Volume 33 Numéro 03 Le 18 septembre 2015

Petite expédition à tomber dans les pommes


Crédit photo: Caroline Blondin.

Par Chantal Quirion


Les belles d’automne sont de retour et les vergers fourmillent d’activités. Dans l’ouest de l’Ontario, dans la région de la baie Georgienne plus particulièrement, la Route des pommes attire les visiteurs par centaines et par centaines.

Patti Kendall, Torontoise d’origine, a fait le pari de faire de ce fruit savoureux le moteur de l’économie locale, 12 mois par année. La Apple pie trail, qui s’étend de Collingwood jusqu’à Meaford au nord, en passant par le village de Blue Mountain et qui s’étire dans la paisible Beaver Valley à l’ouest, a ainsi vu le jour. Aujourd’hui, 37 sites la composent, vergers, cidreries, marchés fermiers, boutiques champêtres, musées, galeries, SPA, gîtes, cafés et restaurants où la pomme est en vedette.

« Du début septembre jusqu’à la fin d’octobre c’est la haute saison et c’est magnifique, mais il y a des choses à faire toute l’année », mentionne Mme Kendall.

Le circuit qui a grandi au fil des ans a été couronné de prix et de mentions à plus d’une occasion par le ministère du Tourisme de l’Ontario et le ministère de l’Agriculture, entre autres. En articulant les attraits agrotouristiques, historiques et patrimoniaux autour d’un produit clé, la pomme, les participants profitent des bénéfices d’une promotion commune et des séjours qui se prolongent généralement d’au moins deux à trois jours vu le choix et la diversité d’activités offertes.

Un climat propice

La beauté de la baie Georgienne et le charme de la région de Blue Mountain sont pratiquement légendaires, mais à ces attraits s’ajoute un climat particulièrement clément et très favorable à la culture de la pomme. Le comté de Grey qui est sillonné par la Route des pommes est par ailleurs le plus grand secteur de la province où la pomiculture est pratiquée et là où la concentration de vergers est la plus élevée, particulièrement dans la Beaver Valley.

C’est également la seule région d’Amérique du Nord ou l’on peut croquer la fameuse Red Prince qui apporte sa signature unique à la Route des pommes. D’origine néerlandaise,  Irma et Marius Botden ont négocié le droit exclusif de la cultiver au Canada avant de l’importer et de s’installer dans la région en 2001. Beaucoup d’Européens dont beaucoup d’Allemands ont d’ailleurs immigré dans ce petit coin de paradis. Ces derniers ont contribué grandement à l’avancée de la pomiculture en Ontario, affirme pour sa part Leslie Huffman, spécialiste au ministère de l’Agriculture de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario (MAAARO). Ce sont les connaissances importées d’Europe, dit-elle, qui ont conduit à l’introduction de la culture intensive dans la province et ailleurs au Canada. Le mouvement amorcé au début des années 90 a donné naissance à l’apparition des vergers à haute densité, dont le potentiel de rentabilité est chaudement recommandé par Mme Huffman.

Des passionnés

Si la passion est un trait qui unit tous ces producteurs, il y a pourtant presque autant de types de vergers qu’il y a de propriétaires. Conventionnels, avant-gardistes ou mordus de la culture biologique, chacun exprime sa passion selon ses convictions. Il en va de même pour les transformateurs qui déploient tout leur savoir-faire et leur ingéniosité à développer des produits qui font honneur au circuit. En fait, la pomme est pratiquement un art de vivre dans ce petit coin de pays. Et selon la fondatrice de la Route, c’est justement parce que tous les partenaires y croient que cela fonctionne aussi bien. Les municipalités et les administrations régionales sont aussi parties prenantes de ce succès.

 

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *