Volume 26 Numéro 15 Le 1er avril 2009

Parc solaire à St-Eugène: en attente d’une décision

Par André Dumont, collaborateur régulier


Le suspense règne sur l’avenir d’un parc d’énergie solaire sur des terres agricoles à St-Eugène, dans l’Est ontarien.

Après deux jours d’audience les 23 et 24 mars dernier, le commissaire Marc Charles Denhez de la Commission des affaires municipales de l’Ontario (CAMO) a déclaré qu’il reviendrait avec une décision le plus rapidement possible, tout en soupesant adéquatement les conséquences de sa décision sur d’autres projets d’énergie verte.

L’entreprise Solaris voudrait établir un parc de panneaux solaires sur une terre voisine de plusieurs fermes laitières. Ces agriculteurs s’inquiètent des conséquences sur leurs familles et leurs entreprises, puisqu’un tel parc serait une première en Ontario.

Le conseil municipal de Hawkesbury-Est a décrété un règlement intérimaire (interim control bylaw) pour se donner plus de temps pour étudier le dossier. C’est ce règlement que conteste Solaris devant la CAMO.

Durant l’audience, l’avocat de Solaris Harold Elston a déclaré que les municipalités détenaient un « pouvoir draconien » permettant d’imposer des délais coûteux pour les entreprises. Cela pourrait changer avec l’adoption prochaine à Queen’s Park du projet de loi 50 sur l’énergie verte et l’économie verte.

« La province ne peut pas avoir confiance que les gens dans ces municipalités locales sont suffisamment éclairés pour voir les retombées [d’un projet comme celui de Solaris] », a déclaré Harold Elston.

Ces propos sont plutôt condescendants à l’égard des élus municipaux, a confié à Agricom le producteur laitier Shawn Wylie. « Nous élisons ces gens justement pour qu’ils défendent nos intérêts. »

Le groupe d’opposants au parc solaire croit qu’il est aberrant de construire le parc solaire sur des terres agricoles de qualité. De plus, ils craignent les tensions parasites, la pollution visuelle et sonore ainsi que l’impact sur la valeur de leurs fermes.

Selon Shawn Wylie, au moins deux propriétaires fonciers des environs ont proposé d’autres sites à Solaris, mais l’entreprise n’aurait pas daigné les visiter.

Shawn Wylie s’est dit satisfait de la défense de la municipalité d’Hawkesbury-Est qu’a présenté l’avocat Marc Labrosse. L’urbaniste Pierre Mercier, anciennement à l’embauche des Comtés unis de Prescott et Russell, a aussi plaidé en faveur de la municipalité.

Le commissaire semble avoir bien compris qu’on a affaire ici à un nouvel usage des terres et que le règlement intérimaire n’était pas farfelu, a rapporté Shawn Wylie.

Les observateurs s’attendent à ce que la décision soit rendue d’ici deux mois. Si le règlement intérimaire est révoqué, d’autres audiences auront lieu en juin.

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