Le 5 novembre 2003

Steve Peters – nouveau ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation en Ontario

Par Pierre-Alain Blais


L’Ontario a un nouveau ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation depuis jeudi dernier en la personne de Steve Peters, alors que le nouveau cabinet des ministres du gouvernement libéral était dévoilé par Dalton McGuinty.

Steve Peters, député de la circonscription de Elgin-Middlesex-London dans le Sud-Ouest de l’Ontario, n’est pas totalement un nouveau venu sur la scène de l’agroalimentaire en Ontario. Le nouveau ministre a été remarqué comme un député dynamique quand il agissait en qualité de critique à l’agriculture jusqu’à tout récemment dans l’opposition.

Le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, quant à lui, continue à garder son unicité, malgré la cure ?minceur? que le cabinet a subie par rapport à ce qu’il était sous Ernie Eves et les nombreux cumuls de portefeuilles ministériels. Le nombre de ministres a fondu d’un total de 26 dans l’ancien gouvernement à 23 dans le cabinet dévoilé par Dalton McGuinty.

La nouvelle de la nomination de M. Peters au poste de ministre responsable de l’Agriculture a été bien accueillie par les organisations agricoles, notamment la Fédération de l’agriculture de l’Ontario à qui elle souhaite la bienvenue par voie de communiqué.

« Nous avons appris à connaître et à apprécier M. Peters pour son travail de critique à l’agriculture lorsque les Libéraux formaient l’Opposition », relate Terry Otto, vice-président de la FAO. « Nous savons de lui qu’il est énergétique, sincère et un travailleur acharné. Nous savons aussi qu’il ne se gêne pas pour s’exprimer sur les problèmes qui affligent l’industrie et nous avons hâte de commencer à travailler avec le nouveau ministre de l’Agriculture, particulièrement sur le dossier urgent de la crise de la vache folle », a-t-il ajouté en substance.

Même son de cloche du côté de l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO), qui désire rencontrer le nouveau ministre « dans un avenir rapproché » pour discuter avec lui de certains dossiers urgents. « Nous avons écrit au ministre Peters pour lui demander de bien vouloir rencontrer l’exécutif de l’UCFO », révèle Nadia Carrier, la directrice générale de l’Union. « Les dirigeants de l’UCFO veulent discuter entre autres de la crise de la vache folle, de l’interdiction de la farine animale et de la disparition des petits abattoirs pour les vaches de réforme avec le nouveau ministre de l’agriculture », a-t-elle précisé au journal Agricom.

Terry Otto de la FAO, voit d’un bon ?il le fait que le nouveau ministre ait été critique de l’agriculture dans l’opposition: « Nous allons demander au ministre Peters de s’appuyer sur sa connaissance de la crise de la vache folle pour convaincre ses collègues du cabinet de l’urgence d’agir pour tenter de sauver l’industrie animale de la province et toute la filière ontarienne qui lui est associée ». Bien que la frontière américaine se soit partiellement réouverte au commerce des viandes rouges, « nous avons besoin d’un retour au commerce total avec les États-Unis », poursuit M. Otto.

Le nouveau ministre de l’Agriculture héritera d’un autre gros dossier chaud, celui de la mise en oeuvre du Cadre stratégique pour l’agriculture (CSA), l’Ontario étant une des dernières provinces à ne l’avoir pas entériné. La FAO dit compter sur Steve Peters pour négocier des programmes de sécurité de revenu qui satisferont les demandes des agriculteurs ontariens. « Cela fait plus d’un an que les producteurs de l’Ontario négocient avec les politiciens et les bureaucrates à Ottawa, essayant de faire introduire des changements à la composante de Gestion des risques d’entreprise du CSA », déclare Terry Otto.

« Parce que ces changements souhaités ont été ignorés de la part du fédéral, les organisations agricoles ontariennes ont toujours recommandé au gouvernement provincial de ne pas signer le CSA dans sa forme actuelle », précise le vice-président Otto. « Nous espérons que Steve Peters saura parler fort au nom des producteurs agricoles ontariens lors des négociations avec le fédéral ».

D’ailleurs, le Premier ministre McGuinty aurait indiqué que le portefeuille du ministère de l’Agriculture était un des plus importants au cabinet, et la Fédération a hâte de vérifier dans quelle mesure cette affirmation sera confirmera.
L’Ontario Corn Producers Association (OCPA ? l’Association des producteurs de maïs de l’Ontario), quant à elle, souhaite la bienvenue au nouveau ministre ainsi qu’à son assistante parlementaire, Mme Carol Mitchell, avec lesquels l’OCPA dit avoir développé une longue et belle relation de travail lorsqu’ils étaient dans l’Opposition. « Nous avons le plus grand respect pour M. Peters comme un ancien critique à l’agriculture extrêmement travaillant ».

Les priorités de l’OCPA sont quelque peu différentes de celles de la FAO, alors qu’en tête de liste l’Association espère que le nouveau ministre libéral saura améliorer les relations avec ses homologues fédéraux, relations qui n’étaient apparemment pas très bonnes sous l’ancien gouvernement conservateur. On voudrait aussi que M. Peters s’engage à mette en marche la politique laissée par ses prédécesseurs qui exigera que toute l’essence vendue en Ontario contiennent au moins 5% d’éthanol pour 2007 et 10% pour 2010.

Steve Peters a été élu la première fois à la législature ontarienne en 1999 et il s’est vu confier successivement les mandats de critique aux affaires des personnes handicapés puis critique à l’agriculture, poste qu’il a occupé jusqu’à l’élection en octobre dernier. M. Peters est diplômé de l’Université Western Ontario avec une concentration en histoire. Avant de se joindre à l’équipe libérale provinciale, Il a aussi été élu maire de la ville de St. Thomas en 1991, le plus jeune maire à avoir été élu au Canada à l’époque. M. Peters, de descendance ukrainienne, est né à St. Thomas en 1963.

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