Volume 33 Numéro 12 Le 26 février

Que du positif pour les producteurs de bœuf canadien


Josianne Haspeck

Par Josianne Haspeck
Collaboratrice
info@journalagricom.ca


Les producteurs canadiens ne retiennent que du bon de l’annonce du 30 décembre 2015, levant l’interdiction temporaire frappant les importations de bœuf et de veau en provenance du Canada vers la Corée du Sud.

« Le marché de la Corée du Sud a toujours eu son importance pour nous », soutient John Masswohl, directeur des relations gouvernementales et internationales au sein de la Canadian Cattlemen’s Association (CCA). On se souviendra que les importations de bœuf et de veau avaient été suspendues temporairement après la détection d’un cas isolé d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) au Canada, en février 2015.

Avant la découverte, en 2003, du premier cas d’ESB chez une vache de boucherie née au Canada, la valeur des exportations de bœuf à destination de la Corée s’élevait à quelque 50 millions de dollars. Ensuite, la Corée a fermé ses frontières au bœuf canadien pendant 10 ans, soit jusqu’en 2012. « Lorsque le pays a rouvert son marché, les États-Unis avaient diminué ses tarifs douaniers, mais pas le Canada. La valeur des exportations atteignait les 7 à 10 M$. C’était bien, mais pas à la hauteur de ce qu’on avait connu », se rappelle-t-il. La réouverture des frontières est vue par la CCA comme une chance d’atteindre le même niveau de valeurs des exportations qu’en 2002.

L’association envisage également la possibilité de ce pays de se joindre au Partenariat transpacifique (PTP), ce qui pourrait accélérer l’élimination progressive des tarifs douaniers et offrirait l’occasion de préciser les protocoles de salubrité alimentaire. « Nous voulons clarifier notre compréhension de ce qui pourrait se produire si un autre cas d’ESB devait être déclaré », fait savoir M. Masswohl.

« Le rétablissement de l’accès au marché de la Corée du Sud s’avère important pour nos producteurs avec son grand potentiel relativement aux coupes et abats moins utilisés au Canada. Le marché de la Corée du Sud offre un meilleur prix pour ces produits, comme l’estomac, ce qui augmente la valeur globale de l’animal pour les producteurs », explique Dave Solverson, président de la CCA.

Signal de confiance

Professeur au département de marketing et d’études de consommation de l’Université de Guelph, Sylvain Charlebois, considère le rétablissement de l’accès au marché de la Corée du Sud comme un signal que les marchés ont confiance en la qualité du produit canadien. « La Corée du Sud est un marché sensible au niveau des perceptions de risques », souligne-t-il.

Il faut du temps pour constater un effet concret de tout ça puisqu’il y a des protocoles à suivre avant de procéder à la vente, l’expédition et le paiement du produit. « À l’heure actuelle, les entreprises nous disent que les ventes vont bien », précise pour sa part M. Masswohl.

Ajoutée à la levée de l’interdiction temporaire, la faiblesse du dollar canadien devrait amener une augmentation des exportations. « Ça contribue à nous donner un coup de pouce comparativement à d’autres pays. Dans certains cas, le bœuf canadien pourrait être privilégié à celui des États-Unis malgré les tarifs douaniers canadiens », fait remarquer le directeur de la CCA. « Les producteurs pourront répondre à la demande puisque la demande provenant de l’Occident diminue. L’industrie s’oriente vers un marché en développement et c’est le cas avec l’Asie », conclut M. Charlebois.

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