Le 7 avril 2005

Pas de tracteurs sur la Colline le 12 avril

Par Pierre Glaude


L’annonce d’une aide ponctuelle conjointe de 1,6 milliard de la part du fédéral et des provinces, le 29 mars dernier, n’a pas réussi à faire taire la grogne des agriculteurs canadiens qui sont aux prises avec une des pires crises financières de leur histoire mais elle aura peut-être réussi à tenir les tracteurs à distance de la colline parlementaire le 12 avril prochain.

En effet au moment de mettre sous presse, les agriculteurs semblaient ambilavents à l’idée d’aller de l’avant avec un plan pour une vaste manifestation à Ottawa. « Un milliard six cents millions, ça peut paraître gros aux yeux des Canadiens mais lorsque réparti sur l’ensemble des agriculteurs canadiens ça se résume à un diachylon par rapport à l’ampleur du problème », a déclaré à Agricom Jean-Marie Ménard, un producteur de l’Est ontarien.

« Cet argent est bienvenu, c’est sûr, mais ça ne règlera pas le problème l’an prochain ni l’année d’après », a indiqué un autre producteur rencontré par Agricom. D’autres soulignent que l’argent arrive très tard et même trop tard pour plusieurs. « Le printemps est à nos portes, ce n’est plus le temps de planifier nos semences. Le gouvernement fédéral nous a niaisés tout l’hiver pendant qu’il accumulait des surplus de 300 millions de dollars par semaine », a déclaré un autre.

Un message qui change
Cependant, malgré la panique et la grogne qui perdurent chez les agriculteurs, il semble que le message change et que les moyens de pression pourraient aussi changer suite au 29 mars.

À la Fédération de l’agriculture de l’Ontario (FAO), on voit l’annonce de l’aide d’urgence comme un bon « premier pas » mais on insiste de plus en plus sur le besoin d’un nouveau programme d’appui aux agriculteurs axé sur les coûts de production.

Dans l’Est ontarien, un groupe d’agriculteurs francophones et anglophones qui se dit « de la base », parle toujours d’aller sur la colline parlementaire et a rédigé un mémoire dont Agricom a obtenu copie. Ce mémoire met l’accent sur le besoin d’un programme d’aide fiable à long terme pour éviter justement le besoin d’aide ponctuelle d’urgence à tout moment. Ce groupe veut mettre le gouvernement canadien au défi de produire une stratégie qui reconnaîtrait l’apport des familles agricoles dans la stabilisation de l’économie rurale.

Nouveaux moyens de pressions
Les moyens de pression pourraient aussi changer. Ce même groupe a réussi à faire adopter une résolution à la FAO afin qu’elle établisse un compte en fiducie pour des agriculteurs qui voudraient y verser leurs taxes foncières plutôt que de les verser directement aux municipalités. Ce moyen de pression pourrait s’ajouter à d’autres manifestations à venir.

Du côté de l’Union des cultivateurs franco-ontariens, on est prêt à se joindre à une éventuelle manifestation à Ottawa mais on demeure ambivalent parce qu’on espère de nouvelles annonces du ministre fédéral, Andy Mitchell, sous peu. « Le mot d’ordre doit venir de la Fédération canadienne d’agriculture », a déclaré à Agricom Pierre Bercier, président de l’Union des cultivateurs franco-ontariens. « Je ne sais pas ce qui arrivera mais une chose est sûre: d’une façon ou d’une autre, il ne faut pas lâcher de faire pressions », a conclu M. Bercier.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *