Le 8 février 2002

Pétition des viticulteurs canadiens de climat froid

Par Pierre-Alain Blais
info.agricom@atreide.net


Des viticulteurs et amateurs de la culture de la vigne de l’Est de l’Ontario demandent au gouvernement canadien d’avoir accès plus rapidement aux nouvelles variétés mises au point dans le Nord des États-Unis.

Des viticulteurs de l’Est ontarien pressent les autorités fédérales canadiennes d’accélérer l’entrée de nouvelles variétés de vignes rustiques au Canada, particulièrement celles provenant du nord des États-Unis.

C’est par le biais d’une pétition qu’ils entendent faire valoir leur point de vue auprès du fédéral. Ils expliquent que cette démarche a pour but de démontrer aux autorités l’intérêt et le potentiel du marché pour des vignes rustiques et résistantes aux maladies.

Samuel Gutknecht, viticulteur de Chesterville dans l’Est ontarien, souhaite «voir entrer ces nouvelles variétés le plus vite possible au Canada». Il se dit être «très intéressé par les cépages développés au Minnesota par l’améliorateur américain Elmer Swenson».

Les Américains ont libre accès à toutes les nouvelles variétés performantes comme Frontenac, Frontenac gris, La Crescent et MN 1180, et seraient en train de développer la viticulture de climat froid basée sur ces hybrides de vignes.
Toutefois, le temps presse, «car il faut du temps, jusqu’à 5 à 7 ans, pour voir si ces cépages sont convenables», explique le viticulteur d’expérience. «On a besoin de temps pour les tester et pour les faire mûrir en bouteille», précise-t-il.

En outre, on devra bien évaluer le potentiel de ces nouvelles vignes «sous notre climat et dans nos sols», avertit M. Gutknecht. Selon ce qu’il sait du Minnesota, nos hivers seraient moins froids, mais nos étés moins torrides, spécifie le viticulteur. «Il y aura des différences dans la maturité, et dans les résultats», estime-t-il.
On peut ainsi lire en préambule de la pétition: «Nous croyons que le gouvernement canadien devrait favoriser, faciliter et accélérer l’entrée de ces variétés rustiques et résistantes aux maladies. En particulier, un grand nombre de variétés cultivées dans la région Centre-Nord des États-Unis ne sont pas présentement disponibles pour les Canadiens.»

En Ontario, l’attitude dans la région du Niagara serait encore de favoriser les cépages pur-sang Viniferas, déplore le viticulteur, un des fondateurs de l’Association des viticulteurs de l’Est de l’Ontario. Par ailleurs, il serait possible qu’à compter ce cet été, on puisse commencer à tester des cépages hybrides d’origine canadienne à la station de recherche d’Agriculture Canada à Ottawa. En effet, de nombreux hybrides croisés à Vineland en Ontario, basés sur le très populaire cépage Chardonnay, n’attendraient qu’à être testés en « climat froid ».

La pétition pour débloquer l’importation de vignes hybrides adaptées au climat froid des États-Unis circule présentement dans les milieux de la viticulture. Quiconque partageant un intérêt pour la culture de la vigne peut la signer « électroniquement » en complétant un court formulaire sur le site de la Central Ontario Grapegrowers Association: www.littlefatwino.com/usvignes.html.

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