Volume 36-Numéro 11 - Le 29 mars 2019

Quand la neige fait des ravages


Sur 100 pieds, le toit de l'étable s'est effondré. Bilan : une étable en partie détruite et 30 vaches écrasées. Photo gracieuseté de Kim Laframboise.

Par Lucas Pilleri
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Après les chutes de neige impressionnantes de cet hiver, les agriculteurs les moins chanceux doivent faire les comptes : toitures effondrées, étables ravagées, granges détruites. Sans une bonne couverture d’assurance, l’addition est parfois salée.

La neige aura été lourde, très lourde. Sous son poids, des dizaines et des dizaines de structures agricoles se sont écroulées à travers la province. C’est ce qui est arrivé à la famille Laframboise, dans le nord-est de la province à Earlton. Au petit matin du 16 février, la stupéfaction s’est emparée des exploitants : « Une partie de l’étable avait éclaté, témoigne Kim Laframboise. Sur 100 pieds, le toit était tombé. » Bilan : une étable en partie détruite et 30 vaches écrasées.

Heureusement, la ferme laitière était assurée. « On n’a pas encore eu d’argent, mais notre agent a dit qu’on était couverts », rapporte-t-il, confiant. En attendant, la famille peut compter sur la solidarité du voisinage qui a aidé à transporter la centaine de vaches survivantes vers d’autres étables.

Vérifier sa couverture

La frayeur aurait pu toucher Yoland Léveillé mais, prévoyant, l’éleveur laitier avait pensé à pelleter trois fois ses toits cet hiver. « D’habitude, on le fait une année sur quatre. Cette année, il y avait un banc de neige de 5 pieds. Même mon épouse est venue aider sur le toit », détaille-t-il. D’après les anciens de sa région autour de North Bay et Timmins, l’hiver n’aurait pas été aussi terrible depuis 1972.

Épargné mais curieux, Yoland a contacté son assureur pour vérifier sa couverture. Surprise : « Je ne suis pas assuré ! », a-t-il découvert, non sans stupeur. Après avoir changé d’assurance récemment, l’option n’avait pas été reconduite. « Je pensais que ça venait avec… », confie-t-il.

Afin d’éviter les mauvaises surprises, Philippe Ryan, de Co-operators à Embrun, dans l’Est, recommande à tous les agriculteurs de vérifier auprès de leur assureur s’ils sont bien couverts pour « l’effondrement sous le poids de la neige ou de la glace ».

Si la majorité de ses clients sont bien assurés, l’expert indique toutefois que toutes les structures agricoles ne sont pas couvertes. « C’est souvent la ferme laitière et les bâtiments les plus importants qui sont couverts », précise-t-il. En revanche, certaines structures ne sont tout simplement pas assurables, comme les édifices couverts de toile synthétique.

Attention aux détails

Par ailleurs, les indemnités concernant l’interruption de production ne sont applicables « que si et seulement si la structure principale de production est couverte ». Enfin, l’assureur met en garde contre les offres alléchantes de firmes qui proposeraient des couvertures au rabais. « Si c’est moins cher, c’est que c’est moins couvert », souligne-t-il.

Éric Gauthier, courtier basé à Saint-Isidore chez MLS Insurance Brokers, a quatre clients touchés de son côté, dont certains non-couverts pour ce genre de périls. « On a eu vent de quelques histoires malheureuses. L’hiver ne nous a pas ménagés. » Il décrit le déroulement de la procédure après un incident de cette envergure : « Une enquête doit avoir lieu. La plupart des compagnies d’assurance interviennent dans les 24 heures qui suivent. Il faut ensuite quelques jours pour recueillir l’avis des experts et des contractants ».

Pendant que les travaux de reconstruction sont à l’œuvre, des solutions temporaires peuvent être envisagées : « On peut poursuivre la production dans une étable adjacente ou chez un voisin afin de minimiser la perte », indique-t-il. Au total, le délai de remboursement peut s’allonger et la rémission complète peut prendre du temps. Les cultivateurs affectés devront prendre leur mal en patience !

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