Volume 33 Numéro 09 Le 18 décembre 2015

Pas de drainage agricole : pas d’agriculture dans le Nord


Marc Dumont

Par Marc Dumont
Correspondant – Nord de l'Ontario
info@journalagricom.ca


Au moment d’une mise à pied durant l’hiver 2013, Gérard Dinnissen de Kapuskasing en profite pour suivre une formation en drainage offerte au Collège Ridgetown par des formateurs du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario. Par la suite, il complète 250 heures de travail supervisé en 2014 et encore 250 heures en 2015. C’est ainsi qu’il obtient sa certification. Il en avait déjà fait pour lui et son frère, mais sans cette attestation de compétence, il n’aurait pu offrir ses services. Puis, grâce à une subvention du programme pour les nouvelles entreprises du ministère du Nord et des Mines, Gérard a pu se lancer en affaires. Toutefois, il ne pourra pas compter sur la demande à Kapuskasing pour l’instant; il reste trop peu d’activité agricole. Ses activités sont surtout concentrées dans la région de Matheson, Val Gagné, Cochrane et Earlton. « Cette année c’est beaucoup mieux. On ne fournit pas tout à fait. Le potentiel est là, il n’y a pas de doute », convient-il. L’avènement du drainage agricole dans le Nord de l’Ontario dans les années 70 a changé radicalement l’activité agricole : les semailles se faisaient plus tôt parce que le terrain s’asséchait plus vite. Auparavant au Témiskaming par exemple, il n’était pas rare de récolter les céréales à partir de la mi-septembre contrairement à la mi-août aujourd’hui. Les agriculteurs évaluaient que le drainage était mieux que l’assurance récolte. On a déjà entendu, en parlant du drainage : « C’est ça qui nous a sauvés! » Et plus au nord encore, tout le monde s’accorde pour affirmer qu’il n’y aura pas de renaissance de l’agriculture de Matheson à Hearst sans du drainage agricole. Pourtant le sol est riche dans cette région appelée la Grande enclave argileuse. Le drainage est donc la première infrastructure à mettre en place. Présentement, une communauté mennonite achète beaucoup d’acres dans la région. Le prix est bon. Même que l’Association des éleveurs de bœuf de l’Ontario lorgne du côté du Nord pour augmenter le cheptel de 100 000 têtes au cours des prochaines années. Mais sans drainage, cela n’arrivera pas. Bien que Gérard fasse du drainage grâce aux subventions que reçoivent les agriculteurs, il déplore qu’il n’y ait pas d’aide supplémentaire alors qu’il y en a eu pour faire de la terre neuve. Cela ne l’empêche pas quand même de prévoir faire du drainage agricole pour les cinq à dix prochaines années. Bien sûr, il veut en faire assez longtemps pour payer sa machine, mais ce qui le motive vraiment : « Ça aide à développer le Nord ! »  

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