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Rencontrez André Rollin de Navan, champion de labour avec chevaux sur sulky

Par Julie Lavallée, collaboration spéciale
info.agricom@atreide.net


Malgré que monsieur Rollin possède plusieurs chevaux, le labour reste l’affaire de Dorothy, une jument de 20 ans (à gauche) et son poulain de 4 ans, Star. Les Belges sont d’ailleurs la race de chevaux la plus fréquemment utilisée dans les concours de labo

Portrait d’un champion laboureur

L’Expo rurale 2001 qui s’est déroulée à Navan en septembre dernier a accueilli le Concours international de labour 2001 auquel prenaient part plusieurs centaines de concurrents selon différentes catégories. Parmi eux, monsieur André Rollin de Navan en banlieue d’Ottawa, a remporté la première position à la compétition de labour avec chevaux sur sulky.

Ce n’était pas la première fois qu’André Rollin participait à un concours international de labour. En effet, depuis 1993, il consacre une semaine entière par année à cette compétition qui se déroule un peu partout en Ontario. Il a d’ailleurs raflé plusieurs premiers prix dans les dernières années.

Le labour avec sulky
Les concours internationaux de labour accueillent annuellement les laboureurs avec chevaux selon trois grandes catégories. De celles-ci, André fait partie de la compétition sur sulky qui rassemblait cette année 18 compétiteurs. Cette sorte de charrue s’installe à l’arrière de deux chevaux et a pour particularité que le conducteur soit assis directement sur la charrue. Ce dernier doit contrôler les chevaux et, dans un même temps, diriger la lame de sa charrue.

Un autre compétiteur francophone de l’Est ontarien s’est aussi distingué, mais à la charrue à manchons. Gabriel Lecavalier de Clarence Creek s’est en effet mérité la première place dans cette catégorie au même championnat que M. Rollin.
Chaque participant se voit attitré quotidiennement un lopin de terre de 25 par 125 pieds où il doit faire une performance jugée sur 200 points. Pendant quatre jours, les compétiteurs recommencent la même chose et le gagnant de la compétition sera celui qui aura cumulé le plus de points pour ses quatre essais. «Une journée tu es le premier, l’autre tu es troisième, on ne sait donc jamais qui va gagner avant la remise de prix. En plus, les parcelles de terre qui nous sont réservées sont de qualité très différente les unes des autres. Des fois, on est plus ou moins chanceux et ça affecte beaucoup les résultats de l’essai», explique M. Rollin.

Pour ce laboureur passionné, la principale nécessité pour gagner, c’est d’avoir des chevaux calmes et obéissants. En effet, le moindre faux mouvement des chevaux peut entraîner de grande répercussion sur la note obtenue.

Mais pour devenir un bon laboureur, il faut aussi des années de pratique et d’expérience. «En participant aux compétitions, on comprend de plus en plus ce que le juge désire. Surtout, il faut que ça soit aussi droit qu’une flèche !», ajoute-t-il.

Au départ, la passion des chevaux
Cet entrepreneur en construction résidentielle a toujours été passionné par les chevaux. Son épouse et lui possèdent une dizaine de bêtes qu’ils utilisent à plusieurs fins, notamment dans le cadre de festivals, d’expositions et de parades dans la région.

C’est d’ailleurs seulement pour tenter l’expérience que M. Rollin commença à pratiquer le labour. «J’ai commencé à faire du labour avec des amis qui s’adonnaient à ce genre d’activité», indique-t-il. De fil en aiguille, les compétitions ont commencé à l’intéresser de plus en plus. C’est ainsi qu’il participa à sa première compétition de niveau international en 1993. Et depuis, il est au rendez-vous bon an mal an pour défendre son titre ou tout simplement pour rencontrer les amis.

Du soutien familial
«C’est mon parrain, René Savage qui a été mon professeur au début. Lorsque j’attelais les chevaux, il venait me rejoindre et me donner des conseils sur les choses à modifier et les techniques à utiliser. Il était strict, quand ce n’était pas correct, il me disait de recommencer», se rappelle André Rollin.
Outre son parrain et son père qui l’ont beaucoup encouragé dans ces activités, sa femme Susanne et sa fille, Anne-Marie, ont participé à sa réussite. Susanne accompagne son mari dans ses compétitions et particulièrement la compétition internationale qui dure une semaine et se déroule souvent à plusieurs heures de route de la maison.

«Quand elle était plus jeune, Anne-Marie venait aussi avec nous et elle me suivait dans les sillons en me mentionnant mes défauts et mes bons coups. Elle jouait même à l’espionne en allant voir les résultats des autres compétiteurs», ajoute André, en souriant.
Un passe-temps qui n’en exige pas trop !

Pour lui, labourer avec ses chevaux est un hobby exceptionnel. Possédant les animaux et les charrues, il ne lui reste maintenant qu’à prendre le temps d’atteler ses chevaux pour pratiquer. D’ailleurs les 10 jours précédents une compétition, André s’active à sortir ses chevaux pour se préparer. «Mais ce n’est pas un hobby qui demande beaucoup de temps, parce que la période des compétitions ne dure qu’un mois et demi soit de la mi-août à la fin de septembre», soutient-il.

Pour cette année, le labour est terminé, mais André Rollin avoue avoir encore beaucoup d’années de compétitions devant lui. D’ailleurs, il ira défendre son titre au concours international 2002 qui se tiendra près de London, dans le Sud-Ouest ontarien. Et dans deux ans, il prévoit bien faire partie de la compétition, lorsque le concours international reviendra dans la région.
 

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