Volume 32 Numéro 19 Le 5 juin 2015

Remplacer la paille par la biomasse


Photo MDumont

Lilian Schaer

Par Lilian Schaer
AgInnovation Ontario
www.agrifoodprojects.ca


La présente pénurie de paille de blé fait en sorte que les agriculteurs doivent chercher des litières de remplacement pour leur bétail et leurs volailles. Il se peut qu’ils les aient trouvées dans les cultures de biomasse comme le miscanthus et le panic raide.

Initialement prévues comme une production d’énergie alternative ou comme ingrédients dans des plastiques à base de plantes et autres bioproduits, ces cultures sont de plus en plus en demande par les agriculteurs comme litière pour le bétail comme les bovins laitiers ou les bovins de boucheries, les poulets à griller, les moutons ou même pour les cochons en litière profonde.

Environ 2 500 acres de cultures de biomasse sont actuellement cultivés en Ontario, principalement par les membres de la coopérative de l’Ontario Biomass Producers Co-operative (OBPC), laquelle a été mise sur pied, il y a plusieurs années, pour aider à développer la production agricole de biomasse et les marchés de la province.

« Il y a des douzaines d’éleveurs de bétail qui utilisent le miscanthus et le panic raide, et la plupart des membres de la coopérative n’ont plus d’inventaire », indique Jake DeBruyn, ingénieur agricole avec le Ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario (MAAARO). « La litière pourrait être une excellente occasion à court terme pour les producteurs de biomasse. »

Dans quelle mesure la biomasse peut-elle être adéquate comme litière fait actuellement l’objet d’une évaluation sur plusieurs sites pilotes par le biais d’un projet mené par la coopérative à l’aide d’un financement dans le cadre de Cultivons l’avenir 2.

Par exemple, pour les poulets à griller, une litière de paille de blé ou de raboture est utilisée pour les maintenir confortables dans la grange. Une bonne litière aidera à mieux gérer l’humidité dans la grange et assurera le bien-être des pieds, des pattes et de la poitrine de la volaille.

Plusieurs fermes d’élevage de la volaille de chair dans le sud de l’Ontario ont testé l’efficacité avec laquelle le miscanthus accomplit sa tâche par rapport à la paille de blé ou la raboture, et les résultats, jusqu’à présent, sont prometteurs.

« Le miscanthus avait de bonnes performances. Dans les deux granges où nous avons évalué la litière de miscanthus, notre spécialiste de l’aviculture a constaté le bon état de santé de la poitrine et de la pelote digitale », indique DeBruyn.

Un problème qui afflige plusieurs aviculteurs est le ténébrion, un insecte qui consomme les aliments pour animaux et qui détruit les matériaux isolants de la grange entre les cycles de volaille. Les observations initiales en laboratoire suggèrent que le ténébrion n’aime pas le miscanthus, ce qui pourrait être un développement important pour les agriculteurs si les recherches supplémentaires en cours appuient cette découverte.

Marc de Jong élève des poulets à griller dans la région de Jarvis et a entrepris d’expérimenter avec le miscanthus. Bien qu’il n’ait complété qu’un seul essai, le miscanthus a obtenu de bons résultats jusqu’à maintenant; il n’a pas eu à éliminer autant de volailles en raison de problèmes de pattes et a également eu moins de volailles jugées inaptes à la transformation, lorsqu’elles sont prêtes pour le marché.

Les producteurs laitiers font l’essai d’une différente culture de biomasse – le panic raide; ils l’utilisent comme litière et source d’alimentation. Selon la spécialiste laitière du MAAARO, Marlene Paibomesai, les vaches laitières passent généralement entre 16 et 18 heures par jour allongées et à se reposer; il y a un lien direct entre le temps passé au repos et la quantité de lait produite, alors il est important d’avoir une litière sèche et confortable.

À l’heure actuelle, la plupart des producteurs laitiers utilisent de la sciure de bois, des copeaux de bois, de la paille, de la tourbe ou du sable comme options de litière. Dans de nombreux cas, être en mesure de cultiver seulement quelques acres de panic raide vivace pourrait prendre soin des besoins de litière sur les fermes chaque année, les assurerait d’un approvisionnement constant dans l’étable.

Rudy Zubler, un producteur laitier de la région de Ridgetown, est constamment à la recherche d’un approvisionnement en litière fiable adapté pour son troupeau certifié biologique, et comme solution possible, fait l’essai avec le panic raide.

« Le confort de la vache est essentiel lorsqu’il s’agit de biologique. Donc, nous utilisons beaucoup de litière. J’utilise le panic raide et je suis très impressionné », a-t-il déclaré lors d’une présentation à la journée Ag Biomass, tenue à Guelph récemment.

« Le panic raide garde les vaches plus propres et sur une base solide, et fonctionne avec notre statut biologique. Dans l’ensemble, j’ai aimé les résultats finaux », a-t-il ajouté. « Maintenant, mon but est de cultiver par moi-même le panic raide afin que je puisse m’approvisionner avec au moins 50 % de la litière requise sur ma ferme. »

D’autres applications de la biomasse actuelles et futures comprennent le substrat de champignonnière, le paillis et les aliments pour le bétail. Plus d’informations sur la biomasse ontarienne sont disponibles de la coopérative Ontario Biomass Producers Cooperative sur le site Web www.ontariobiomass.com.

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