Volume 31 Numéro 01 Le 30 août 2013

Réticence au passage d’un pipeline sur des terres agricoles


Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
redaction@journalagricom.ca


Les citoyens de l’Est ontarien se déplaceront en masse aux consultations publiques prévues par la compagnie énergétique TransCanada, en septembre. C’est que plusieurs municipalités ontariennes en bordure de la frontière québécoise se trouvent sur le tracé prévu pour la construction d’un nouveau pipeline qui servira à transporter du pétrole brut.

Les porte-paroles de la nationale TransCanada ont confirmé au début du mois d’août le tracé prévu pour l’oléoduc Énergie Est de 4500 km qui acheminera 1,1 million de barils de pétrole brut par jour.

Le projet Énergie Est prévoit la construction de plusieurs nouveaux pipelines et l’utilisation d’une ligne déjà existante pour relier l’Alberta et la Saskatchewan aux raffineries de l’Est du Canada.

Le porte-parole de TransCanada, Philippe Cannon, a confirmé que plusieurs terres agricoles sont visées par la compagnie, mais ce dernier n’a pu confirmer de combien il s’agissait puisque le « tracé est en constants changements ».

En Ontario, plusieurs producteurs agricoles entre Iroquois, à l’est de Cornwall, et le Québec devront prendre leur mal en patience pendant la construction du nouveau pipeline, qui ne devrait pas prendre plus d’une saison de cultures, a indiqué M. Cannon.

Par ailleurs, celui-ci a indiqué qu’une bonne partie de l’Ontario sera épargnée grâce à la conversion d’une ligne du gazoduc existant. « L’avantage du projet Énergie Est, c’est que c’est un projet de 4 400 km, dont 3 000 sont déjà dans le sol puisque c’était jadis un gazoduc qui faisait partie de notre ligne principale de 5 à 6 tuyaux servant à transporter du gaz naturel. Comme il y a sous-utilisation, l’une de ces lignes sera convertie pour transporter du pétrole. »

Réticence des agriculteurs
Agricom a appris que les propriétaires fonciers visés par le tracé auraient déjà été approchés par la compagnie. C’est le cas de Bertrand et Micheline Villeneuve de la ferme laitière 3V, à St-Eugène. Si le trajet initial est conservé tel quel, le pipeline passerait sur trois de leurs terres agricoles, sur une longueur totale de trois kilomètres.

Or, les deux agriculteurs ne sont pas tout à fait d’accord avec le plan proposé. Selon le tracé initial, le pipeline passerait à l’ouest de leurs terrains, alors que l’idéal pour eux serait qu’il passe à l’est.

« Si le pipeline est bâti [à l’endroit proposé par TransCanada], on ne pourra pas bâtir, ni faire passer un chemin, ou même faire des modifications au drainage », craint le producteur agricole.

En entrevue avec Agricom, M Villeneuve s’est dit cependant soulagé de voir que la compagnie semblait démontrer une ouverture aux changements.

« On demande qu’ils suivent l’autre pipeline pour ne pas avoir un pipeline de chaque côté de nos terres. Ils n’ont pas dit non puisque c’était encore à l’étude et que ce n’était pas coulé dans le ciment », a-t-il confié.

L’agriculteur ne manquera pas de se présenter à l’une des audiences publiques prévues en septembre pour manifester ses craintes et tenter de convaincre la compagnie de modifier son trajet pour accommoder les propriétaires fonciers.

« On va essayer de mettre de la pression, a indiqué Bertrand Villeneuve. Ma plus grande préoccupation est le trajet. Il me semble qu’on aurait le droit de leur dire où passer [sur nos terres]. »

Ce dernier a affirmé que les possibles dommages environnementaux ne l’inquiètent pas outre mesure, ni même le montant de la compensation que leur offrira la compagnie pour les pertes de revenus encourues pendant la construction de l’oléoduc – qui, aux dires de propriétaires fonciers où passe le gazoduc, serait très généreuse.

Le tracé proposé sera déposé à l’Office national de l’énergie afin que celui-ci tienne à son tour des audiences publiques avant de donner le feu vert pour la construction. Cela prendra entre 18 et 24 mois avant que le permis de construction soit livré, ce qui laisse croire que la construction du nouveau pipeline ne débutera pas avant 2016. La fin des travaux jusqu’aux raffineries du Québec est prévue pour la fin 2017, tandis que le projet sera complété jusqu’au Nouveau-Brunswick en 2018.

Oléoduc – dates des réunions publiques

4 septembre, 2013, 16h – 20h – Centre Communautaire de Martintown, 4850, chemin de Comté 20, Martintown (b)
5 septembre, 2013, 16h – 20h – Centre communautaire de Chute-à-Blondeau, 2005, rue Principale, Chute-à-Blondeau (b)
10 septembre 2013, 16h – 20h – Centre de conférence de Morrisburg, 12580, chemin de Comté 2, Morrisburg (b)
11 septembre, 2013, 16h – 20h – Bibliothèque publique de Deep River, 55, chemin Ridge, Deep River (b)
12 septembre 2013, 16h – 20h – Club Germania de Pembroke, 15, rue Bennett, Pembroke (b)
16 septembre 2013, 16h – 20h – Motel Super Eight, 240, promenade Lakeview, Kenora (a)
17 septembre 2013, 16h – 20h – Club Lions de Vermilion Bay, 76, rue Spruce, Vermilion Bay (a)
18 septembre 2013, 16h – 20h – Centre regional de formation et de culture de Dryden (The Centre), 100, avenue Casimir, Dryden (a)
19 septembre, 2013, 16h – 20h – Northwoods Motor Inn, chemin Humphrey & route 17 Est, Ignace (a)
24 septembre, 2013, 16h – 20h – Auditorium Communautaire de Thunder Bay, 1, promenade Paul Shaffer, Thunder Bay (a)
25 septembre 2013, 16h – 20h – Centre communautaire de Nipigon, 138, promenade Wadsworth, Nipigon (a)
26 septembre, 2013, 16h – 20h – Centre communautaire de Geraldton, 200, avenue Wardrope, Geraldton (b)
2 octobre, 2013, 16h – 20h – Centre communautaire de North Grenville, 285, chemin de Comté 44, Kemptville (b)
3 octobre 2013, 16h – 20h – Centre Communautaire de Horton, 1005, chemin Castleford, Horton (b)
10 octobre, 2013, 16h – 20h – Centre communautaire Johnny Leroux, 10, voie Warner-Colpitts, Stittsville (b)

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