Volume 34 Numéro 05 le 21 octobre 2016

Obélix ferait un joyeux festin à la ferme Kiefro


Sophie Lalande et Gerry Oleynik nourrissent les sangliers dans l’un des enclos destinés à leur troupeau de 340 sangliers.

Par Chantal Quirion


Sangliers, poulets artisanaux, œufs de poules en liberté et bientôt du bœuf, la ferme Kiefro à Hammond  a plus d’une corde à son arc. On dit souvent qu’il faut de la passion pour être agriculteur. Gerry Oleynik et Sophie Lalande en ont à revendre. Leurs jeunes fils Robert et Kiefer en ont également hérité.

« Ils sont bien fiers de nos produits. Ils connaissent tout du processus de l’élevage jusqu’à nos points de vente. Ils peuvent tout expliquer », indiquent les parents en précisant que le nom de la ferme provient de la fusion des prénoms Kiefer et Robert, leur progéniture âgée respectivement de six et 11 ans.

« Être fermiers c’est un mode de vie, mais on aime ce que l’on fait. On mange bien et on veut que nos enfants mangent bien. »

Malgré qu’ils travaillent aussi tous les deux à l’extérieur, qu’ils participent à tous les événements agroalimentaires de leur région et qu’ils vendent sur quatre marchés fermiers  toutes les fins de semaine, le couple ne regrette pas son choix. En plus des produits destinés aux clients, la famille élève pour sa consommation personnelle, le lapin, le daim et le bouvillon holstein. La ferme possède aussi un petit élevage de vaches hereford miniatures destiné à grandir.

« On n’achète aucune viande. Tout ce que l’on mange est élevé ici. »

Le sanglier

Dans l’Est ontarien, leur élevage de sangliers gagne en popularité, mais il aura fallu beaucoup de persévérance pour introduire cette venaison à la table des non-initiés.

« Pourtant c’est tellement bon, mais beaucoup de gens ne connaissent pas cette viande. Même quand on veut donner des échantillons, certains refusent. Notre plus gros défi c’est que les gens l’essaient », commente M. Oleynik . «

Pour eux, cela ne fait aucun doute, le sanglier a une chair délicate et rivalise avec les meilleurs steaks de bœuf que l’on retrouve sur le marché. En effet même si on le compare souvent au porc en raison de son aspect physique, il présente une belle viande rouge que l’on apprécie tant en rôti qu’en côtelettes sur le barbecue. « Il n’y a pratiquement pas de gras et ça se coupe à la fourchette », assure l’éleveur. Leurs enfants quant à eux adorent le filet mignon et les boulettes de viande hachée.

Il faut deux ans pour amener un sanglier à maturité. Pendant ces années, l’animal dispose de grands enclos où il peut fouiller le sol avec son museau comme dans son environnement naturel et défricher le sol sans relâche. À la ferme Kiefro, on lui sert du maïs biologique, du foin et des légumes du potager familial. Les groupes sont séparés par âges et par sexe et le troupeau de 340 têtes dispose d’une douzaine d’acres de terrains dont certaines parties sont aménagées dans les sous-bois.

Il y a six ans, ils faisaient l’acquisition d’un couple de sanglier et ainsi débutait cette aventure. Avec des portées de trois à six marcassins, le troupeau s’est bâti et les infrastructures ont grandi nécessitant beaucoup de travail.

« Un sanglier, ça brise tout. Tu ne peux pas penser lui construire une cabane, il va la détruire aussitôt. Et s’il y a un petit trou dans une clôture, même minuscule, c’est sûr qu’il va passer. Les clôtures doivent avoir au moins six pieds et être très solide. C’est la même chose pour les abreuvoirs et les mangeoires elles doivent être installées à toute épreuve », explique Mme Lalande en précisant que le sanglier refuse de boire si son eau n’est pas propre.

Malgré leur caractère qui peut en imposer, les sangliers de la ferme Kiefro connaissent leurs maîtres qu’ils côtoient depuis la naissance. Ainsi, le couple entre dans les enclos sans crainte et certaines laies sont si domestiquées qu’elles acceptent que les enfants flattent leurs rejetons pendant qu’elles allaitent. Le spectacle est attendrissant.

« Quand je vais les nourrir, je ne fais pas juste leur jeter de la moulée. Je passe du temps avec eux. Je les connais », indique M. Oleynik.

Poulets artisanaux

Lorsque le gouvernement de l’Ontario a annoncé l’année dernière l’émission de quota pour l’élevage de poulets de standards artisanaux, les propriétaires de la ferme Kiefro n’ont pas hésité une seconde.

« C’est très populaire et on essaie de fournir du poulet frais à toute les semaines, sinon à toutes les deux semaines », mentionne M. Oleynik. Pour les producteurs cela représente plus d’allées et venues entre la ferme et l’abattoir de Monkland, mais la satisfaction d’offrir un produit frais l’emporte. Leur dernier abattage se fera en novembre avant la reprise des activités au printemps prochain.

Pour cette première saison, la ferme Kiefro a produit 850 poulets variant entre 3◊ lb et 6 lb. Un poulailler a été construit et la centaine de poulets constituant chaque lot a pu entrer et sortir à sa guise selon les normes de l’élevage artisanal.

« Les poulets ont de la place pour bouger, ils peuvent gratter la terre et manger des bibittes. Ça prend plus de temps à élever comparativement à un poulet qui engraisse plus vite parce qu’il ne bouge pas, mais le goût n’est pas à comparer », affirme Mme Lalande. Chez eux dit-elle, tout le monde finit son assiette avec plaisir et avec la fierté du travail bien accompli.

C’est du travail sept jours sur sept, mais la confiance du public les compense pour leurs peines. « Parfois certains clients qui nous ont manqué au marché nous appellent pour savoir s’ils peuvent passer à la maison. Notre porte est toujours ouverte », mentionne le couple en chœur.

Les personnes intéressées à en savoir plus sur cette ferme familiale peuvent consulter la page Facebook : Kiefro Wild Boar Farm.

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