Volume 37 Numéro 8 - Le 6 mars 2020

Réflexion sur « la condition humaine » en temps de pandémie


Le confinement imposé a fait sortir des réactions de toute part face à la « soumission » qu’on doit accepter face à la contrainte d’isolement. Photo : Sven Lachmann sur Pixabay

Par Janie-Renée Myner


La pandémie du Covid-19 nous impose de changer bien des choses, à commencer par notre relation avec notre environnement physique, sociétal et humain… ou plutôt, la façon dont on perçoit ceux qui nous entourent, de près ou même à distance. Le confinement imposé a fait sortir des réactions de toute part face à la « soumission » qu’on doit accepter face à la contrainte d’isolement. Pour certains, ça fait ressortir des problématiques qui sommeillaient, pour d’autres, ça a amplifié le stress et l’anxiété, la peur de ne pas savoir ce que demain nous réserve. Bref, toute une gamme d’émotions qu’on rationalise, qu’on justifie… C’est maintenant qu’on s’en rend compte que l’être humain est d’abord et avant tout, un être social, et qu’une pandémie, c’est une restriction sérieuse à nos vies qui bouscule tout ce qu’on avait pris pour acquis pendant longtemps.

Sans vouloir être fataliste et penser aux extrêmes, il faut avouer qu’on explore de plus en plus nos réactions d’humains, nos pensées, nos attentes — même si on n’ose pas se l’avouer. C’est difficile de garder des masques quand on est obligés de se regarder de si près et qu’on ne peut même pas s’échapper à soi-même. Si on est à plusieurs, les autres voient nos failles. Si on est seul, c’est l’absence de l’autre ou l’impossibilité d’être réconforté quand notre esprit explore des options plus négatives qui grugent lentement.  

Peu importe votre situation (si vous travaillez ou non), prenez un moment pour nommer clairement vos émotions à voix haute, même si personne n’écoute ; ça aide à en prendre conscience et étrangement, le fait de le dire, ça enlève un peu de pouvoir et d’énergie négative à ce petit monstre. Il ne faut pas culpabiliser de se sentir submergé par l’anxiété. C’est un des effets directs de la pandémie : personne ne peut prévoir comment ça va se passer. Et de grâce, limitez votre consommation de « nouvelles Covid-19 ». Choisissez un film, de la musique ou parlez à quelqu’un au lieu d’être rivé sur les nouvelles ! Ça prend du beau dans nos vies.

Essayez de partager vos réflexions ou vos inquiétudes avec quelqu’un, au téléphone ou par écrit. Eux aussi ça leur fait du bien d’être en contact avec vous. L’éloignement social n’est pas synonyme de solitude : prenez l’occasion de vous souvenir des anniversaires de votre famille, de vos amis et profitez-en pour leur partager des photos, pour regarder le spectacle d’un artiste sur Facebook en même temps qu’un ami, ou faire un mot croisé ou une joute d’échec sur internet. Y’a plein d’activités qu’on peut partager, même à distance.

Faites-vous une « nouvelle » routine et respectez là. Il y a quelque chose de réconfortant dans les activités de la vie quotidienne… et au moins, ça, on sait qu’on les maîtrise. Vous avez un passe-temps ? Eh bien, renouez avec ce qui vous fait vibrer. C’est peut-être le temps de réparer le petit moteur qui traine, ou de repeindre une vieille commode… toutes les options sont bonnes parce qu’elles vous aident à garder un « focus », la motivation de faire quelque chose de productif et le confort de savoir que vous faites quelque chose pour embellir votre vie.

Entre temps, donnez-vous la permission de vivre ces émotions, de les écouler, de les reconnaitre. Ce sont des composantes de vous, tout comme vos muscles et vos os ! Célébrez les petites joies et contemplez les possibilités et vos apprentissages quotidiens de ce qui change. Peu importe comment et quand ça finira cette pandémie, on est tous en train d’apprendre des leçons de vie utiles. Comme dirait le Petit Prince de St-Exupéry : « L’essentiel est invisible pour les yeux ». Et si on se donnait le temps d’apprécier ce qu’on apprend ?

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