Volume 34 Numéro 04 Le 07 octobre 2016

Spread-X, une entreprise qui fraie son chemin en production bio


Julie Latreille et Marc Beauchesne à la tête de l’entreprise Spread-X à Saint-Isidore dans l’Est ontarien fabrique un coompost qui peut être utilisé tant en production conventionnelle que biologique. Crédit photo: Chantal Quirion / Agricom

Par Chantal Quirion


C’est la haute saison pour Marc Beauchesne et Julie Latreille à la tête de l’entreprise Spread-X à Saint-Isidore dans l’Est ontarien. Ils sont nombreux les producteurs agricoles qui recourent à leur service d’épandage de compost.

Sur l’un de leurs trois sites, cela fait des mois que l’on s’active à retourner les tonnes de matière organique pour s’assurer que la décomposition s’effectue correctement. Le fumier, la terre noire, la paille, le foin et la mousse de tourbe y sont mélangés et finiront par former cette nouvelle entité, le compost. Le leur comporte l’avantage de pouvoir être utilisé en production biologique.

« On ne mélange pas de déchets de table parce qu’ils pourraient contenir des OGM (organismes génétiquement modifiés) », précise le couple.

Aussi, une des clés de leur succès réside dans l’incorporation du « Spanish River Carbonatite », un fertilisant minéral qui optimise les réactions biochimiques et augmente les qualités nutritives. Ils en sont d’ailleurs le distributeur exclusif pour l’Est ontarien. Une fois le processus terminé, le produit obtenu est inodore et exempt de mauvaises herbes. Cet engrais naturel s’avère riche en éléments nutritifs et comporte l’avantage de pouvoir être utilisé en culture biologique, un secteur en pleine expansion.

« On voulait se démarquer avec un produit haut en potasse parce que dans la région, il y a une déficience », mentionne Julie en indiquant que leur compost est tout autant prisé des producteurs conventionnels. Le « Spanish River Carbonatite » est également réputé pour sa capacité à neutraliser les métaux lourds.

Les producteurs en régie biologique qui sont de plus en plus nombreux dans le secteur selon les observations de Mme Latreille, trouvent quant à aux plus d’un avantage à l’utilisation de ce compost signé Spread-X et sont très reconnaissants.

« Les producteurs biologiques sont limités dans la lutte contre les mauvaises herbes alors on les aide en leur donnant un engrais qui n’en contient pas », explique Marc, pour sa part.

Pendant la transformation, la matière atteint de tels degrés de chaleur, 160 à 170 °C, qu’aucun germe de mauvaises herbes ne survit au processus.

Bien que le couple travaille pour obtenir la certification biologique, ce qu’il n’a pas encore, il a toutefois l’autorisation d’émettre au client, une attestation d’Écocert disant que le produit peut être employé en culture biologique.

« La recette est certifiée et là on regarde à faire certifier le site au complet. »

Le compost, c’est en fait leur nouveau-né. Spread-X offre une large gamme d’intrants et de produits pour l’agriculture et l’aménagement paysager. À l’origine, l’entreprise fondée par le père de Marc, Daniel Beauchesne, offrait uniquement l’épandage de chaux agricole.

Marc a pris la relève et Julie est devenue copropriétaire en 2011, quittant son emploi dans la fonction publique. L’aventure du compost a commencé en 2012. L’entreprise avait le grand avantage de posséder les infrastructures pour le transport et l’épandage.

« Au début c’était juste un à côté. La première année on a été chanceux si on en a vendu 200 t3. Maintenant, on en produit 5 000 t3 par année », relate Julie.

Marc ajoute qu’il a fallu acquérir 10 acres de terrain pour augmenter la capacité du site d’origine de quatre acres et investir environ 1 M$ dans les infrastructures, dont les épandeurs et le tracteur de 200 forces qui retourne les amas de matière tout en les arrosant suffisamment d’eau pour que le taux d’humidité soit respecté. Jusque-là, l’entreprise n’avait pas de dettes.

Les épandeurs ont aussi cette particularité qu’ils sont intégrés aux camions, des poids lourds équipés de pneus de flottaison pour limiter les pressions sur le sol. Cette technologie limite aussi les déplacements répétitifs pour charger les épandeurs conventionnels.

Julie explique qu’il s’agit là de l’œuvre de son mari qui a tout fait lui-même. Il tient cela de son père, dit-elle.Dans leur flotte de machinerie, ils ont aussi un petit épandeur qui peut être loué par les producteurs.

Un travail d’équipe

Avant de conseiller un client, Julie et Marc procèdent d’abord à des analyses de sols dont les échantillons sont envoyés à London. Ils travaillent ensuite avec une équipe d’agronomes qui font leurs recommandations pour le choix des mélanges.

« J’appelle ça la méthode Spread-X. C’est exactement comme les grosses coopératives pour la culture conventionnelle, mais on le fait à petite échelle pour le bio. Ça sauve énormément de temps », mentionne Julie.

Et le futur?

« On veut développer notre site à son plein potentiel et devenir des leaders. On veut que les gens lorsqu’ils pensent bio viennent cogner à notre porte. »

En plus des deux copropriétaires, l’entreprise emploie quatre personnes à temps complet.

L’avenir semble donc prometteur pour ces deux jeunes entrepreneurs ambitieux. À l’heure actuelle, l’un de leurs principaux défis réside dans l’approvisionnement en fumier, bio ou non.

« Tout le monde se bat pour le fumier. »

Les agriculteurs qui voudraient se débarrasser de leur fumier sont les bienvenus à les contacter.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *