Volume 28 Numéro 17 Le 4 mai 2011

Parti conservateur majoritaire : Quelles seront les conséquences sur l’agriculture ?


Par Isabelle Lessard, journaliste Agricom


Avec leur éclatante victoire à l’élection du 2 mai dernier, le Parti conservateur du Canada (PCC) de Stephen Harper formera un gouvernement majoritaire. Quant à l’opposition officielle, elle sera assurée par le Nouveau Parti démocratique (NPD), dirigé par Jack Layton. Bien que l’agriculture n’ait pas occupé une place très importante au cours de la campagne électorale, les enjeux et les attentes des agriculteurs du pays n’étaient pas peu nombreux pour autant. L’avenir nous dira quels seront les conséquences pour l’agriculture canadienne de l’élection 2011. Quoi qu’il en soit, le gouvernement élu a pris plusieurs engagements sur les questions qui préoccupent spécifiquement les producteurs agricoles canadiens. En voici un aperçu. 

Marchés internationaux

L’un des enjeux les plus importants aux yeux des agriculteurs au cours de cette campagne aura sans aucun doute été la gestion de l’offre. Ceux-ci s’attendent à ce que le prochain gouvernement assure la pérennité des systèmes de gestion de l’offre, le PCC s’est engagé à « continuer à défendre les agriculteurs en protégeant la gestion de l’offre dans le cadre des forums internationaux et des négociations bilatérales ». Il a également fait la promesse d’« augmenter le soutien au Service des délégués commerciaux du secteur agricole et agroalimentaire et au Secrétariat de l’accès aux marchés ».

Quant à l’accord entre le Canada et l’Union européenne, le gouvernement élu a fait la promesse de le conclure dans un avenir très rapproché, soit d’ici 2012. Il a aussi affirmé vouloir « négocier un Accord de libre-échange Canada-Inde d’ici 2013 ».

Renouvellement du cadre stratégique « Cultivons l’avenir » – Programme de gestion des risques de l’entreprise

Essentiellement, les électeurs des milieux ruraux souhaitaient une hausse de l’enveloppe budgétaire d’Agri-flexibilité, ainsi que de nombreux changements soient apportés à ce programme. En retour, le PCC s’est engagé à « développer une Stratégie nationale sur l’agriculture et l’agroalimentaire afin d’assurer l’efficacité optimale des efforts déployés pour aider les agriculteurs. Celle-ci reposera sur le soutien aux fermes familiales, l’amélioration de la salubrité des aliments et l’ouverture de nouveaux marchés pour les produits agricoles canadiens. »

En ce qui a trait au secteur de la recherche et du développement, Stephen Harper promet d’« investir dans une nouvelle Initiative sur l’innovation agricole afin de soutenir des projets de recherche et de développement agricole locaux. »

Quant à ceux qui auraient voulu une promesse électorale sur l’agroenvironnement, comme l’ont fait les partis Libéral et Vert du Canada, ils ont été laissés pour compte.

Qualité, salubrité et valorisation des produits canadiens

Plusieurs électeurs ont été déçus de constater que quelques thèmes ont été oubliés ou mis de côté par les conservateurs. C’est le cas notamment de la Politique alimentaire et l’achat local, la réciprocité des normes environnementales, de sécurité alimentaire et de santé, la qualité et la salubrité des aliments, l’étiquetage des produits et les maladies à déclaration obligatoire, pour ne nommer que ceux-là.

Toutefois, Monsieur Harper s’est engagé à « revoir les processus d’approbation longs et complexes qui empêchent les agriculteurs de se procurer les meilleurs engrais, pesticides et médicaments vétérinaires ».

Appui à la foresterie privée

Si les producteurs forestiers avaient des attentes élevées quant à la création d’un Régime enregistré d’épargne et d’investissement sylvicole, ils ont dû se contenter de la vague promesse conservatrice de « prolonger les programmes d’innovation et de développement des marchés en foresterie. »

Productions céréalières

Dans sa plate-forme électorale, le gouvernement réélu affirmait vouloir « continuer à travailler avec les producteurs céréaliers de l’Ouest pour assurer que les résultats du plébiscite sur l’orge soient respectés, et que les producteurs puissent choisir de vendre leurs produits sur un marché ouvert ou par l’intermédiaire de la Commission canadienne du blé. »

Les grands oubliés

Alors que certains partis s’engageaient à prendre des mesures concrètes notamment sur question de la relève en agriculture et de l’abattage dans le secteur bovin, le Parti conservateur du Canada n’en a tout simplement pas fait mention dans sa plate-forme.

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