Le 4 septembre 2002

Paul-Émile Beaudin : un homme qui savait apprécier les beautés de la nature!

Par André Pommainville


«Paul-Émile était un excellent vulgarisateur agricole. Il utilisait rarement des termes trop techniques, l’important était que les producteurs comprennent» ? André Pommainville. Photo gracieuseté Famille Beaudin.

J’aimerais prendre quelques minutes de votre temps pour rendre un hommage en mon nom et au nom de la communauté à M. Paul-Émile Beaudin, décédé subitement le 18 août dernier.

C’est avec consternation que les personnes connaissant bien Paul-Émile ont appris son décès à l’âge de 59 ans. Il faut reconnaître que l’on doit tous, tôt ou tard, laisser ce monde terrestre pour retourner vers le vrai Père pour l’éternité.
Cela représente toujours une séparation qui fait réfléchir sur notre raison d’être et sur l’importance d’avoir accompli la mission qui nous avait été confiée à notre naissance.

Assez philosophé sur le pourquoi de notre existence comme humain et voyons comment Paul-Émile a su pleinement optimiser ses 59 années de vie terrestre. J’écris les quelques lignes suivantes en tant que collègue de travail et ami.

C’est au printemps 1971 que j’ai rencontré pour la première fois Paul-Émile. Il travaillait déjà pour le département de l’Agriculture de l’Ontario au bureau de Kemptville. Au mois d’août 1971, le personnel du bureau d’Agriculture de Plantagenet emménage dans des nouveaux locaux beaucoup plus spacieux et mieux équipés pour desservir les agriculteurs du comté de Prescott et de l’Est ontarien.

C’est à cette occasion-là que Paul-Émile est venu se greffer au personnel travaillant au bureau de Plantagenet comme spécialiste en grandes cultures. Ce fut une décennie de progrès sans précédent (et qui, selon moi, n’a jamais été dépassée) pour le secteur agricole de l’Est ontarien. M. Beaudin a été un rouage important dans cette effervescence agricole, particulièrement au chapitre des grandes cultures.

La venue des grandes cultures

L’avènement du drainage souterrain est sans doute, selon l’avis de la majorité des producteurs agricoles de cette région, le facteur prédominant qui expliquerait l’essor agricole fulgurant de l’Est ontarien. Les comtés de l’Est ontarien sont passés, en l’espace de quelques années, à une région où la plupart de nos sols lourds et argileux ont enfin été reconnus pour leur vraie capacité agronomique.

M. Beaudin ainsi que beaucoup de professionnels du milieu agricole, soit par l’entremise des cours de formation, des consultations individuelles et de nombreux autres moyens, ont su convaincre les agriculteurs que l’investissement en drainage souterrain valait vraiment son pesant d’or.

En termes plus concrets, le souvenir que retiennent la plupart des agriculteurs et des collègues qui ont côtoyé et travaillé avec Paul-Émile est surtout relié à la gestion de ce nouveau phénomène dans notre région qu’était alors la production en grandes cultures.

Il y a bien peu de champs dans les comtés de l’Est que Paul-Émile n’a pas visité à un moment ou l’autre. Il n’avait pas peur de se salir les mains afin de déterminer la cause d’un problème, qu’il soit causé par des insectes, des maladies, des mauvaises herbes, un mauvais drainage, une carence en éléments nutritifs, etc. Par son acharnement à trouver une solution à un problème agronomique ou de gestion dans un champ spécifique, il oubliait parfois même de s’arrêter pour manger ou se reposer.

La lutte aux mauvaises herbes

La spécialité de Paul-Émile était sans nul doute la répression des mauvaises herbes. Pour lui, les mauvaises herbes telles que le chiendent, l’herbe à poux, l’amarante à racine rouge, la moutarde et combien d’autres, n’avaient plus de secrets.

En premier lieu, il était sans pareil pour l’identification de ces mauvaises herbes surtout au stade de la plantule, qui est la période critique pour une répression efficace dans la plupart des cultures. Il avait une mémoire exceptionnelle pour les noms de ces mauvaises herbes soit en anglais, en français et même en latin.

Paul-Émile était aussi un excellent vulgarisateur dans son champ d’action. Il utilisait très rarement des termes trop techniques même s’il les connaissait. L’important était que les cultivateurs comprennent.

Sur le plan professionnel, Paul-Émile était un ardent lecteur. Il lisait tout. Il ne fallait pas laisser traîner un livre ou un magazine agricole, car Paul-Émile l’attrapait pour en faire la lecture.

Ce qu’il aimait le plus, c’était de rendre visite aux producteurs. Paul-Émile prenait chaque problème dans le domaine des grandes cultures comme le sien. Il pouvait passer des heures avec un producteur à analyser, à visiter les champs, à écouter tout en transmettant son expertise, afin de trouver avec l’agriculteur une solution à un problème. Rarement, il dû admettre son incapacité à résoudre un problème.

Sur le plan humain, Paul-Émile aimait jaser surtout avec les producteurs. Il était presque toujours le dernier à partir lors des rencontres de formation dans le domaine des grandes cultures. Les producteurs reconnaissant le professionnalisme agronomique de Paul-Émile n’hésitaient pas à l’interroger afin de profiter de son bagage de connaissances.

Personnellement, je peux affirmer que j’ai beaucoup appris de Paul-Émile, surtout dans la manière d’écouter et de dialoguer avec les agriculteurs afin que ceux-ci puissent trouver une réponse à des problèmes reliés au domaine des grandes cultures.

Au nom de toutes les personnes qui ont travaillé avec Paul-Émile, soit comme agriculteur, vulgarisateur agricole, formateur ou collègue de travail, je dois te dire merci Paul-Émile, car tu as laissé ta marque dans le secteur agricole des comtés de l’Est ontarien.

Repose-toi bien !

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