Volume 33 Numéro 06 Le 6 novembre 2015

PTP: des questions persistent à l’endroit du secteur laitier canadien


Par Julien Arsenault/La Presse canadienne


Certaines clauses du Partenariat transpacifique (PTP) à l’égard du secteur laitier canadien pourraient avoir un effet plus négatif qu’anticipé à long terme, estime un spécialiste du secteur agricole.

En plus du lait, l’accord de libre-échange permettra l’arrivée d’un plus grand nombre de produits comme le yogourt, la crème glacé ainsi que divers types de fromages, a souligné le professeur Sylvain Charlebois du Food Institute de l’Université de Guelph, le 6 novembre dernier.

Celui-ci a dressé ce constat après avoir analysé les quelque 1000 pages du texte de l’entente diffusée la veille par certains gouvernements signataires.

En entrevue téléphonique depuis l’Autriche, M. Charlebois s’est notamment demandé si les impacts à long terme d’une arrivée plus importante de ces produits laitiers sur la production canadienne avaient été suffisamment évalués.

Advenant la ratification du PTP, le Canada fera des concessions dans son système de la gestion de l’offre en offrant l’accès de 3,25 pour cent à son secteur laitier, 2,3 pour cent du marché des œufs et 2,1 pour cent de celui du poulet.

M. Charlebois a souligné que ses calculs font plutôt état d’une brèche d’environ quatre pour cent dans le secteur laitier sur cinq ans, ce qui, à son avis, est non négligeable.

De plus, rien ne semble clairement indiquer que les importations de protéines de lait utilisées par de nombreux transformateurs seront encadrées. Cet enjeu préoccupe les producteurs laitiers depuis longtemps.

Le professeur reconnaît qu’un programme de compensation de 4,3 milliards $ sur 15 ans été évoqué en campagne électorale, mais il ajoute que le gouvernement Trudeau devra répondre à plusieurs questions sur le sujet.

À l’Union des producteurs agricoles (UPA) et chez les Producteurs de lait du Québec, on a dit poursuivre l’étude du volumineux document de plus de 1000 pages au lendemain de sa diffusion.

Le PTP prévoit la création d’une zone de libre-échange de 12 pays, dont le Canada, les États-Unis, l’Australie et le Japon, mais pas la Chine. Elle regroupera près de 800 millions de personnes en plus de représenter 40 pour cent de l’économie mondiale.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *