Volume 34 Numéro 04 Le 07 octobre 2016

Semaine de la coopération 2016

Par Chantal Quirion


Du 16 au 22 octobre, la coopération est à l’honneur partout au Canada. En Ontario, on compte environ 1 300 coopératives dans différentes sphères d’activité. Les agriculteurs peuvent toutefois se vanter d’avoir compté au nombre des pionniers dans la province il y a près de 150 ans.

Toujours aussi convaincue par ce modèle d’affaires, la présidente de la Fromagerie St-Albert, Ginette Quesnel, assure que la structure coopérative a toujours sa place en 2016. Avec ses trente-deux membres, la coopérative fondée en 1894 a prouvé à plus d’un égard qu’elle est partie prenante de sa communauté. Même après une tragédie aussi éprouvante que l’incendie de 2013 qui a complètement rasé ses installations, l’institution a pris la forme du Phénix pour offrir l’image flamboyante de la résilience. Aujourd’hui, ses installations ultramodernes en font une entreprise capable de se positionner sur le marché national. Avant l’incendie, la Fromagerie avait la capacité de transformer 30 millions de litres de lait par année, quantité qui s’élève aujourd’hui à 100 millions de litres.

« Je pense encore que l’union fait la force. On le tient parfois pour acquis et on ne s’arrête pas pour toujours pour y penser, mais dans une coopérative on a un mot à dire.  On est écouté. Et comme membre, s’impliquer c’est une bonne école. Les choses qu’on apprend là nous sont utiles partout. Plusieurs disent que recevoir des ristournes est le plus grand avantage mai moi je dis, pas nécessairement.  Tant mieux s’il y a des profits, mais il y a beaucoup d’autres avantages. » Forte de ses 122 années d’existence, la Fromagerie St-Albert prêche par l’exemple étant elle-même membre de la Coop fédérée, cliente du mouvement des Caisses populaires Desjardins et assurée par Le Groupe Co-operators limitée.

D’ailleurs, Co-operators est une coopérative canadienne de premier plan dans le domaine de l’assurance multiproduit et des services financiers dont les actifs sous administration s’élèvent à 39,9 milliards de dollars.

Ils sont nombreux les exemples de réussite au sein du monde coopératif agricole. Que l’on pense à la CUMA dans l’Est ontarien (Coopérative d’utilisation de machinerie agricole) qui permet à ses 42 membres de faires des économies substantielles sur les frais d’exploitation ou à plus grande échelle à la Coopérative agricole d’Embrun dont les projets d’expansion ont marqué les dernières années. La Coop AgriEst se remet fort bien pour sa part de ses années sombres et illustre parfaitement la détermination de la collectivité à vouloir avoir accès aux décisions. Dans le Nord, les projets comme la coopérative Mangeons local Sudbury / Eat local Sudbury démontre comment de tels projets sont mobilisateurs. Dans le Nord aussi, La Co-opérative Régionale de Nipissing-Sudbury a procédé à d’importants investissements pour accroître sa capacité d’entreposage, tant du grain que du carburant. Les sites de Verner et du Témiskaming ont tous deux profité de ces initiatives.

Peu avant, la coopérative agricole Agris avait elle aussi augmenté sa capacité de stockage des grains à sa succursale de Thamesville avec la construction de quatre nouveaux silos, faisant passer le volume d’entreposage du site à 700 000 boisseaux de grains.

Il ne faudrait pas non plus oublier l’important fabricant de fromages artisanaux Gay Lea Foods dont la croissance se poursuit avec entre autres, l’acquisition récente de la coopérative Black River Cheese Company avec l’intention de renforcer sa présence sur le marché canadien du fromage. Avec plus de 1200 producteurs, ce qui représente environ le quart des exploitants de fermes laitières de l’Ontario, Gay Lea Foods donne la pleine mesure de la force de la coopération.

Résumer les exploits de toutes les coopératives en Ontario dans ces quelques lignes relève de l’impossible. Mentionnons néanmoins qu’en dehors du secteur financier, les cinq coopératives ontariennes en tête de liste du palmarès pour leur taille et leur solidité sont Gay Lea Foods Co-operative Ltd., Hensall District Co-operative Ltd,  Progressive Pork Producers Co-op, Sincere Trading of K.B.A. Co-operative Ltd. et Integrated Grain Processors Co-operative.

Selon les chiffres de l’Ontario Co-operative Association, le secteur coopératif contribue pour près de 6 milliards de dollars annuellement à l’économie ontarienne et génère 57 000 emplois à temps complets.

Aujourd’hui, le mouvement coopératif est réparti à raison de 45 % dans le secteur de l’habitation, 17 % dans les agences de soins pour les enfants et 17% dans les services financiers, principalement. Les secteurs qui connaissent la croissance la plus rapide sont ceux de l’alimentation locale et de la production biologique ainsi que des énergies renouvelables. La pointe du diagramme correspondant à l’agriculture représente environ 10 %, quoique le secteur est qualifié de moteur pour la vitalité de la coopération.

La Semaine de la coopération est pour les membres des coopératives une occasion de célébrer le fait qu’ils ont collectivement aidé à bâtir le pays. Les francophones ont par ailleurs la chance d’avoir leur propre organisme pour les appuyer dans ce mouvement avec le Conseil de coopération de l’Ontario, créé en 1964.

Grâce à un investissement financier du gouvernement et à un investissement en nature du mouvement des caisses populaires, le CCO maintient le cap et se hisse au sommet du secteur communautaire franco-ontarien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *