Volume 32 Numéro 07 Le 21 novembre 2014

Reconnaître le potentiel agricole du nord de l’Ontario


Un rapport publié par l'agronome Jean-Denis Méthot prévoit que les unités thermiques de croissance dans le nord de l'Ontario atteindront 2700 UT au cours des prochaines décennies, ce qui ouvrira la porte à de nouvelles possibilités pour les agriculteurs. -Photo ILessard

Marc Dumont

Par Marc Dumont
Correspondant – Nord de l'Ontario
info@journalagricom.ca


Un organisme ontarien demande que le Plan de croissance du nord de l’Ontario reconnaisse le potentiel agricole du nord de la province. C’est l’une des recommandations proposées par le rapport de l’Alliance pour l’innovation sur les fermes du nord de l’Ontario (NOFIA), qui a été rendu public au début novembre.

Au printemps, FedNor a accordé une subvention pour la mise sur pied d’un groupe de travail formé de leaders en agriculture du Témiskaming afin de développer un plan d’affaire pour un centre d’excellence en agriculture. L’agronome à la retraite de Vankleek Hill, Jean-Denis Méthot, avait été retenu pour élaborer ce plan. Le rapport était attendu pour juillet, mais n’a été rendu public qu’en novembre.

Le nord de l’Ontario génère annuellement 180 millions $ en revenus sur les fermes et emploie 4 000 travailleurs.

Recherche et innovation
Dans ce premier rapport à NOFIA, M. Méthot fait des constats intéressants. Par exemple, depuis 30 ans à Earlton, les unités de chaleur ont passé de 1800 à 2300 et que cela devrait passer à 2700 unités au cours des prochaines décennies. Il y a de quoi se frotter les mains!

Une autre donnée intéressante : le nord de l’Ontario génère 180 millions $ pour 925 000 acres de culture, une donnée qui est comparée à Terre-Neuve qui produit 118 millions $ sur une superficie dix fois plus petite. Cette dernière est d’ailleurs devenue chef de file en agriculture nordique et exporte son expertise en plus de miser sur l’innovation agricole dans l’écosystème boréal.

Le rapport relève aussi des chiffres de trois études sur la rentabilité de la recherche en agriculture. Chaque dollar investi dans différents volets de la recherche sur le bœuf a rapporté des retombées économiques de 37 à 114 $.

Quant à la recherche sur les récoltes, les avancées sont aussi spectaculaires. Le canola, une culture issue de la recherche faite depuis les années 70, domine aujourd’hui le palmarès des cultures les plus lucratives pour le pays. Elle rapporte annuellement 19,3 milliards $, crée 249 000 emplois et compte pour un quart des revenus de fermes.

Or, les subventions gouvernementales dédiées aux recherches sont en constante diminution. Il devient donc important de penser autrement. Dans le nord, les chercheurs qui réalisent des études sur les cultures devraient cesser de travailler en vase clos et davantage partager les résultats de leurs recherches. M. Méthot mentionne également qu’il y aurait lieu de développer et de promouvoir des partenariats avec le Québec.

Consultations
Aussitôt le rapport rendu public, NOFIA a réuni près de 90 leaders agricoles nord-ontariens à Sudbury, les 28 et 29 octobre. La table ronde par secteur d’activité avait pour objectif de cerner les besoins et d’identifier la structure que NOFIA devra adopter pour inclure tous les acteurs agricoles dans ce projet de centre d’excellence agriculture nordique.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *