Volume 31 Numéro 03 Le 27 septembre 2013

Ray-grass : les producteurs ontariens frileux


Les réticences des Ontariens à semer du ray-grass en intercalaire dans leurs rangs de maïs sont fortes. Pourtant, l'expérience québécoise suscite beaucoup de curiosité. Photo ADumont

André Dumont

Par André Dumont
Collaborateur
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Les producteurs québécois qui sèment du ray-grass en intercalaire dans leur maïs en début de saison font figure de pionniers. En Ontario, comme presque partout ailleurs en Amérique du Nord, les réticences à cette pratique sont fortes, mais l’expérience québécoise suscite beaucoup de curiosité.

Le producteur Raymond Durivage, de Saint-Édouard en Montérégie, sème du ray-grass en intercalaire dans du maïs-grain depuis 2009. En compagnie de l’agronome Daniel Brière, de Plant-Prod, il a eu l’occasion de présenter cette pratique lors de conférences à Guelph, en Ontario, de même qu’aux États-Unis. Il était aussi l’hôte d’une journée champêtre sur le thème des engrais verts organisée par Plant-Prod, le 6 septembre, à laquelle ont assisté plus de 200 personnes, dont des experts en provenance de l’Ontario et des États-Unis.

D’après Anne Verhallen, du ministère de l’Agriculture de l’Ontario, la présentation de Raymond Durivage a suscité beaucoup d’intérêt, mais les producteurs ontariens ont un certain blocage à l’idée de semer une deuxième espèce dans une culture principale.

« En agriculture, on n’est pas habitué à voir pousser des plantes parmi nos cultures, reconnaît Raymond Durivage. On apprend à voir les choses autrement. Certaines plantes vont bien ensemble et il se crée une synergie. »

Don Wirth est copropriétaire de Saddle Butte Ag, l’entreprise de l’Oregon qui produit la semence de ray-grass que distribue Plant-Prod. D’après lui, le ray-grass en intercalaire semé tôt en saison serait avantageux pour les producteurs du Midwest. Mais pour l’instant, il semblerait que cette pratique ferait perdre l’éligibilité des champs à l’assurance récolte.

Le plus important client de Don Wirth sème du ray-grass à forfait sur des millions d’hectares en fin de saison, à partir d’un avion.

Au Québec, mis à part les petites céréales, peu de cultures se portent à l’implantation d’un engrais vert en post-récolte.

Selon plusieurs agronomes locaux, le stade de cinq feuilles dans le maïs serait l’idéal pour un bon établissement du ray-grass sans faire compétition au maïs.

À la Ferme EDPA, c’est le stade quatre feuilles qui est privilégié. « En quatre ans d’essais, c’est ce qui s’est avéré le plus avantageux », a confié Raymond Durivage. Il est important de choisir une variété de ray-grass qui tolère bien l’ombre, ajoute-t-il.

D’après l’agronome Carl Bérubé, du club Agri-action de la Montérégie, aucun problème de compétition n’a été observé même lors de semis à trois feuilles.

Côté herbicides, il semble que l’effet résiduel de l’Intergrity de BASF appliqué en pré-émergence dans le maïs n’ait pas d’impact sur le ray-grass semé quelques semaines plus tard.

Raymond Durivage estime que le ray-grass en intercalaire dans le maïs lui apporte un rendement supplémentaire de 250 kg/ha dans le soya l’année suivante, en plus de protéger le sol de l’érosion, de supporter la machinerie à la récolte de maïs et d’apporter de la matière organique et de la vie microbienne dans le sol.

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