Volume 33 Numéro 03 Le 18 septembre 2015

Poules en liberté, McDonald se positionne sur l’échiquier agricole



Chantal Quirion redaction@journalagricom.ca


Coup d’éclat pour McDonald, qui a annoncé le 9 septembre que ses restaurants canadiens s’approvisionneront dorénavant en œufs provenant de poules en liberté. La transition se fera sur 10 ans, le temps de laisser à l’industrie canadienne la capacité de répondre à la demande.

« Nos clients nous disent de plus en plus qu’ils apprécient nos efforts à nous approvisionner en ingrédients de qualité supérieure, produits de façon responsable. Notre décision de nous approvisionner exclusivement en œufs 100 % canadiens provenant de poules en liberté réitère l’importance que nous accordons à nos produits et à notre menu pour répondre aux attentes changeantes de nos clients; ils pourront ainsi se sentir encore mieux de savourer un repas dans nos restaurants » a fait savoir John Betts, président et chef de la direction des Restaurants McDonald du Canada limitée, par voie de communiqué.

Annuellement, McDonald’s du Canada achète approximativement 120 millions d’œufs des producteurs canadiens pour les servir dans son menu du petit déjeuner qui inclut des sandwichs-matin populaires, comme l’Œuf McMuffin®.

La chaîne de restaurants s’approvisionne auprès de Burnbrae Farms Limited pour ses œufs au Canada. La présidente de cette entreprise, Margaret Hudson, a déclaré être emballée par cette nouvelle direction.

McDonald’s s’est engagé à amorcer cette transition sur le champ en s’approvisionnant en œufs de poules en liberté dans une proportion de 5 %. Pour combler la demande croissante et assurer un approvisionnement durable en œufs de poules en liberté, McDonald’s du Canada collaborera avec les intervenants de l’industrie pour déterminer la meilleure façon de procéder tout en continuant de travailler dans le système de gestion de la chaîne d’approvisionnement du Canada.

« Nous sommes fiers du travail que nous effectuons avec les fournisseurs et les producteurs pour mettre en place des pratiques encore plus respectueuses de l’environnement et axées sur la cohésion sociale pour les animaux de notre chaîne d’approvisionnement. Nous prenons une décision audacieuse et nous croyons que nous pourrons offrir un approvisionnement de qualité, sûr et stable », a affirmé pour sa part,  Marion Gross, vice-présidente senior de la Chaîne d’approvisionnement de McDonald’s en Amérique du Nord.
Réactions

« À mon avis, c’est un coup de marketing », indique Laurent Souligny, producteur d’œufs à Saint-Isidore depuis plus de 50 ans et président des Producteurs d’œufs du Canada pendant onze ans. Ses commentaires sont toutefois d’ordre personnel.

« Les poules en liberté c’est juste une partie du marché, mais c’est vrai, c’est une tendance. Si on regarde certaines marques de mayonnaise par exemple, on peut lire, fabriquée avec des œufs de poules en liberté. Mais si on lit l’étiquette attentivement, on se rend compte que ce n’est que 3 % des œufs utilisés. C’est une façon de faire du marketing. »

Les groupes qui militent en faveur du bien-être animal ne sont pas étrangers au phénomène et ont fini par exercer une pression certaine sur le marché, il faudra toutefois que quelqu’un paie la facture selon le producteur.

« Si tu regardes le prix entre les deux (élevage conventionnel et poules en liberté), il y a une grosse différence. McDonald va devoir augmenter ses prix. »

M. Souligny précise toutefois que le consommateur est maître et que les producteurs d’œufs ont la volonté de répondre à la demande.

« On a toujours dit qu’on fournirait les marchés qu’on nous demanderait de fournir. Si des gens veulent des œufs bruns, on fait des œufs bruns. Si d’autres veulent des œufs Oméga, on fait des œufs Oméga. Seulement, ceux qui prennent des décisions vont devoir réaliser les coûts que ça engendre. »

Selon M. Souligny, la demande pour les œufs de poules en liberté a plafonné aux alentours des deux à trois pour cent au cours des 15 dernières années. La décision de McDonald, que risquent d’imiter d’autres géants de l’alimentation rapide comme Burger King, notamment, pourrait changer considérablement la donne.

 

 

 

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