, l’huile servirait de carburant et le tourteau servirait à nourrir le bétail.

Il y aura un de ces appareils en démonstration à la Conférence annuelle à Earlton qui se tiendra les 3 et 4 avril prochains.

Bien malin, celui qui pourrait prédire quelle tuile économique nous tombera sur la tête d’ici les semailles. Gageons que nous aurons des surprises qu’aucun économiste n’a prévues’

D’ailleurs c’est à se demander pourquoi Dieu a permis qu’il y ait des économistes. C’est, paraît-il, pour faire bien paraître les cartomanciennes!
Bon printemps!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *