Volume 30 Numéro 15 Le 12 avril 2013

Remettre les choses en perspective


Jean-Philippe Boucher

Par Jean-Philippe Boucher
Spécialiste en mise en marché du grain
jpboucher@grainwiz.com


Les derniers rapports qu’a présentés le 28 mars le Département américain de l’Agriculture (USDA) n’ont pas passé inaperçus. Sans entrer dans tous les détails, disons qu’au bas mot ils ont indiqué deux choses très simples : aux États-Unis il y aurait plus de grains de disponibles que prévu d’ici la prochaine récolte. Ensuite, si l’on se fie aux intentions d’ensemencements américains, il ne manquera certainement pas de grains l’an prochain non plus.

C’est donc un retour à l’ordre pénible pour plusieurs qu’aura occasionnés la publication des rapports. La partie n’est bien sûr pas nécessairement perdue pour autant. Rien n’empêche encore que de nombreux imprévus puissent survenir d’ici l’automne prochain. Mais un son de cloche a maintenant bel et bien été entendu. Il semble de plus en plus probable que si rien ne change, les producteurs de grandes cultures devront conjuguer avec de moins bon prix, surtout l’an prochain.

Entre-temps, il faut cependant remettre les choses en perspective. Car la réalité, c’est que malgré les derniers reculs de prix qu’on aura dû encaisser, nous connaissons toujours un contexte de marché très intéressant.

En jetant un coup d’œil au prix moyen à la bourse du maïs depuis 10 ans, comme le révèle le graphique ci-joint, pas besoin d’être un expert pour constater que nous sommes encore à un niveau de prix très élevé. Idem pour le soya.

Pour la prochaine récolte, les prix sont cependant un peu plus décourageants à regarder. Surtout quand on songe aux records qu’on frisait il y a peu de temps. On parle essentiellement d’un écart par rapport au prix actuel de près de 1 $US/boisseau dans le maïs, et de plus de 1,30 $US/boisseau dans le soya. C’est beaucoup !

Mais en prenant du recul et en comparant avec les dix dernières années, on réalise très vite qu’il s’agit en réalité de niveau de prix toujours très intéressant.

Le grand danger en fait, c’est qu’avec des prix qui ne cessent de reculer depuis le début de l’année et les records atteints l’été dernier – qui sont toujours frais dans notre mémoire ­–, on soit tenté de reporter encore et encore certaines décisions de vente. Comme le révèlent les graphiques, des tendances baissières très claires prennent tranquillement forme et se confirment de semaine en semaine.

Tout est une question de stratégie de mise en marché propre à chacun bien sûr. Nous ne sommes pas non plus à l’abri d’imprévus qui pourraient propulser encore à de nouveaux sommets les marchés. Mais, il ne faut pas non plus ignorer ce que nous révèle lui-même le comportement des prix.

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