Volume 26 Numéro 15 Le 1er avril 2009

Rien ne va plus en récupération de carcasses en Ontario

Par Pierre-Alain Blais, rédacteur en chef


Compostage de carcasses en andain bien recouvert au champ. Photo MAAARO.

La crise de la vache folle continue de hanter les agriculteurs, même après 7 ans. C’est au tour de la récupération des carcasses des gros bovins à subir le coup.

Comme l’apprenait Agricom, il y a quelques semaines, les entreprises de récupération d’animaux de ferme morts exigent maintenant des frais beaucoup plus élevés. La subvention provinciale, qui devait permettre une transition en douceur, a pris fin abruptement.

L’entreprise de récupération qui domine le paysage de l’Est ontarien depuis des décennies, Machabee Animal Food Inc. de St-Albert, a demandé à ses clients des frais de récupération haussés jusqu’à 175$ par carcasse ? ce qui a depuis été ramené à 125$, ce qui a virtuellement doublé le prix exigé quand la subvention provinciale contribuait à la facture.

Il n’y a pratiquement plus de débouchés pour les gros bovins de plus de trente mois. L’obligation de se débarrasser des matières à risque spécifié (MRS) ? essentiellement le cerveau et la moelle épinière ? de façon à éviter le retour des prions infectieux dans la chaîne alimentaire, fait en sorte qu’on ne peut plus en faire de la nourriture pour animaux de compagnie, ou des concentrés à haut pourcentage de protéines comme avant. Même le cuir ne trouve plus preneur.

Le ramasseur dit n’avoir plus d’autres choix que d’envoyer ces carcasses dans un site d’enfouissement comme celui de Laflèche Environmental à Moose Creek, ou encore les expédier à l’extérieur de la province pour les faire enterrer dans un site approuvé par les autorités fédérales.

Des alternatives au ramassage
Que peut donc faire avec les carcasses, car il y en a quand même encore quelques vaches qui décèdent sur les fermes laitières’

Il n’y aurait pas de solutions de remplacement faciles au problème. La hausse brutale des frais de récupération en a choqué plus d’un, et plusieurs ont cherché d’autres manières de se débarrasser de ces grosses carcasses.

Les agriculteurs, en vertu de la réglementation provinciale actuelle, peuvent utiliser le moyen du compostage à la ferme. Aussi surprenant que cela paraisse, des cadavres recouverts d’une épaisse couche de matière organique vont se mettre à chauffer et après un certain temps, se transformer en compost.

Mais c’est plus facile à faire pour de petites bêtes comme des veaux ou des moutons, ont confié des producteurs à Agricom.

Où peut-on appliquer légalement ce compost, quand le processus de digestion aérobie se sera terminé? Apparemment, comme tout fumier, dans les champs de culture, même s’il s’agit de vaches de plus de trente mois. Par contre, les règlements changent si la grosses carcasse est sortie de la ferme. Par exemple, chez Laflèche Environnemental, on ne peut pas remettre ce compost d’animaux morts aux horticulteurs.

Bien que l’information existent sous forme de fiches techniques depuis déjà quelque temps, peu d’agriculteurs sont familiers avec les techniques. Et encore moins ont les infrastructures requises pour effectuer le compostage de gros animaux de façon sécuritaire, sans attirer des hordes de coyotes menaçants ou de chiens errants.

Chose certaine, on ne peut pas laisser traîner ces carcasses sur le terrain, en attendant qu’une solution permanente soit trouvée, comme le mentionnait le directeur général de l’Union des cultivateurs franco-ontariens, Simon Durand, dans le dernier numéro d’Agricom.

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