Volume 30 Numéro 07 Le 23 novembre 2012

Ravageur d’hiver

Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
redaction@journalagricom.ca


Un ravageur super-résistant menace les cultures de blé d’automne et le foin dans le sud de l’Ontario. Les entomologistes du ministère de l’Agriculture ont détecté la présence de la noctuelle fiancée, une chenille capable de résister à des températures très froides.

Un agriculteur d’Owen Sound a remarqué récemment qu’entre quatre et cinq acres de champs de blé d’automne avaient soudainement disparu. Les plants avaient carrément été coupés au niveau du sol.

La dernière attaque observée par le ministère remontait à 2008.

L’attaque de ces larves survient au moment où les agriculteurs s’en attendent le moins, tard à l’automne. La majorité des récoltes ont été effectuées et les agriculteurs ne retournent pas aux champs aussi régulièrement.

Selon Tracey Baute, entomologiste des grandes cultures, ceux qui croient que la couverture de neige protège leurs cultures se trompent. « L’un des problèmes en ce qui concerne cet insecte, c’est que les larves sont très tolérantes au froid. En plus de survivre à des températures très basses, elles continuent de se nourrir pendant tout l’automne et sous la couverture de neige pendant les journées les plus douces de l’hiver. »

Dans un document écrit rédigé par la spécialiste, cette dernière spécifie que les traitements pour enrayer l’animal des cultures doivent être appliqués à ce moment-ci de l’année, sans quoi ils risquent d’être inefficaces en raison des basses températures.

Les températures sèches de l’été pourraient avoir été favorables au développement des œufs et des larves. «Les saisons où il pleut beaucoup, l’humidité favorise l’apparition de certaines maladies fongiques qui tuent les insectes», écrit l’entomologiste.

Cette dernière conseille de visiter les champs de foin et de blé d’automne au moins une fois avant que la neige ne recouvre le sol.

Vérification faite, l’insecte ne semble pas s’être propagé dans les autres régions.

Autres ravageurs
À Kemptville, ce n’est pas le même insecte qui s’attaque aux champs de blé d’automne. C’est plutôt le hanneton européen qui a causé quelques inquiétudes.

 

Le nord de l’Ontario a été aux prises avec un ravageur qui n’a pas l’habitude de migrer dans les régions aussi nordiques. Le ver-gris moissonneur a causé plusieurs dommages à des champs de canola du Témiskaming à la fin du mois de mai et au début juin.

 

« L’insecte est un papillon de nuit qu’on retrouve en petit nombre à travers le Canada et le nord de États-Unis, explique Gilles Quesnel, entomologiste du ministère. Occasionnellement, il y a une petite explosion de population à un endroit spécifique, relié à une ponte d’œufs qui a eu lieu l’année précédente. Il est presque impossible de prédire ou les infestations vont avoir lieu. »

 

M. Quesnel explique que les douces températures de l’hiver et du printemps en 2012 ont favorisé la croissance du nombre d’insectes, donc leur nombre était plus important qu’à l’habitude la saison dernière.

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