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«Personne ne fera de nous des habitants ou des paysans»? Laurent Pellerin


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L’Union des producteurs agricoles réplique à l’Union paysanne

«Les agriculteurs et les agricultrices sont fiers de leur identité et de ce qu’ils ont bâti, personne ne fera d’eux des habitants ou des paysans !» a lancé haut et fort le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Laurent Pellerin, dans son discours à l’occasion du 77e Congrès général de l’organisation agricole unique au Québec, qui s’est tenu la première semaine de décembre.

Intervenant devant plus de 1000 personnes réunies au Congrès, M. Pellerin réagissait ainsi à un certain discours qui prône un retour en arrière en agriculture et qui fait le procès de l’agriculture moderne telle que la pratique les 40 000 producteurs et productrices agricoles membres de l’UPA, soit la quasi-totalité des agriculteurs au Québec.

«Les agriculteurs et les agricultrices québécois, a-t-il souligné, ont appris à se serrer les coudes au fil du temps, ils se sont battus, ils ont conquis leur liberté, leur autonomie face aux marchés, à force de détermination et d’action collective. Ils ont modernisé l’agriculture, ils se sont donné une profession. Qui peut leur reprocher ça? Ils ne sont peut-être pas parfaits à tous égards, mais rares sont les groupes qui, comme eux, ont su montrer, historiquement, leur volonté de changer les choses».

Pour Laurent Pellerin, «les agriculteurs et agricultrices peuvent revendiquer fièrement aujourd’hui de vivre du métier de la terre, et ce, dans le respect profond de ce qui leur a été légué, qu’il s’agisse de leur patrimoine bâti ou de leur environnement. Voilà, entre autres, pourquoi ils en ont contre ceux qui veulent revenir en arrière, ceux qui voudraient qu’on fasse une croix sur tous ces acquis, qu’on revienne au temps jadis quand on appelait les agriculteurs des « habitants »».

«Non, l’UPA n’est pas trop forte!», a-t-il claironné à l’endroit de ceux qui la dénoncent, envieux, selon lui, de son modèle d’action collective. «Nous sommes seulement 44 000 sur sept millions et nous serions trop forts’ Voyons donc! Si on ne le fait pas, qui va nous défendre, qui va nous représenter, surtout quand on attaque notre gagne-pain et notre mode de vie? Est-ce qu’on s’en prend à l’Union des artistes’», a-t-il lancé en guise de parallèle, soulignant l’évidente parenté d’origine et de fonctionnement entre les deux entités.

«Notre organisation est représentative.
Notre organisation est inclusive. La preuve? Trois nouveaux groupes s’y sont ralliés cette année encore: la Fédération d’agriculture biologique,l’Association des aquaculteurs et la Quebec Farmer’s Association, qui viennent de faire une demande d’affiliation. On ne tort pas le bras de personne pour ça! Si on vient chez nous, c’est parce que nous répondons à un réel besoin. Ce n’est pas sans raison que nous avons un taux d’adhésion volontaire supérieur à 90 % année après année, dont 92 % cette année, un taux exceptionnel».

Pour Laurent Pellerin, la réussite de l’UPA tient au fait qu’elle exprime ce que veulent ses membres. «L’UPA leur ressemble, c’est ce qui en fait, une organisation authentique et vraie», explique-t-il. «Le meilleur endroit pour voir comment prend forme la véritable vision des agriculteurs et agricultrices, c’est justement ici même sur le parquet de ce congrès, a-t-il lancé, et ce, depuis 77 ans!».
Au cours de son discours, le président Pellerin a également mentionné le besoin d’une complémentarité renouvelée avec le secteur coopératif à l’aube d’une nouvelle politique sur la transformation. Il a aussi insisté sur le besoin de faire la valorisation de la profession agricole, en butte, «malheureusement», à des attaques inconsidérées qui visent à ternir une réputation et une notoriété qu’il a fallu plus de trois quarts de siècle à construire.

Par ailleurs, dans une lettre parue dans La Terre de Chez-Nous, Claude Beauregard, se qualifiant lui-même de ?paysan’, juge que les propos désobligeants de Laurent Pellerin, tenus lors du récent congrès de l’UPA au début de décembre dernier, «ne feront pas disparaître le ?malaise agricole? vécu par les fermiers et les autres citoyens mécontents du modèle agricole actuel». «Les honnêtes gens osant remettre en question ce modèle méritent le droit de parole», ajoute-t-il.
 

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