Volume 29 Numéro 21 Le 6 juillet 2012

Rafraîchir les vaches

Par Mario Mongeon, Spécialiste en production animale - MAAARO


Les vaches ont des préférences individuelles et choisissent comment se rafraîchir pendant les grandes chaleurs.

Au bain les bovins

Les vaches laitières apprécient la fraîcheur. Plusieurs fermiers installent des systèmes de pulvérisation ou de brumisation pour freiner les effets du temps chaud sur leurs troupeaux. Toutefois, si on leur en donne l’occasion, les vaches préfèrent apparemment choisir par elles-mêmes quand et comment elles iront se mouiller.

La zone de confort d’une vache Holstein varie de cinq à 20 degrés Celsius. À mesure que la température s’élève au-dessus de 25 degrés, surtout avec un taux d’humidité relative élevé, les signes de stress de chaleur commencent à apparaître : baisse de la prise en matière sèche et production laitière réduite. Un stress thermique prolongé affecte aussi la capacité de reproduction.

On peut réduire les effets du temps chaud de plusieurs façons. Mentionnons d’abord qu’il faut fournir aux animaux beaucoup d’eau potable, bien accessible. Prévoir des zones ombragées; une bonne ventilation et circulation de l’air sont aussi des façons très simples de réduire l’impact de la chaleur.

Vous pouvez ensuite avoir recours à de l’eau pour rafraîchir le troupeau. Des systèmes de pulvérisateurs ou de brumisateurs sont assez répandus dans les grands élevages de la Nouvelle-Zélande et des États-Unis. La plupart de ces systèmes sont raccordés à des ventilateurs. L’évaporation provenant des ventilateurs augmente l’effet refroidissant de l’eau. Les éleveurs installent généralement ces systèmes là où le troupeau se réunit, comme les zones d’attente avant la traite ou au-dessus des vaches près des mangeoires.

Des études indiquent que d’arroser le dos d’une vache réduit efficacement sa fréquence respiratoire ou son halètement, et sa température corporelle, qui sont des indicateurs de stress thermique. D’autres recherches ont montré que des vaches qui sont rafraîchies avec de l’eau auront une prise alimentaire plus élevée et une meilleure production de lait.

Aversion pour les pulvérisateurs

Malgré le rafraîchissement efficace des pulvérisateurs, certaines vaches ont démontré des comportements indiquant qu’elles les ont en aversion. Ces animaux tourneront par exemple la tête pour éviter de se mouiller. D’autres baissent la tête quand de l’eau leur arrive dessus ou elles évitent totalement l’eau quand c’est possible.

Mais lorsque les systèmes d’arrosage sont installés à proximité des autres services comme les aliments ou les zones de repos, il devient plus difficile alors de savoir si les vaches utiliseraient volontairement ce système, sans autres incitatifs.

Douche à l’usage des vaches

Une recherche menée en 2008 a porté sur l’usage volontaire d’une douche quand ce système était situé à l’écart des autres services comme les mangeoires ou les sources d’eau. Les chercheurs de l’Université de Californie (Davis) ont construit une stalle de douche avec une plateforme munie de capteurs à pression et un cadre supérieur qui portait deux têtes de douche standards.

Quand les capteurs détectaient le poids d’une vache sur la plateforme, l’eau s’écoulait des douches et s’arrêtait quand la vache quittait la plateforme.

Comme la stalle de douche était à l’écart des autres ressources, les animaux devaient s’y rendre délibérément pour être arrosés. Un groupe témoin a été soumis aux mêmes conditions sans l’accès à la douche.

Le groupe ayant accès à la stalle de douche l’utilisait en moyenne trois heures par jour. La plupart des visites à la douche étaient assez brèves, moins d’une minute, mais certaines étaient plus longues. Le cou et les flancs étaient les parties les plus souvent exposées à la douche.

Les vaches avaient surtout recours à la douche durant les périodes les plus chaudes du jour et leur usage augmentait plus le temps était chaud, comme le montre le graphique. Pendant la durée de l’essai, l’usage de la douche a augmenté de 18 minutes par animal pour chaque hausse de température d’un degré Celsius.

Le groupe témoin, sans accès à une stalle de douche, a passé plus de temps à l’abreuvoir. Le halètement bouche ouverte a été noté seulement chez les vaches du groupe témoin.

Cette étude a montré de grandes variations dans l’usage de la douche selon les animaux. C’est peut-être une indication de l’intensité plus ou moins élevée du stress de chaleur ressenti par les vaches. Certains animaux passent plus de temps dans la stalle de douche et d’autres ne l’utilisent pas du tout.

Certains facteurs influent sur la volonté d’une vache d’utiliser ce système. Parmi les facteurs identifiés par les chercheurs, notons l’expérience antérieure, la grosseur des gouttelettes d’eau, la pression de l’eau, le débit d’eau et le contrôle de la vache de quelle partie du corps est exposée à l’eau.

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