Le 3 juin 2004

Pour Sylvie Legault: Une bourse n’attend pas l’autre!

Par Chantal Quirion


La récipiendaire de la bourse du journal Agricom, Sylvie Legault a raflé de nombreux honneurs lors de la 22e remise des diplômes du Collège d’Alfred de l’université de Guelph qui s’est déroulé le 29 mai dernier. Photo C.Quirion.

Sylvie Legault avait été invitée pour la 22e remise des diplômes du Collège d’Alfred de l’Université de Guelph car, lui avait-on dit, elle se verrait décerner une bourse. Laquelle? Elle ne le savait pas. Mais ce qu’elle savait moins encore, c’est qu’elle serait appelée sur le podium à cinq reprises. De ces nombreuses distinctions, trois lui furent attribuées en fonction de son excellence à maîtriser le français, dont la bourse du journal Agricom.

Étonnée et émue, cette étudiante à qui il reste trois cours à compléter pour l’obtention de son diplôme en Techniques de diététique, avoue qu’elle n’a jamais suivi de formation spécialisée en français et que si elle s’applique autant dans ses travaux de rédaction c’est à cause de l’influence maternelle combinée aux préceptes de son ancien directeur d’école primaire, Gilles Cayer.

Un comme l’autre accordait une importance de premier ordre à la langue française, lui inculquant le désir de chercher les termes justes, de s’appliquer en orthographe et d’éviter les anglicismes, fait qui n’était pas très populaire à Chrysler, son village natal.

Sylvie Legault a débuté sa formation en Technologie alimentaire en 1999. Elle commença au statut d’étudiante à temps partiel, histoire de vérifier que la formation correspondait vraiment à ses attentes. Puis ne voulant pas être l’éternelle étudiante comme elle le dit, elle s’inscrivit à temps complet en 2003, laissant derrière elle vingt ans de carrière dans le domaine de la coiffure.
Ce cadeau qu’elle s’est offert pour ses quarante ans lui a aussi donné l’opportunité de mieux partager le quotidien de ses quatre enfants, également aux études. Elle considère que c’est un véritable privilège.

Comme plusieurs qui effectuent un retour aux études, Sylvie Legault a toujours mis la barre haute se sentant tenue de faire ses preuves, de performer. Elle constate qu’elle a exigé beaucoup d’elle-même, voulant à tout prix se prouver qu’elle pouvait réussir dans une autre discipline.
Le fait est qu’elle y est très bien arrivée et que son nouveau choix professionnel correspond parfaitement à ses aspirations. Elle aime particulièrement la nutrition clinique, la planification de menus et les cours en laboratoire. Peut-être aurait-elle même songé à poursuivre au niveau universitaire si la formation en français avait été dispensée à l’Université d’Ottawa.

Que fera-t-elle une fois diplômée? Elle ne le sait pas encore mais elle fait confiance au destin. Elle a particulièrement apprécié son expérience en milieu scolaire avec des enfants de la maternelle à la deuxième année lors de ses cours d’apprentissage pratique et elle convient qu’il s’agit d’une avenue qui lui plairait bien.

Et, si elle se laisse aller à rêver? Pourquoi ne pas imaginer qu’elle possède un gîte du passant spécialisé, un endroit réputé pour ses menus végétariens et ses menus santé adaptés aux besoins spécifiques de la clientèle? Cette idée la fait sourire et bien que l’Écho d’un peuple semble prometteur pour le développement de l’agrotourisme, elle se dit qu’il faudrait bien qu’elle arrête de jouer dans ce spectacle si elle veut s’appliquer à recevoir des spectateurs.

C’est par ailleurs la même motivation qui l’a amenée à jouer dans ce spectacle que celle qui la pousse à s’appliquer pour l’écriture: la fierté d’être Franco-Ontarienne, dit-elle. Elle accorde une grande importance au sentiment d’appartenance à sa culture qui selon elle, commence par la connaissance de sa langue.

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