Le 7 avril 2005

Place à la relève !

Par Chantal Quirion


C’est un beau coup d’?il sur la relève agricole qui a été offert par l’Union des cultivateurs franco-ontariens lors de sa 76ième assemblée générale qui s’est déroulée au Cub de Golf La Cité à Hawkesbury le 31 mars dernier. Avec quatre jeunes représentants de la production laitière, un regard intimiste a été posé sur différents aspects de la vie de producteurs avec ses contraintes, ses défis et ses joies.

Si l’agriculture est un secteur qui soulève bien des inquiétudes, ces quatre jeunes n’ont cependant pas hésité à suivre les traces de leurs parents. Il s’agit d’André Brisson de la Ferme Brissfrance d’Embrun, de Jean-Pierre Lavigne de la Ferme Lavigne Inc. de Ste-Anne-de-Prescott, de Jenrené Guindon de la Ferme Gillou Inc. d’Hammond et de François Décoeur de la ferme de Sylvie et Aurèle Décoeur de Glen Robertson. Tous sont issus du milieu et ont hérité de la passion du métier, de l’amour des grands espaces et du besoin d’être leur propre patron. Enfin, sur ce dernier point, certains producteurs plus expérimentés leur ont cependant fait remarquer que les normes de production remplacent facilement le plus exigeant des patrons. Qu’importe, ils ont le sentiment d’être maîtres chez eux et c’est ce qui compte à leurs yeux.

Ils ont aussi en commun le Collège d’Alfred, un lieu de formation mais aussi un lieu de rencontre a-t-on constaté avec amusement. Le sujet s’est d’ailleurs prêté à plusieurs blagues puisque des unions en sont nées et des enfants également. « Le Collège d’Alfred c’est bon, ça nous donne des p?tits !» s’est exclamé le président de l’UCFO, Pierre Bercier en riant. Mais plus sérieusement, tous disent avoir apprécié la formation qu’ils y ont reçue. André, Jean-Pierre et Jenrené y ont obtenu leur diplôme en technologie agricole avec une spécialisation en production laitière et Jean-François y poursuit sa deuxième année dans la même concentration.

Pour chacune des fermes, le transfert opéré ou en cours semble s’être bien déroulé. À la Ferme Brissfrance, André était déjà actionnaire à part égale avec Léo son père et Françoise sa mère, avant que cette dernière ne vende ses parts il y a huit ans, à Julie l’épouse d’André. Dès lors, bien que Léo conserve un droit de veto, c’est le jeune couple qui est en charge de l’entreprise et André avoue qu’au début, la responsabilité lui semblait grande et que souvent il a eu recours aux conseils paternels.

Chez les Lavigne, Alain le père et son fils Jean-Pierre ont plutôt choisi de former une compagnie lorsque l’oncle Rémi a décidé de se retirer, il y a cinq ans. L’opération a été coûteuse rapporte Jean-Pierre en se rappelant qu’au début ce fût difficile financièrement mais avec le temps, il juge que cette action s’avère très profitable. Comme chez les Brisson, Shana, l’épouse de Jean-Pierre participe à l’ensemble des travaux de la ferme tout comme Rachel sa belle-mère le faisait auparavant. Et si parfois travailler avec son père entraîne des discussions sur la façon de faire les choses, nous dit Jean-Pierre, ça comporte aussi l’avantage qu’on oublie aussi vite et que l’on repart comme si de rien n’était. C’est la famille quoi!

À la Ferme Gillou Inc., Jenrené est toujours employé mais il a acheté la maison familiale il y a déjà trois ans. Depuis, Gilles et Louise ses parents habitent au village et c’est donc lui qui assure la permanence. Il a encore beaucoup de temps devant lui pour penser au transfert. Pour l’instant, il est davantage occupé aux préparatifs de son mariage, lequel dans quelques jours l’unira à Chantal Bénard, qu’il a rencontrée lorsqu’elle était étudiante au Collège d’Alfred.

Quant au plus jeune, François, il compte assister ses parents Aurèle et Sylvie sur la ferme et n’a pas encore abordé le projet de transfert. Cependant, il affirme que son père prenant de l’âge, son apport est toujours plus apprécié et il anticipe déjà le plaisir qu’il aura à participer à l’entreprise familiale dès la fin de ses études. Pour l’instant, il se demande surtout s’il trouvera une compagne intéressée à partager son mode de vie. À en juger par certaines émissions qui ont été télédiffusées au cours de l’année, cela pose un problème à plusieurs jeunes gens qui embrassent la carrière d’agriculteur. Vu la situation des trois autres participants, ces propos ont vite tourné à la rigolade : André et Julie ont déjà trois filles, Jean-Pierre et Shana attendent leur deuxième bébé et Jenrené et Chantal après plusieurs années de fréquentations sont à quelques jours de célébrer leur mariage. Il n’y a donc pas lieu de s’inquiéter, le rassurent-ils. On aperçoit justement François Décoeur pendant son exposé, alors que Jean-Pierre Lavigne, Jenrené Guindon et André Brisson qui l’ont précédé l’écoutent avec attention.

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