Le 1er juin 2005

Pas de collusion entre les abattoirs géants sur les prix du boeuf au Canada

Par Agricom


Selon le Bureau de la concurrence, il n’y aurait eu aucune collusion ou « abus de position dominante » de la part des grands abattoirs canadiens au lendemain de la découverte d’une vache souffrant de la maladie de la vache folle (encéphalopathie spongiforme bovine ? ESB). On croyait que ce type de stratégie illégale aurait pu expliquer la baisse dramatique du prix offert pour les bovins vendus par les producteurs, alors que les prix au détail ont peu varié et que les quelques grandes entreprises d’abattage et de découpe de la viande ont vu leurs profits exploser.

« Nous n’avons trouvé aucune indication de collusion ou d’abus de position dominante par les entreprises de transformation du boeuf ou les épiceries », a déclaré Richard Taylor, sous-commissaire de la concurrence.

En fait, la demande soutenue pour le boeuf canadien de la part des consommateurs depuis deux ans a fait en sorte que les prix au détail sont demeurés relativement stables même si les prix des bovins ont chuté à cause de la crise de l’ESB au Canada, analyse le Bureau de la concurrence au terme d’une enquête rigoureuse dont les conclusions ont été rendues publiques à la fin du mois d’avril 2005.

Le Bureau n’a pas découvert, non plus, d’indication de communications entre des entreprises de transformation pour coordonner des réductions des prix payés pour les bovins, ce qui contreviendrait à la disposition sur les complots de la Loi. Les analyses d’un expert international n’indiquent pas non plus de comportement commercial ou des pratiques de détermination des prix qui permettraient de croire à une collusion.

En outre, le Bureau n’a trouvé aucune indication que les entreprises de transformation, les grossistes ou les détaillants de boeuf se seraient livrés à des agissements anticoncurrentiels en contravention de la disposition sur l’abus de position dominante de la Loi.

Le Bureau de la concurrence a entamé son enquête en février 2004 pour déterminer si les entreprises de transformation du boeuf ou les épiceries avaient conclu des accords entre eux en vue de faire baisser les prix payés aux producteurs de bovins ou d’augmenter ou maintenir les prix du boeuf au détail. Il a reçu à l’égard des entreprises de transformation des allégations de refus de vendre, d’exploitation d’une offre captive en vue de faire baisser les prix des bovins et de compression des marges.

Les renseignements réunis durant l’enquête du Bureau n’étayent pas ces allégations, sauf dans le cas d’un incident de boycottage dont le Bureau a jugé qu’il n’avait pas nui à la concurrence et qui a cessé après l’intervention du Bureau.

Source: Enquête du Bureau de la concurrence sur les prix des bovins et du boeuf, avril 2005.

Principales conclusions du Bureau de la concurrence
·Les prix des bovins ont chuté parce que les éleveurs ne peuvent vendre qu’aux abattoirs canadiens, ce qui a entraîné une forte surabondance de l’offre de bovins par rapport à la capacité des abattoirs canadiens;

· Les prix du boeuf sont par contre établis en fonction du marché nord-américain, en raison de la réouverture partielle de la frontière américaine aux exportations de boeuf désossé de bovins âgés de moins de 30 mois;

· Les prix des bovins ont tendance à être volatils parce qu’ils sont habituellement déterminés sur des marchés de ventes aux enchères;

· Les prix réduits des bovins ne mènent pas nécessairement à des prix réduits du boeuf pour les consommatrices et les consommateurs;

· Le prix final du boeuf au détail comprend divers autres coûts en plus du prix des bovins, tels que le transport et la main-d’oeuvre. Dans le cadre de son examen, le Bureau a communiqué avec des éleveurs et des associations d’éleveurs, des entreprises de transformation du boeuf et d’autres acteurs des industries du boeuf et des bovins, et a analysé l’information qu’ils lui ont communiquée. Le Bureau a aussi retenu les services d’un spécialiste de l’industrie qui a rédigé un rapport exhaustif, et il a fait faire des études économiques.

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