Volume 37 Numéro 12 - Le 10 juillet 2020

Rocky Ridge Bison : quand l’appétit va, tout va !


Karina Pickell et Simon Cloutier. Photo : Gracieuseté Simon Cloutier, Rocky Ridge Bison


Par : Roxanne Lormand

Simon Cloutier, jeune éleveur du nord de l’Ontario, se débrouille bien avec son entreprise Rocky Ridge Bison. De la municipalité de Beauchamp, ses bisons sont situés à huit kilomètres à l’ouest d’Earlton, une région très forte sur l’agriculture. Cela fera trois ans au mois de décembre que le jeune homme s’est lancé dans ce projet. Rencontre avec l’éleveur pour un portrait de sa situation et l’impact de la COVID-19 sur sa production.

L’élevage se fait sur une superficie de 40 acres. Simon Cloutier explique sa situation : « Je suis rendu avec 75 bisons et avec des veaux. Je n’ai pas vraiment la capacité de dépasser 80 animaux en ce moment. Ça a pris trois ans pour en arriver là… » Simon espérait en se lançant en affaires au début, avoir environ 200 bêtes a-t-il confié en riant. Il s’est vite rendu compte que cela n’était pas réalisable pour l’instant et exigeait beaucoup de travail déjà avec 75 animaux.

Le troupeau compte 75 animaux aujourd’hui. Cela aura pris moins de trois ans à Simon Cloutier pour arriver à ce nombre. Photo : Gracieuseté Simon Cloutier, Rocky Ridge Bison

Tranquillement aussi, l’éleveur qui achète ses animaux jusqu’ici, commence à avoir des veaux. Une belle expérience qu’il veut renouveler. Le premier veau est né l’an passé tard en décembre juste avant une tempête de neige, ce qui n’était pas l’idéal évidement, mais il se porte très bien. D’autres sont nés ce printemps. Éventuellement, il aimerait garder des femelles et des veaux séparés des bœufs pour en avoir plus.

Les débuts d’une entreprise d’élevage tel que Rocky Ridge Bison ne sont pas toujours faciles. « J’anticipe cette année que ce sera mon année la plus rentable, car je crois vraiment que ce sera l’année que je vais en vendre autant que je vais en racheter. Pour être honnête en ce moment, je n’ai pas fait d’argent encore, car je rachetais des animaux et des équipements comme des clôtures, etc. » éclairci Simon.

L’an dernier, il a eu la chance de remporter une des bourses projet d’entreprise d’une valeur de 6000 $ du Fonds de la relève agricole franco-ontarienne grâce au partenariat qui subsiste depuis 2006 entre l’Union des cultivateurs franco-ontariens et la Fondation franco-ontarienne. (Les candidatures sont d’ailleurs acceptées jusqu’au 15 août cette année : voir les détails en page 5.) Cette aide financière lui a permis de bâtir un nouvel « enclos d’hiver » (winter pen). Il a commencé l’automne passé dans la neige et lors de notre entrevue il venait à peine de terminer quelques jours auparavant. « J’ai ajouté un port [enclos] de 10 acres avec un bol à eau d’hiver. Je suis très content, car les bisons sont dedans comme c’est là. » soutient l’éleveur qui reconnaît que cette aide financière était appréciée. 

Le premier veau de la saison au sein du troupeau de Simon Cloutier.
Photo : Gracieuseté Simon Coutier, Rocky Ridge Bison

Le marché

« La plus grosse difficulté avec mes bisons, c’est que je dois faire plus de marketing que n’importe quels autres animaux, je dois trouver mon client ; c’est un marché niche. »  Simon Cloutier n’avait pas réalisé que puisque la viande de bison est un petit marché, les clients ne viennent pas directement à lui. Lorsque les bisons sont prêts, c’est lui souvent qui doit trouver des acheteurs pour le moment. « Je dois donc travailler plus fort à vendre mon produit comparé au bœuf ou au porc par exemple. »

Par année, l’éleveur en vend une vingtaine et en élève environ 35 à forfait, c’est d’ailleurs comme cela qu’il a commencé son élevage. L’an dernier, il a réussi à vendre la valeur de trois animaux localement. Le but original était d’en vendre 10 localement, mais ce n’est pas encore atteint. Le reste est vendu et exporté vers Sudbury et Toronto, soit à des particuliers ou à des restaurants. Il vend aussi à d’autres commerces et boucheries et est en train d’en rechercher d’autres qui accepteraient ses produits.

« Mon plus gros problème c’est depuis que la Covid a commencé […] pour l’année 2020 j’avais 18 bisons à abattre et il y en a encore qui sont encore vivants et prêts. […] J’ai de la difficulté à trouver des nouveaux clients, car les gens sont en pause. Je dois attendre que les restaurants ouvrent, car c’est eux autres qui passent du stock. J’ai bien hâte que les restaurants ouvrent. »

Dans le Nord, n’ayant pas eu trop de cas de COVID-19, le marché local de New Liskeard, Riverside Farmers’ Market est ouvert cette année avec des normes de sécurité sanitaire, ce qui permet à Simon Cloutier et sa fiancée Karina Pickell de vendre directement aux clients autrement que par la ferme. L’an dernier, ils avaient aussi fait un autre marché et espéraient en faire deux cette année, mais pour l’instant, seulement celui de New Liskeard est ouvert.

À venir

Le plan d’action futur de Simon et Karina serait de pouvoir rester dans la vente en gros et vendre des carcasses au travers de boucheries qui elles pourraient s’occuper de vendre directement aux clients.  

Simon Cloutier aimerait aussi essayer de faire pousser du blé d’automne avec des cultures couvre-sol pour ainsi obtenir des récoltes doubles dans la même année. Il envisage aussi d’expérimenter avec le maïs d’ensilage pour faire baisser ses coûts de fourrage. Pour l’instant Rocky Ridge Bison poursuit son élevage et ses ventes au mieux, mais avec la COVID-19 « les plans futurs restent flexibles » termine Simon.

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