Le 20 janvier 2005

Qu’est-ce que l’agriculteur et l’agricultrice reçoivent?

Par André Pommainville, agronome, collaboration spéciale


Les commentaires et les données qui suivent sont le résultat d’une étude publiée par Mme Diane J. F. Martz du Centre for Rural Studies and Enrichment du St. Peters College, Muenster, Saskatchewan. Ce document intitulé « The Farmers’ share: compare the share 2004 », produit en novembre 2004, reflète selon moi assez bien l’inégalité économique de la chaîne alimentaire. Cette étude a été complétée en partie grâce au soutien de la Fédération de l’agriculture de l’Ontario.

L’information retrouvée dans ce document est une compilation de résultats d’études et de statistiques effectuées par des regroupements de producteurs, des agences gouvernementales et d’autres sources de données d’intervenants dans la chaîne alimentaire au Canada. Je vous laisse, chers lecteurs, tirer vos propres conclusions sur les informations fournies dans ce document.

Introduction
Pour la période de 1980 à 1990, soit 10 ans, le prix payé aux producteurs n’a augmenté que légèrement tandis que les prix payés par les consommateurs ont augmenté d’une façon dramatique.

· Les prix des consommateurs durant les cinq dernières années ont augmenté plus rapidement qu’au début des années 90 tandis que les agriculteurs ne recevaient pas l’augmentation correspondante pour ses produits.

· En l’an 2000, 73% du revenu total de la moyenne des fermes familiales canadiennes venait de revenu hors ferme.

· Entre 1996 et 2001 selon le recensement canadien sur l’agriculture, le nombre de fermes canadiennes a diminué de 10,7 %.

Aperçu de certains produits (période 1981-2003

· Augmentation du prix du boeuf au détail de 5.67$/kg tandis que le producteur recevait une augmentation de 0.14$/kg.

· Augmentation du prix du porc au détail de 3.51$/kg tandis que le producteur recevait une augmentation de 0.15$/kg.

· Un producteur de l’Ontario recevait en 2003 le même montant pour le blé d’hiver que contient une boîte de biscuits soda (crackers) qu’en 1981, tandis que le détaillant payait 0.65$ de plus pour la même boîte en 2003.

· Le prix d’une boîte de Corn Flakes a augmenté de 1.91$ tandis que le producteur de maïs n’a reçu qu’une augmentation de 0.03$ par boîte.

· Le producteur de poulet a reçu une augmentation de 0.10$/kg tandis que l’augmentation du prix de détail était de 1.85$/kg.

· Le producteur de dinde a vu ses prix augmenter de 0.09$/kg tandis que les prix de détail ont augmenté de 1.03$/kg.

· Le prix des ?ufs payés aux producteurs, aux grossistes et aux détaillants a augmenté comparativement.

· Le prix du lait payé par les consommateurs a augmenté de 110% tandis que le producteur recevait une augmentation de 44% pour son lait.
Coûts reliés à la production (prix indexés)

· Les taxes foncières pour un terrain agricole ont doublé depuis 1981.

· Durant la période de 1992 à 2003, les coûts reliés à la main-d’oeuvre agricole ont augmenté de 29%.

· Durant la période de 1992-2003, voici des exemples d’augmentation des prix pour la machinerie et les équipements agricoles: 74% pour une moissonneuse-batteuse moissonneuses-batteuses, 61% pour les tracteurs, 49% pour les équipements aratoires non motorisés.

· Augmentation des produits fertilisants surtout pour les engrais azotés.

· Augmentation des pesticides de 59,7 % entre 1981 et 2003.

Volet financier
Durant la décennie de 1990-2000, le revenu net de la ferme a diminué proportionnellement avec le revenu familial de la ferme.

· En 1990, le revenu net généré par la ferme était de 32% du revenu total familial pour baisser à 26,5% en l’an 2000.

· Les fermes familiales en production laitière, avicole et porcine ont des revenus nets provenant de l’agriculture qui représentent encore une proportion significative du revenu total de la ferme familiale soit 69%, 47,5% et 54,6% respectivement.

· Ces trois types de fermes (laitière, avicole et porcine) ne représentent que 12,6% du total des fermes familiales canadiennes.

· Présentement, l’endettement total des fermes canadiennes excède le revenu agricole total de 1,8 milliard.

Conclusion
C’est à vous, monsieur et madame, de tirer vos propres conclusions ? ce rapport contient beaucoup plus de détails que mentionnés ci-dessus. Il mentionne des problèmes spécifiques tels que le prix reçu des producteurs porcins en 2002-2003 qui était plus bas qu’en 1981 ? Est-ce réaliste?
En 2005, les producteurs de céréales, de maïs et de soya, s’il n’y a pas de changements dans les prévisions, vont vraisemblablement se retrouver dans une situation comparable aux producteurs porcins de 2002-2003!

La vie continue et c’est du pareil au même pour l’agriculture!

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