Volume 33 Numéro 21 Le 8 juillet 2016

Que signifie le Brexit pour les marchés canadiens de l’agroalimentaire


Maintenant que la Grande-Bretagne a voté en faveur de sa sortie de l'Union européenne (UE), il faut se demander ce qui attend le pays alors qu'il entame des négociations qui pourraient durer plus de deux ans.

Par Jean-Philippe Gervais Économiste agricole en chef / FAC


Maintenant que la Grande-Bretagne a voté en faveur de sa sortie de l’Union européenne (UE), il faut se demander ce qui attend le pays alors qu’il entame des négociations qui pourraient durer plus de deux ans. Bon nombre des problèmes à l’origine des débats ne touchent pas le secteur agricole canadien, mais il ne faut pas se méprendre. La sortie du Royaume Uni de l’UE aura des répercussions à court et à long terme sur les marchés agroalimentaires canadiens.

Le dollar canadien se dépréciera-t-il?

Londres étant un important centre financier mondial, la sortie du Royaume‑Uni pourrait créer de l’instabilité financière et une volatilité des marchés financiers. Les institutions financières de l’Europe et d’ailleurs se préparent déjà à cette éventualité.

La volatilité des marchés financiers signifie souvent une devise américaine plus vigoureuse, puisque les investisseurs la voient comme une valeur sûre. Les autres devises, dont le dollar canadien, pourraient se déprécier. Toutefois, bien qu’un dollar américain plus fort laisse habituellement entrevoir des prix plus bas pour les produits agricoles, dans ce cas‑ci, les répercussions sur les prix pourraient être minimes, parce qu’un dollar américain plus vigoureux ne tiendrait pas compte des changements des conditions de l’offre et de la demande pour les produits de base. Et ce n’est pas tout. Un dollar canadien plus faible pourrait signifier des prix plus attrayants à court terme pour les produits de base vendus par les producteurs canadiens et qui s’échangent en dollars américains.

Commerce mondial et agriculture britannique

D’autres répercussions pourraient être constatées sur le plan du commerce mondial. À long terme, les producteurs agricoles britanniques verront vraisemblablement certains changements importants dans leur cadre de politique agricole. Tout porte à croire qu’un cadre visant à remplacer la Politique agricole commune (PAC), quel qu’il soit, offrira un soutien moindre aux producteurs, augmentant l’exposition des producteurs agricoles britanniques aux conditions du marché mondial.

Par ailleurs, le Royaume-Uni est un importateur net d’aliments. Sa sortie de l’UE pourrait provoquer la chute de sa propre devise, ce qui augmenterait les coûts d’importation. En ce moment, il n’est pas possible d’évaluer la facilité, pour le Royaume‑Uni, de conclure de nouveaux accords commerciaux avec d’autres marchés européens. Le discours tenu à ce jour laisse présager des mesures coercitives et des relations tendues.

Toute la dissension et la tension suscitées par le débat entourant le Brexit en Europe nous amènent à songer à l’instabilité financière. Je vous conseille de surveiller les marchés financiers et de vous préparer à une volatilité accrue.

 

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