Volume 29 Numéro 09 Le 14 décembre 2011

Porter du lait

Par André Dumont, collaborateur


Que diriez-vous de porter une robe de soirée, ou encore une chemise bien à la mode, fabriquée presque entièrement à partir de lait?

 

Une petite révolution dans le mode des textiles : une étudiante en biochimie devenue designer de mode a trouvé le moyen de fabriquer des tissus écologiques et sains pour la peau, à partir de lait de vache.

 

L’Allemande Anke Domaske, 28 ans, a créé le Qmilch. Q pour qualité et milch pour lait en allemand. Ce matériau à base de caséine – une protéine laitière – a la douceur de la soie, tout en pouvant être porté, lavé et plié aussi facilement que du coton.

 

Il aura fallu deux ans d’essais et d’erreurs dans un laboratoire, pour en arriver à un produit satisfaisant. Le processus consiste à réduire le lait en poudre de protéine, pour ensuite la bouillir et la presser en fils qui peuvent être tissés en une étoffe. Le produit final peut être fin et luisant, ou plus grossier, selon les besoins.

 

À ce jour, le Qmilch est fabriqué à partir de lait biologique qui ne répond pas aux standards de qualité et qui ne peut donc pas être consommé.

 

Anke Domaske a eu l’idée de créer un tissu sain pour la peau en voyant son beau-père souffrir de problèmes cutanés alors qu’il subissait des traitements pour le cancer. Trop de gens ont des irritations de la peau attribuables à la composition des vêtements qu’ils portent, affirme-t-elle.

 

Le Qmilch ne contient aucun produit chimique, alors que les tissus synthétiques et naturels peuvent en contenir des dizaines, qui se libèrent peu à peu et peuvent irriter la peau.

 

Ce nouveau matériau aurait aussi des propriétés hypoallergènes, antibactériennes et antivieillissement, en raison des acides aminés contenus dans la caséine. Il aiderait aussi à réguler l’humidité de la peau. 

 

Le Qmilch coûte encore plus cher que le coton biologique, mais Anke Domaske croit qu’il trouvera preneur en faisant valoir son côté écologique. Il faut deux litres d’eau pour fabriquer un kilo de Qmilch, tandis qu’un kilo de tissu fabriqué à partir de coton peut requérir 10 000 litres.

 

Pour une robe en Qmilch, il faut environ six litres de lait. N’ayez crainte : aucune odeur de lait ne s’en dégage et elle pourra être lavée à la machine, comme n’importe quel autre vêtement.

 

Cette bonne idée a valu à Anke Domaske un prix d’innovation de la Textile Research Association de l’Allemagne. La jeune designer de mode a lancé sa propre ligne de vêtements, qu’elle a nommée Mademoiselle Chi Chi, ou MCC. Ils sont fabriqués dans un studio près de la garde centrale à Hanovre.

 

Déjà, d’autres entreprises s’intéressent à ce matériau, pour la fabrication de sièges d’eau ou de matériaux hypoallergènes pour les lits d’hôpitaux et d’hôtels. Tant qu’à y être, pourquoi pas des vêtements à porter à l’étable, quand on trait ses vaches…

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