Le 21 août 2002

Série «La bonne bouffe chez nous » Cuisiner à la maison avec des produits frais d’Anne Cadotte : C’est bon, bon, bon !

Par Lise-Anne Pilon-Delorme, collaboration spéciale


Mme Anne Cadotte en compagnie de Palmylia Philippon, une cliente régulière, au Marché By (étal no 36).

Ce matin, c’est mon jour de marché. Alors je vous invite à me suivre à Ottawa au Marché By. J’ai rendez-vous à l’étal no 36 avec madame Anne Cadotte, copropriétaire de la ferme ADC Fines Herbes. Elle m’attend impatiemment? je l’espère car elle s’est levée avec le soleil pour offrir les produits tout frais de son potager.

Marché By, Ottawa. Il est neuf heures trente, la clientèle fourmille déjà devant les étalages tous aussi invitant les uns que les autres. C’est la pleine saison des fruits et des légumes et les producteurs nous en mettent plein la vue ! Quelle variété ! Quelle fraîcheur ! Quels délices pour les yeux et l’estomac ! Je vous promets une petite recette toute simple à la fin de cette entrevue.
Anne me reconnaît tout de suite car nos enfants sont des amis de longue date et je ne rate jamais la chance d’aller la saluer au marché.

? Bonjour madame. Qu’est ce que vous me proposez ce matin’

Elle est affairée à entasser des petits haricots jaunes ou verts dans des contenants, elle n’a pas le temps de répliquer qu’une autre cliente arrive et lui demande des fleurs de capucines.

? Les préférez-vous épicées ou bien’

? Celles-ci feront l’affaire, dit la cliente. Madame Cadotte emballe le tout délicatement, on lui paie quelques dollars et une autre arrive.

? Ce sera des tomates, s’il vous plaît.

La ferme ADC produit une variété de tomates qui ne contient pas d’acide. Elles sont très recherchées par certains dont l’acidité dérange la santé ou simplement pour leur goût. La clientèle réclame aussi des tomates cultivées en champ et non celles produites en serres.

Toute la journée de marché de Mme Cadotte se passe ainsi. Un va-et-vient achalandé où la bonne humeur règne.

De mon côté, faire mon marché chez les producteurs, c’est comme une journée de vacances. Anne Cadotte adore le contact avec les gens : cela la fait vibrer et ça se voit. Pas étonnant que cette petite bonne femme aux yeux pétillants soit si charmante. Arrivée de Provence avec ses parents à l’âge de treize ans, ils s’installent au Québec.

En 1963, Anne Cadotte entreprend des études en médecine avec option nutrition à Montréal. C’est probablement là qu’elle a rencontré Gilles, son conjoint, qui depuis sa retraite en enseignement s’occupe aussi de la ferme.

Anne Cadotte avec tout son savoir aurait bien pu se lancer dans la consultation médicale mais elle désire élever ses 4 enfants à la maison. Pas question de les envoyer en garderie. La ferme est donc une option idéale.

C’est en 1978 que les Cadotte achètent un bout de terrain à Maxville. La production de la ferme fut initialement des petits oiseaux et du gibier vendus vivants sur le marché. Il y eut un temps où Mme Cadotte vendait 1000 cailles par semaine. Une réglementation fédérale s’installe et bannit la vente d’animaux vivants. Cela ruine son entreprise et elle se recycle dans la poule pondeuse pour un temps, puis par la suite dans l’élevage de vaches de race Charolais. Mais comme on le sais très bien, le prix de la viande tombe en chute libre et Anne Cadotte doit retourner à la case zéro. Jamais découragée, elle se lance dans le jardinage et cela continue maintenant depuis plus de quatorze ans.
Anne et Gilles possèdent 8 acres en culture intensive et utilisent des méthodes écologiques comme des plastiques pour accélérer la croissance et garder l’humidité et des lisières de gazon entre les rangs pour contrôler les mauvaises herbes. La ferme nous offre des produits non-traditionnels comme l’aubergine japonaise longue et mince, idéale pour les sautés de légumes, l’aubergine arabe blanche, le kaladou, très prisé dans la cuisine indienne et africaine. Ce dernier remplace la fécule de maïs. Et, il y a aussi la courgette en forme de cygne, la petite tomate cerise, la tomate régulière, la tomate tangerine sans acide, celle en forme de poire. Puis, il y a ce sac lourd qui m’intrigue beaucoup.

? Qu’est ce que c’est?

? Des pleurotes, me dit-elle.

? Très intéressant, j’en achète.

Anne fait un mélange de copeaux de chêne et de spores qu’elle ensache hermétiquement. Elle laisse le mycélium se développer pendant une période de trois mois, puis les premiers champignons apparaissent. On n’a qu’à pratiquer une petite ouverture de la grandeur d’un 25 cents et y ajouter un peu d’eau et leur donner de la lumière. Les pleurotes continuent leur croissance. On peut récolter jusqu’à 8 livres de champignons en 10 semaines. Étonnant!

Une cliente arrive encore et demande des canneberges séchées. Oup! Elle avait oublié de les sortir en plus de ses petites confitures de fraises et rhubarbe, d’abricots et de mirabelles qu’elle fabrique avec des fruits de l’Ontario.

Peut-être un peu nostalgique de son pays natal, Anne vend également des bouquets de lavande qu’elle apporte de la Provence là où elle retourne se ressourcer à chaque année.

? Proposez-moi une recette maintenant. Après tout, ma chronique est sur la bonne bouffe !

? Une salsa peut-être avec mes tomatillos’

Cette petite tomate verte et parfois s’apparente à la cerise de terre et tout comme cette dernière, elle possède une pelure qui s’enlève comme une feuille.

Voici donc la recette :

2 tasses de tomatillos
1/4 tasse de cilantro (un mélange de coriandre et de jus de citron)
1 oignon jaune moyen
1 gousse d’ail
1 piment fort de type mexicain ou quelques gouttes de Tabasco (au goût)

Réduire le tout en purée dans le malaxeur, puis offrir à ses convives avec des tortillas ou enchiladas ou simplement comme sauce d’accompagnement. Cette salsa se conserve une semaine dans le réfrigérateur et peut être cuite et mise en conserve.

Je l’ai expérimenté. Le mélange dégage une fraîcheur exquise.

Bon Appétit!

Anne Cadotte, ferme ADC Fines Herbes, étal no 36 au Marché By d’Ottawa.

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