Éditorial

Rencontre avec Marc Quesnel, président de l’UCFO


En mars dernier, Marc Quesnel a accepté la présidence de l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO) pour un mandat de trois ans

Par Chantal Quirion


On le surnomme souvent M. coopération et pour cause. On aurait tendance à croire que Marc Quesnel est tombé dans la marmite quand il était jeune. Aujourd’hui toutefois, c’est sous l’angle de l’engagement social et politique que nous l’aborderons. En mars dernier, il a accepté la présidence de l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO) pour un mandat de trois ans. Il avait joint l’organisation l’année précédente s’étant donné comme objectif d’observer le fonctionnement à l’interne et de s’imprégner des dossiers en cours pour commencer.

« Je n’avais pas de poste au sein de l’exécutif et ce n’était pas mon intention de devenir président un jour », affirme le nouveau président qui est aussi fort occupé comme producteur laitier à Moose Creek dans l’Est ontarien.  Copropriétaire d’une ferme laitière et de grandes cultures avec son épouse Ginette ainsi que trois de leurs cinq enfants,  Pascal, Valérie et Joël, il mène de front un projet d’expansion majeur, le quotidien à la ferme avec trois traites par jour et participe régulièrement à diverses formations en famille pour maximiser le travail d’équipe, la communication et la préparation au transfert de ferme. Les deux cadets, Francis et Carine viennent souvent donner un coup de main à la ferme. Dans ce tourbillon d’action, Marc Quesnel donne toutefois l’impression d’un calme absolu. Calme certes, mais lorsqu’on lui a proposé de se présenter à la présidence de l’UCFO, il a quand même jonglé pour la peine.

« Il faut dire que j’ai été surpris quand on m’a demandé et j’ai pris une semaine pour y penser et en parler avec Ginette et la famille, car c’est un engagement sérieux. Après avoir eu leur accord et su qu’ils me supporteraient là-dedans, j’ai dit ok. »

Marc Quesnel, succède à Marc Laflèche qui a occupé ce poste pendant les neuf dernières années, soit pendant trois mandats consécutifs, période maximale selon la chartre de l’UCFO. Il laissait donc une grande place à combler.

« On ne peut jamais chausser les souliers de son prédécesseur. Il me faudra forger les miens », commente Marc Quesnel avec philosophie.

Le nouveau président souhaite apporter sa contribution au meilleur de ses connaissances.

«  Sur un bureau de direction, chacun amène son bagage et c’est ça qui donne la couleur à l’organisme »

Du point de vue personnel, c’est aussi stimulant, confie-t-il.

« C’est un défi personnel.  Dans chaque organisme où j’ai embarqué sur le comité de direction, il y a toujours eu une certaine satisfaction personnelle. On va toujours chercher de la formation et de l’information  pour nous faire grandir. C’est gratifiant. »

L’UCFO, croit-il, lui permettra non seulement d’avoir le plaisir de travailler avec d’autres agriculteurs, mais aussi de s’impliquer davantage sur des dossiers de nature politique, une autre facette qui lui plaît bien de son nouveau rôle.

« Avant j’étais plus dans le coopératif. »

Et tout cela doit se faire dans la bonne humeur. Pour lui, les échanges doivent être plaisants et stimulants.

«  Moi il faut que ça bouge, que ça avance. Il faut d’abord que je maîtrise le dossier pour ensuite trouver des solutions, des innovations. Parfois en conseil, il me vient une idée et je le vais le dire juste pour faire réfléchir et…souvent… avec humour. En vieillissant, on devient un peu philosophe », dit-il en se moquant de lui-même.

Au départ, la création de la Ferme d’éducation et de recherche du campus d’Alfred (FERCA) et la mobilisation autour du maintien du campus d’Alfred pour l’éducation agricole en français, soit deux dossiers où l’UCFO a joué un rôle de premier plan, l’ont incité à joindre les rangs. Il compte s’y investir beaucoup. D’ailleurs il a horreur de « faire la plante verte », c’est-à-dire, dans ses mots, occuper un poste simplement par parure. Parmi ses objectifs à titre de président de l’UCFO, Marc Quesnel s’est fixé la promotion de l’organisme.

« Je veux faire découvrir l’Union aux membres.  Avant de me joindre,  je ne la connaissais pas vraiment et je ne savais pas toute son importance.  Souvent les dossiers qui sont politiques, qui relèvent de consultations avec les gouvernements, quels que soit le palier, comme membre on ne le voit pas nécessairement. »

En fait, c’est la FERCA qui lui a fait réaliser que l’UCFO avait sa place. Il veut maintenant déployer les forces. 

« On va essayer d’être un peu plus à la grandeur de l’Ontario et on va essayer de se promener Simon et moi. C’est un gros dossier et ça demande beaucoup de temps. Quand il y aura des événements, on va assister comme cela a toujours été fait. On va continuer à mettre de l’énergie », dit-il en parlant notamment du directeur général Simon Durand. Il salue par ailleurs le travail acharné de ses prédécesseurs.

« L’UCFO c’est pas jeune et si c’est toujours là c’est parce que c’est bien fait.

Expérience coopérative                                  

Marc Quesnel a assuré la fonction de président d’AgriEst  jusqu’à la fusion avec la Coop Unifrontières en 2017. Il avait réintégré ce poste en 2013.

Il en avait d’abord été président de 2001  à 2010. On le retrouve ensuite à la vice-présidence, parce qu’il a décidé de déléguer certaines responsabilités pour en assumer de nouvelles comme administrateur au sein de la Coop fédérée. Il y restera de 2009 à 2015 pour représenter sa région. Auparavant, il avait siégé six ans sur le conseil de la Coopérative de Saint-Albert avant qu’elle ne soit fusionnée à deux autres coopératives pour devenir AgriEst. Il s’est aussi familiarisé avec le style de gestion anglophone qui est un peu différent à son avis, au sein de la coopérative Agri-West. Somme toute, son parcours est marqué par la coopération, sans parler des expéditions qu’il fait à l’étranger pour apporter son aide à des fermiers membres de petites coopératives.

 

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