Volume 28 Numéro 15 Le 6 avril 2011

SDG: couvert forestier à la baisse

Par Jean-Claude havard, Boisés Est
info.agricom@lavoieagricole.ca


Lors d’un forum tenu à Avonmore le 24 février, plusieurs représentants du monde forestier de l’Est de l’Ontario ont documenté et analysé le recul des terres boisées dans les comtés de Stormont, Dundas et Glengarry (SDG), et les causes de ce recul. Le taux de couvert forestier dans SDG semble être de l’ordre de 28%, ce qui est déjà au-dessous des 30 % minimum recommandés par Environnement Canada.

Jim Hendry, coordinateur du Conseil d’intendance environnementale de SDG et l’un des organisateurs du forum, soulignait avec optimisme que les pertes importantes de couvert forestier subies dans les années 1800 avaient été suivies, de 1900 à 1980-1990, par une vigoureuse récupération : de 20 % en 1900, le couvert forestier était remonté à 32 %.  Mais la disparition des grands programmes de reboisement de la province, la fermeture de Domtar et la conversion de boisés en terres agricoles ou en terrains à bâtir menacent à nouveau le couvert forestier.  Et les chiffres ne tiennent même pas compte du morcellement, qui remet sérieusement en cause la biodiversité et la viabilité des boisés résiduels.

Les conférenciers ont rappelé l’importance de la forêt pour l’équilibre et l’avenir de notre société (qualité de l’air et de l’eau, biodiversité, etc.), de même que les programmes gouvernementaux existants : programme d’encouragement fiscal pour les forêts aménagées (PEFFA), programme des 50 millions d’arbres de Trees Ontario, etc. Ils ont aussi souligné le rôle critique que joue la forêt pour la productivité à long terme de l’agriculture et la santé économique de nos collectivités rurales (les emplois, en particulier).

Au chapitre des solutions, le plus difficile mais celui qui nous intéresse le plus, les conférenciers et divers intervenants semblaient d’accord pour privilégier la sensibilisation plutôt que la législation. Les règlements municipaux visant à restreindre les coupes d’arbres peuvent jouer un rôle mais ils n’auraient, paraît-il, pas l’effet voulu s’ils ne bénéficient pas de l’appui global de la population. C’est aussi vrai d’une planification plus stricte de l’aménagement du territoire.

Le maintien du PEFFA et des plans environnementaux offerts aux agriculteurs  représentent un élément clé de toute stratégie visant à protéger et enrichir les surfaces boisées. Il ne faut pas non plus négliger le renforcement des programmes de reboisement et l’appui aux organismes qui livrent information et services aux propriétaires privés et aux utilisateurs de la forêt, à commencer par les associations de propriétaires.

Même si la plupart des intervenants étaient d’avis que la survie et la prospérité de nos boisés ne peuvent être laissées aux seules forces du marché, ils convenaient qu’en parallèle aux encouragements, à l’éducation et à la législation, il faut envisager une valorisation marchande de la forêt. Les crédits de carbone pourraient y contribuer, mais les gouvernements nord-américains ne semblent pas disposés à lancer dans un prochain avenir une véritable bourse du carbone sur le modèle européen.  

Restent les initiatives visant à promouvoir une économie locale basée sur la forêt. Reste aussi le développement d’un nouveau concept, celui de biens et services environnementaux pour lesquels les propriétaires de boisé seraient rémunérés par ceux qui en bénéficient, c’est-à-dire l’ensemble de la population, puisque les bienfaits d’un boisé dépassent largement les limites du terrain. Optimiste ? Peut-être, mais probablement réalisable à moyen terme si l’on s’attelle immédiatement à la tâche.

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