Volume 32 Numéro 09 Le 19 décembre 2014

Regard rétrospectif sur les 5 enjeux économiques de 2014


Les ventes des tracteurs à quatre roues motrices et des moissonneuses batteuses ont reculé de 21% en 2014. -Photo Isabelle Lessard

Par Jean-Philippe Gervais, Économiste agricole principal - Financement agricole Canada


Au début de l’année, nous avons établi notre palmarès des cinq  principaux enjeux économiques à surveiller en 2014. Notre équipe avait‑elle vu juste? Maintenant que l’année tire à sa fin, le moment est venu d’examiner notre analyse et de réfléchir à l’incidence que ces facteurs ont eue sur l’agriculture canadienne.

Ralentissement du marché des terres agricoles
Nous avions prévu que les hausses de la valeur des terres agricoles ralentiraient en 2014 et qu’elles correspondraient au taux d’inflation conjugué aux gains de productivité.

Même s’il est trop tôt pour être certain de la façon dont le marché des terres agricoles a évolué en 2014, des comptes rendus non officiels permettent de brosser un portrait mitigé : dans certaines parties du Canada, on rapporte que la demande continue d’être vigoureuse et dans d’autres, on observe que de faibles hausses, voire aucune hausse par rapport à l’an dernier.

Nous nous engageons à formuler des observations et des analyses qui vous aideront à mieux comprendre les répercussions des tendances du marché sur votre rentabilité.

Des rapports de la Réserve fédérale de St. Louis indiquent que le marché des terres agricoles dans le Midwest des États‑Unis a ralenti considérablement et établissent la croissance de la valeur entre 0 et 5 % cette année. Ce changement est attribuable à la baisse des prix des céréales et des oléagineux.

À la lumière des rapports historiques entre la valeur des terres agricoles aux États-Unis et au Canada, nous nous attendons à ce qu’un court laps s’écoule d’ici à ce que nous constations un ralentissement de l’appréciation de la valeur des terres agricoles au Canada.

Comme l’inflation s’est située aux environs de 2 % pendant la plus grande partie de l’année, la baisse des recettes tirées des cultures agricoles laisse croire qu’une appréciation de 5 à 7 % de la valeur des terres agricoles serait plausible.

Commerce
On a prêté beaucoup d’attention aux négociations commerciales en 2014. D’ailleurs, un important accord de libre‑échange avec la Corée du Sud, signé en septembre, a obtenu la sanction royale cette semaine. Il s’agit du premier accord de libre‑échange bilatéral du Canada avec un pays de la région de l’Asie‑Pacifique.

Le Canada poursuit les travaux avec d’autres pays en vue de la conclusion du Partenariat transpacifique. L’accès au marché pour les produits agricoles demeure l’un des nombreux points de friction importants. Le Japon et les États‑Unis doivent absolument prendre les choses en main pour que ces négociations réussissent.

Pour ce qui est de la loi sur l’étiquetage du pays d’origine, aucun progrès majeur n’a été accompli cette année, à l’exception d’un jugement de l’Organisation mondiale du commerce en faveur du Canada. Le secrétaire à l’Agriculture des États‑Unis a admis récemment que le Congrès devra réviser la loi sur l’étiquetage. Dans l’intervalle, les bovins canadiens demeurent désavantagés sur le marché des États Unis.

Amélioration de l’économie des États-Unis malgré la tourmente qui perdure
La Tribune agroéconomique avait prévu que la discorde politique perdurerait aux États-Unis, mais que l’environnement économique s’améliorerait malgré tout en 2014. Nous avions vu juste.

Le taux de chômage aux États-Unis a chuté, l’inflation se maintient aux environs de 2 % et la croissance économique devrait s’établir à environ 3 %. Par conséquent, la Réserve fédérale des États-Unis a cessé d’injecter des liquidités dans le système financier et surveille maintenant l’inflation afin de déceler un signe que l’heure de la hausse des taux d’intérêt a sonné.

L’amélioration de l’économie des États-Unis apporte un soutien aux exportations canadiennes. Les entreprises doivent être conscientes que des débouchés commerciaux ne se matérialiseront peut-être que dans certains secteurs. De façon générale, les ménages américains sont dans un pire état qu’en 2007.

Recul des ventes d’équipements agricoles
Compte tenu de la baisse des prix des céréales et des oléagineux, la Tribune agroéconomique de FAC avait prévu que les ventes d’équipements agricoles seraient moins élevées cette année.

Or, d’après les données de l’Association of Equipment Manufacturers, les ventes globales de tracteurs enregistrées en octobre ont été supérieures de 3 % à celles d’octobre 2013, grâce aux ventes dynamiques de tracteurs à deux roues motrices. Dans le cas des tracteurs à quatre roues motrices et des moissonneuses batteuses, les ventes ont reculé de 21 %.

Ce résultat est probablement attribuable à deux perspectives de profit différentes. En effet, les marges plus faibles dans le secteur des céréales et des oléagineux ont fait diminuer la demande de gros équipements, tandis que les marges solides dans le secteur de l’élevage et la demande soutenue de tracteurs surfaceurs ont soutenu les ventes d’équipements de moindre puissance.

Vigueur du secteur de la viande rouge
La faiblesse des stocks et la diarrhée épidémique porcine ont été propices à des marges vigoureuses dans le secteur de la viande rouge en 2014. Nous avions prévu que cela entraînerait un taux accru de rétention des génisses cette année.

Cette projection s’est avérée partiellement exacte. Les marges des éleveurs de bovins et de porcs ont été très solides en 2014, mais nous n’avons pas observé d’accroissement du troupeau canadien de bovins. En 2015, nous commencerons peut‑être à constater une hausse du nombre de génisses retenues et de légers accroissements du troupeau de bovins.

Comme toujours, nous nous engageons à formuler des observations et des analyses qui vous aideront à mieux comprendre les répercussions des tendances du marché sur votre rentabilité. Nous vous communiquerons notre palmarès des principales tendances à surveiller en 2015 dans un numéro de janvier de FAC Express. Mais nous pouvons déjà vous faire part de quelques questions qui nous intéressent : Les Canadiens doivent-ils s’attendre à des hausses de taux d’intérêt? Combien de temps les prix des bovins resteront-ils vigoureux? Ne manquez pas de nous lire.

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