Volume 25 Numéro 16 Le 16 avril 2008

Réapproprions-nous l’identification « Produit du Canada »

Par Simon Durand, directeur général, L'Union des cultivateurs franco-ontariens


Je souhaite joindre ma voix à celles de plusieurs autres organismes et représentants de producteurs pour réclamer une refonte de la loi régissant l’appellation « Produit du Canada ».

Contrairement à ce qui est généralement cru par les consommateurs, les produits identifiés « Produit du Canada » ne sont pas nécessairement « produit » mais plutôt « fabriqué » au Canada.

En effet, la règle actuelle veut que 51 pour cent du coût de production, incluant notamment les frais de transformation et d’emballage, soit engendré au Canada. Cette notion se justifie en voulant que la majorité des retombés économiques d’un produit canadien se réalise au Canada et ne fait aucunement référence à la provenance du contenu.

Mais, la mondialisation aidant, nous voyons de plus en plus d’olive et de jus d’orange avec des petits airs canadiens. Tout simplement parce qu’un concentré de jus d’orange ou des olives en vrac valent moins cher que l’emballage dans lequel ils sont commercialisés.

Donc, par une simple opération de réemballage, des olives deviennent « plus »canadiennes.

À la base, il s’agit de respect du consommateur en lui donnant une information précise qui ne porte pas à confusion et qui ne l’induit pas en erreur. De plus, puisque les consommateurs attribuent généralement une plus grande confiance aux produits canadiens, cela se traduit par une valeur ajoutée sur le marché.

L’utilisation avec plus de rigueur et de parcimonie de l’identification canadienne peut conférer une valeur monétaire aux normes sévères que les producteurs canadiens et ontariens rencontrent.

Il est temps pour les producteurs agricoles de se réapproprier l’identification « produit du Canada » et de profiter de la crédibilité que le consommateur lui donnent. C’est un outil pour justifier un écart de prix avec les produits importés qui ne sont pas produits avec les mêmes normes, ni les mêmes exigences.

L’Union des producteurs agricoles du Québec, par la voix de son vice-président M. Pierre Lemieux, juge « qu’on fait preuve de beaucoup trop de souplesse » et que « la confusion sur les règles d’étiquetage empêche les consommateurs de choisir en toute transparence des produits canadiens ».

Dans le même ordre d’idée, Bette Jean Crews, vice?présidente de l’Ontario Federation of Agriculture, souhaite que le consommateur canadien ait la possibilité de connaître la provenance de ses produits alimentaires et en particulier que les produits identifiés du Canada soit réellement de provenance canadienne.

Dans le contexte de mondialisation actuel, une refonte de la loi fédérale sur l’étiquetage est une nécessité qui se fait attendre depuis trop longtemps.

Au nom des efforts et de la qualité produite par nos agriculteurs et du respect du choix éclairé du consommateur, j’espère que ce message se rendra au Comité de l’agriculture et de l’agroalimentaire qui étudie la mention « Produit du Canada » jusqu’au mois de mai.

Suite au travail de ce comité, le gouvernement décidera de la structure d’un nouveau règlement.

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